1999 – RAPPORT ANNUEL – Charte du Réseau français contre le racisme

PREAMBULE

Les organisations agissant en France qui adhèrent aux principes de cette charte déclarent adhérer au « Comité français du Réseau européen contre le racisme » ( ENAR – European Network against Racism).

Les organisations françaises conservent une indépendance totale à l’égard de ce Réseau et ne sont régies que par leurs statuts et leurs instances élues.

Cette indépendance, à l’égard de toute organisation de nature nationale ou européenne, se manifeste notamment dans le choix souverain de leurs actions et de leurs orientations respectives, tout en cherchant à établir des convergences entre elles et au sein du Réseau européen.

DECLARATION DE PRINCIPES

Les organisations françaises, considérant l’urgence de lutter contre le racisme et la xénophobie,

1 Adhèrent aux principes généraux, tels que définis par la réunion constitutive du Réseau européen tenue à Bruxelles du 8 au 10 octobre 1998. Elles prennent acte du fait que ces principes seront réexaminés par le Réseau européen au terme de ses deux premières années d’existence.

2 Expriment leur attachement indéfectible à la prééminence du principe d’égalité, notamment entre tous les résidents nationaux et étrangers, et de citoyenneté active pour et par tous, tant au niveau français qu’européen.

3 Considèrent que les formes et l’intensité actuelles du racisme, de la xénophobie et des discriminations sont aussi les révélateurs de la crise profonde de société que connaissent les pays de l’Union européenne. La lutte contre le racisme doit s’étendre à la mise en cause de ce qui l’engendre et le favorise : les conditions économiques et sociales ainsi que les politiques d’immigration et d’asile.

4 Estiment à cet égard que la lutte contre le racisme ne saurait être le domaine réservé des organisations « antiracistes » mais qu’elle est de la responsabilité de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux. Elle est aussi de la responsabilité essentielle des États, notamment par l’application des conventions et pactes internationaux.

5 Affirment qu’il ne saurait être question de lutter contre la xénophobie et les discriminations sans une révision radicale des politiques menées dans l’Union européenne qui ne traitent de l’immigration et de l’asile que d’un point de vue sécuritaire et répressif.

6 Entendent promouvoir, au niveau national et européen, le débat public sur les causes complexes des déplacements de population et des migrations à travers le monde : il est nécessaire de replacer les questions de la libre circulation et de la libre installation dans un contexte qui se démarque des manipulations extrémistes et démagogiques.

7 S’engagent à déployer leurs efforts pour que soient mieux compris les mécanismes qui engendrent discriminations et exclusions. Il faut construire des instruments plus efficaces permettant de les combattre, en particulier sous leur forme extrême et de plus en plus banalisée de « préférence nationale ».

8 Décident de nouer des relations de travail et de coopération avec toutes les organisations qui partagent ces principes, dans les différents domaines d’action citoyenne et de solidarité, pour contribuer ensemble à la lutte contre le racisme et la xénophobie.

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