17 mai – Justice
La justice antiterroriste chargée de museler le débat sur le nucléaire

Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau écologiste « Sortir du nucléaire », a été arrêté et placé en garde-à-vue mardi 16 mai à Bordeaux par la DST. Il est soupçonné de détenir un document sur le réseau nucléaire EDF dont la nature n’a pas été révélée mais qui serait classé « confidentiel-défense ».

 

Au moment où, pour faire diversion dans la pitoyable affaire Clearstream, une partie du gouvernement tente de déstabiliser magistrats et journalistes par des menaces de poursuites pour violation d’un secret de Polichinelle, la Ligue des droits de l’Homme constate que les mêmes gouvernants répondent aux interrogations concernant la sécurité des citoyens face aux risques nucléaires par des poursuites pour « compromission du secret de la défense nationale », c’est-à-dire par la volonté d’empêcher un débat démocratique éclairé et de museler la liberté d’expression. Ainsi un militant non violent se retrouve-t-il devant la justice d’exception « antiterroriste » héritée de Charles Pasqua.

 

Il serait donc plus répréhensible de porter à la connaissance du public un document qui concerne la sécurité de tous que de détourner les services de l’État et l’argent des contribuables au profit de règlements de compte interministériels sur fond d’ambitions électorales personnelles.

 

La LDH voit dans les poursuites ordonnées contre Stéphane Lhomme un signe de plus de la régression des libertés qui accompagne une crise sociale, politique et institutionnelle sans cesse plus profonde.

Paris, le 17 mai 2006

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