1999 – RAPPORT ANNUEL – Décembre 1999

EDITO

Cela s’est passé à Seattle, la ville de Boeing et de Microsoft. C’est tout là-bas, au bord du Pacifique, que se sera déroulée la première manifestation mondiale contre la raison économique. Le premier round du millénaire aura donc été civique et ce sont les citoyens qui l’ont gagné. Bien sûr le match est loin d’être fini et nous aurons encore bien des lendemains amers, mais les choses ne seront plus jamais comme avant. Jusqu’à ce jour, contre les méfaits des abus désastreux de la mondialisation économique, les luttes avaient été fragmentées, locales, parfois nationales. Elle furent quelquefois efficaces, comme celle qui obligea la France, il y a deux ans, à se retirer des négociation de l’AMI, ce projet qui mettait en cause, au nom de la pensée ultra-libérale, la culture, les droits sociaux et l’environnement. Mais ce sont des citoyens venus du monde entier, des centaines d’ONG qui se sont joint à ces milliers de manifestants américains qui ont su ainsi montrer à la face du monde que le peuple américain était vivant.

L’avons-nous assez dit, depuis notre congrès de Saint-Nazaire en 1995 sur la mondialisation, depuis qu’en 1998, en célébrant notre centenaire, nous avons tenu à achever notre manifeste en rappelant que «des milliards d’êtres humains sont sacrifiés au dogme de l’ultra-libéralisme » : « face à la mondialisation de l’économie, c’est la mondialisation des droits de tous les droits qu’il faut promouvoir pour qu’ils deviennent vraiment universels ». Il faut être clair. Nous ne demandons pas que l’on supprime l’OMC. Devant la puissance débridée des multinationales et les désastres provoqués par un libéralisme brutal, qui entraîne l’économie mondiale dans une course sans cesse accélérée par la volonté d’accumulation des richesses au seul profit de ceux qui les possèdent déjà, il faut qu’existe un organisme mondial international pour que les échanges soient équitablement régulés. Mais la finalité de cet organisme doit être de réguler équitablement les échanges. Le droit mondial du commerce, comme les autres droits, doit avoir pour premier objectif de promouvoir ce que la Déclaration universelle proclame comme la plus haute aspiration de l’homme : « l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère ».

Nous savons maintenant que pour la défense des droits économiques et sociaux, qui doivent être universels tout autant que les droits politiques, c’est en citoyens du monde que nous devons agir.

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