2000 – RAPPORT ANNUEL – FIDH – Association européenne

CHARTE CONSTITUTIVE[1] (6 décembre 2000)

Il y a plus de 40 ans, les bases d’une entente économique en Europe de l’Ouest étaient jetées : le traité de Rome était signé. Aujourd’hui l’Union européenne regroupe 15 pays et a acquis une autre dimension : à l’intégration économique largement avancée s’est adjoint un processus politique et social largement inachevé.

De nombreuses décisions, des choix importants ayant un effet direct sur les 300 millions d’habitants des pays de l’Union européenne sont faits à un autre niveau que celui des États la composant. La construction européenne est devenue une réalité immédiatement perceptible par chacun de nous.

Les militants que réunissent les Ligues de défense des droits de l’Homme et du citoyen dans l’Union européenne et adhérentes à la F.I.D.H. entendent prendre toute leur place dans ce nouvel espace de lutte.

L’Union européenne ne doit pas échapper aux règles communes à toute l’humanité : celles que définit la Déclaration universelle des droits de l’Homme, celles de la démocratie et de la justice sociale.

Nous voulons une Europe démocratique dans laquelle les citoyens ont un réel pouvoir qui ne peut se satisfaire des apparences de démocratie que donnent les institutions actuelles.

Nous voulons une Europe fondée sur les libertés de chacun : aujourd’hui l’Union européenne se construit sur la base d’accords de police et de coopération judiciaire alors que la protection des droits et libertés reste largement au niveau de chaque État.

Nous voulons une Europe qui affirme son souci d’égalité sociale : nous refusons la logique d’une raison économique satisfaisant à la fausse liberté d’un marché érigé en dogme sans limites. L’Europe est faite d’hommes et de femmes qui ont un droit égal et absolu à travailler, à s’éduquer, à disposer des ressources nécessaires, à vivre tout simplement en tant que citoyens.

Nous voulons une Europe qui choisisse un mode de développement durable qui soit respectueux de son environnement et qui tienne compte de ses responsabilités internationales.

Nous voulons, enfin, une Europe sans discriminations, ouverte sur le monde, qui offre aux hommes et aux femmes, d’où qu’ils viennent, sa solidarité et sa coopération : d’abord en respectant les droits et la dignité de ceux qui résident dans nos pays et qui devraient tous pouvoir jouir d’une égalité de traitement, mais aussi en cessant de se constituer en forteresse assiégée.

En prenant cette initiative, nous revendiquons la formation, à l’échelle de l’Union européenne, de contre-pouvoirs. Nous affirmons aussi notre engagement en faveur d’un mouvement civique en Europe. Les droits de l’homme ne sont pas du seul domaine des États, ce sont les citoyens qui en sont, en dernier ressort, et les acteurs et les garants. Il dépend de chacun de nous, et de tous les mouvements civiques qui partagent notre combat, d’affirmer notre exigence de citoyenneté. Nous avons la conviction que d’un tel engagement dépend pour une bonne part l’Europe civique et sociale.


[1] Associations membres : Internationale Liga Fur Menschenrechte (Allemagne) ; Osterreichische Liga Fur Menschenrechte (Autriche) ; Ligue des droits de l’Homme (Belgique francophone) ; Liga voor mensenrechten (Belgique néerlandophone) ; Asociación Pro Derechos Humanos (Espagne) ; Liga española por la Defensa  de los derechos del Hombre (Espagne) ; Ligue des droits de l’Homme (France) ; Liga voor de rechten van de mens (Pays-Bas) ; Lega Italiana dei diritti umani (Italie) ; Civitas (Portugal) ; Ligue héllénique des droits de l’Homme (Grèce)

 

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