1999 – RAPPORT ANNUEL – Colloque inter associatif et syndical

Ce colloque s’est tenu les 8 et 9 octobre à la Bourse du travail de Saint-Denis, en partenariat avec :

  • Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille (AFMJF) 
  • Carrefour national de l’action éducative en milieu ouvert (CNAEMO)
  • Observatoire international des prisons (OIP)
  • Syndicats de la FSU : Syndicat national des personnels de l’éducation surveillée – Protection judiciaire de la jeunesse (SNPES-PJJ) – Syndicat national des infirmières conseillères de santé (SNICS) – Syndicat unitaire des assistantes sociales de l’éducation nationale (SNUASEN) – Syndicat unitaire des médecins de l’éducation nationale (SUMEN) – Syndicat national des enseignants du second degré (SNES) – Union générale des syndicats de la pénitentiaire – CGT – Syndicat national de la police (SGP) – Syndicat de la magistrature (SM) – Syndicat national des psychologues (SNP) – Solidaire unitaire et démocratique – Coordonner rassembler construire (SUD – CRC),…

INTRODUCTION AUX DEBATS

La Convention Internationale des Droits de L’Enfant (C.I.D.E.), n’a pas omis les enfants confrontés à la justice, quel que soit leur milieu socioculturel, qu’ils soient en danger ou qu’ils aient commis des délits (cf. articles de la C.I.D.E.).

Il nous est apparu évident dans la préparation de ce colloque que l’on connaît plus ou moins bien toutes les professions qui concourent pourtant à la prévention, à la protection, à l’éducation des mineurs délinquants dans le cadre pénal ou à leur répression. Si on connaît mal leur fonctionnement, on connaît encore plus mal leur histoire.

Sur un total de 9 millions de jeunes entre 10 et 20 ans, 900.000 d’entre eux rencontrent des difficultés d’insertion. Ils bouleversent les cadres « traditionnels » jusqu’alors en première ligne pour prendre en charge ces destins singuliers. 90.000 cumulent des handicaps sociaux, personnels et familiaux et parmi ceux ci 10.000 présentent des situations d’exclusion majeures.

Il s’agira, dans ce colloque, de mineurs, mais aussi de dangers. C’est le thème de la mobilisation de l’État cette année après, il y a peu, s’être mobilisé contre la maltraitance et les abus sexuels dont certains mineurs pouvaient être victimes.

Par un significatif effet de retournement, ceux-ci, victimisés parfois de façon outrancière, font place à ceux-là, – les mêmes ?- qualifiés de dangereux, et volontiers présentés comme menaçant les institutions démocratiques (incivilités). Dans un cas comme dans l’autre se mêleront les accents de l’indignation vertueuse, de l’exclusion et ceux de l’impuissance et du désarroi. Dans cette ambiance, la confrontation habituelle entre partisans du tout répressif et partisans de l’éducatif reçoit dans diverses tribunes médiatiques un écho complaisant, faisant de ce débat une véritable affaire d’Etat.

La perception récente d’un droit à la sécurité, affirmée comme condition essentielle à l’exercice des droits sociaux, a redistribué cette population en voie de désinsertion auprès de l’ensemble des acteurs des processus de socialisation : parents, école, départements, services de santé, associations, médias, police, justice.

Les qualificatifs dont sont souvent affublés ces mineurs en voie de désinsertion permettent d’ailleurs de se faire une idée du danger qu’ils sont supposés représenter : « sauvageons », « inclassables », « incasables », « inamendables », font bien entendre qu’ils se constitueraient comme un groupe sans identité, hors champ social, hors contexte, hors histoire, hors droit.

Au niveau de la puissance publique, pas moins de 72 structures, dispositifs, commissions, coordinations, vont s’attacher à en déchiffrer l’énigme, aidés en cela par les instances des conseils régionaux, les délégations des 10 ministères concernés à divers titres par le phénomène.

Les textes que nous avons rassemblés relèvent de la responsabilité de leurs auteurs : textes de spécialistes que nous avons sollicités, textes reflétant une réflexion collective de tel ou tel syndicat ou association, textes plus personnels d’adhérents d’une des organisations du collectif.

Les actes du colloque ont été publiés en avril 2000 aux éditions L’Harmattan, accompagnés de textes de Stanislas TOMKIEWICZ, Laurent MUCCHIELLI, Alain BRUEL, Jean-Louis AUDUC…

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