2000 – RAPPORT ANNUEL – 5 avril – 1964-2000: l’affaire Saint-Aubin

Sous la présidence d’Henri Leclerc, en présence de Madame Andrée Saint Aubin, Hubert Dujardin (magistrat), et Yvon Miossec (président du RNVAA). 

TEXTE D’APPEL : 

La Ligue des droits de l’Homme organise une conférence de presse le mercredi 5 avril 2000 à 11 heures, aux côtés de Madame Saint-Aubin et conjointement avec le Rassemblement national pour la vérité sur les « accidents » à l’armée (RNVAA), pour qu’enfin la lumière soit faite sur les conditions dramatiques dans lesquelles le fils de Madame Saint-Aubin a trouvé la mort le 5 juillet 1964.

Les conditions dans lesquelles l’enquête puis l’instruction de cette affaire ont été menées dès l’origine, la disparition troublante d’un témoin décisif contestant la version officielle de l’accident de voiture suggèrent que Monsieur Jean-Claude Saint-Aubin a été victime d’un attentat très vraisemblablement organisé par les services secrets militaires français, qui ont confondu son véhicule avec celui, identique, d’un responsable de l’OAS devant emprunter le même jour le même itinéraire.

Les parents de Monsieur Jean-Claude Saint-Aubin se sont battus sans relâche depuis plus de trente-cinq ans pour que la lumière soit faite sur la mort de leur fils. Ils ont rencontré les pires difficultés et se sont heurtés à de graves irrégularités entachant la procédure judiciaire ; les investigations menées par l’Inspection des services judiciaires de 1981 à 1983 ont conclu à l’intervention d’un camion militaire dans l’« accident » et à des dysfonctionnements de la justice. Il a cependant été impossible d’en savoir davantage.

Aujourd’hui, d’anciens parachutistes proches de l’OAS affirment détenir des documents prouvant l’intervention d’éléments militaires dans l’ « accident » qui a tué Jean-Claude Saint-Aubin. Le ministère de la Défense déclare que ces documents sont des faux alors qu’ils restent inconnus ; les pouvoirs publics refusent de lever le « secret défense » sur cette affaire pourtant vieille de plus de 35 ans ; le ministère de la Justice refuse de recevoir Madame Saint-Aubin et n’a daigné répondre à aucune de ses lettres, ni d’ailleurs à celles de la Ligue des droits de l’Homme et du RNVAA.

Nous n’affirmons pas que les documents en cause sont authentiques et décisifs ; nous savons seulement qu’ils viennent s’ajouter à divers indices qui tendent à en corroborer le sens. En tout état de cause, ils méritent d’être attentivement examinés. Et surtout, le silence opposé à Madame Saint-Aubin, dans une affaire où l’État lui-même a admis sa responsabilité et dont le caractère dramatique n’est pas discutable, est inadmissible dans une démocratie qui se veut aussi un État de droit.

La lumière doit être faite sur cette mort, sur les manœuvres qui ont falsifié enquête et instruction et sur les raisons qui poussent encore aujourd’hui de hautes autorités à faire obstacle à la recherche de la vérité. Des gouvernants qui n’ont rien à se reprocher n’ont rien à cacher à la justice. Les médias sont malheureusement le seul recours qui reste à Madame Saint-Aubin pour le dire à l’opinion publique de son pays.

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