1999 – RAPPORT ANNUEL – Janvier 1999

EDITO

Bonne année à tous. Le temps des commémorations s’achève. Il nous faut maintenant mettre en œuvre les objectifs de ce manifeste que nous avons adopté à l’occasion de notre centenaire et qui ne doit pas, comme tant de résolutions de circonstance, devenir un texte mort. Il suffit, après ces quelques mois, de le relire pour constater qu’il constitue une arme forte pour notre combat civique quotidien, un guide pour préparer nos combats de demain, ceux de ce vingt-et-unième siècle où nous allons entrer, en cherchant à mettre en place des moyens d’action et des formes d’organisation adaptés aux exigences de notre temps.

Nous y affirmons que, comme la liberté, l’égalité ne se divise pas. Les discriminations progressent, l’inégalité sociale s’enracine, l’égalité concrète des femmes est toujours à conquérir, les étrangers en situation irrégulière restent victimes de l’arbitraire et ceux qui sont installés durablement ne possèdent toujours aucun droit civique. Il ne nous suffit plus de nommer ces iniquités, il faut, si nous voulons éviter que n’éclate la révolte qui gronde, et qui parfois apparaît comme les coulées de lave et les fumerolles annonçant l’explosion imminente du volcan, que nous trouvions les moyens concrets permettant à notre société d’instaurer enfin ce régime de droit protecteur de tous les droits de l’homme que réclame le préambule de la Déclaration universelle.

Nous y disons aussi que les nouvelles technologies offrent des moyens sans précédent pour faire reculer la maladie ou l’ignorance mais qu’elles peuvent aussi engendrer de nouvelles formes d’aliénation et que nous devons veiller. Après la réflexion de notre université d’automne sur la confrontation de l’évolution des sciences et des techniques avec les principes des droits de l’homme, notre congrès va définir les orientations qui devront dans l’avenir éclairer notre action en ce domaine.

Comme pour justifier l’urgence de cette réflexion, le mois de décembre nous a apporté des exemples bien préoccupants. Après la mise en place d’un fichier des suspects, hélas toléré par la CNIL, nous n’avons pu nous opposer, même en appuyant, chose rare, le recours introduit par l’opposition devant le Conseil constitutionnel, à ce que – du fait d’un amendement voté à la sauvette et sans que s’instaure un véritable débat – soit mis en place un système ouvrant la voie, par l’intermédiaire du numéro de Sécurité sociale, à la constitution d’un réseau de fichiers sur chaque citoyen. Ce n’est pas sur la crainte fumeuse d’un avenir de cauchemar que nous allons travailler, c’est sur les menaces qui pèsent sur notre vie d’aujourd’hui.

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