2000 – RAPPORT ANNUEL – 24 août – Répression syndicale à France Télécom

Présidée par Francis Jacob, en présence de Joëlle Charruel, secrétaire générale de la Fédération Sud, Hélène Adam, secrétaire régionale de Sud Télécom Ile-de-France, Michel Ménard, secrétaire régional adjoint de Sud Télécom IDF, Philippe Carer, secrétaire régional de CGT Télécom.

TEXTE D’APPEL DE SUD Telecom Ile de France:  

Depuis plusieurs semaines, les responsables de France Télécom multiplient les actes de répression anti-syndicale à l’encontre de militants CGT et SUD. Cette politique du tout-répression en l’absence de véritable dialogue social se fait particulièrement ressentir en Ile de France.

Un militant SUD de Paris, agent de droit privé, a été licencié le 8 juillet dernier. Le motif invoqué, insuffisance professionnelle, était basé sur la non-atteinte d’objectifs fixés unilatéralement. En fait derrière ce motif juridiquement contestable se cache une raison moins avouable : l’activité syndicale de ce militant. En le licenciant, France Télécom cherche à instaurer un régime de peur au sein des salariés de droit privé. Pour cette catégorie de personnel, non protégée par les règles communes du droit du travail, l’engagement syndical est interdit au risque de perdre son emploi.

Le 29 juin dernier, un autre militant SUD, fonctionnaire, élu du personnel depuis plusieurs années, passait en conseil de discipline. La direction reproche à ce militant d’avoir participé, lors d’une journée de grève, le 14 janvier 2000, à un rassemblement dans un accueil physique de Paris. Sa présence, ainsi que celle de plus de 80 grévistes, « aurait ainsi causé un préjudice financier et nui à l’image de marque de France Télécom ». Pour ce militant désigné coupable parmi tous les manifestants, les responsables demandaient une sanction de 3 mois d’exclusion. Finalement, suite à la mobilisation exceptionnelle du personnel, le directeur régional ramène la sanction à 15 jours d’exclusion. Même si la sanction infligée est moins sévère que celle prévue, elle n’en reste pas moins inacceptable.

Lors de ce conseil de discipline, un militant CGT et trois militants SUD ont témoigné en faveur du fonctionnaire inculpé. Ils sont à leur tour inculpés pour les mêmes faits et risquent 3 mois d’exclusion. Tout à coup France Télécom se déclare pressé et veut tenir des conseils de discipline en plein mois d’août pour juger de faits qui se sont passés… le 14 janvier.

Pour une autre affaire, quatre militants CGT doivent passer en conseil de discipline le lundi 28 août. France Télécom leur reproche d’avoir affiché plusieurs tracts syndicaux dans les couloirs d’un bâtiment lors des négociations de l’accord local OARTT. Ils encourent de 3 à 6 mois d’exclusion.

Ces quelques faits ne sont que la partie visible de la discrimination qui s’installe jour après jour dans les services de France Télécom. Désormais, tout agent qui ne semble pas partager les idées prônées par la haute hiérarchie de France Télécom est présumé coupable de délit d’opinion. Cela a des conséquences directes sur la promotion, la rémunération, le déroulement de carrières des agents concernés, mais aussi en premier lieu sur le maintien des salariés syndicalistes au sein de l’entreprise.

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