13 septembre 2005 – Violences policières
Sabotage d’une autorité indépendante

La Ligue des droits de l’Homme a appris avec consternation que la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait été l’objet de mesures de restrictions budgétaires qui la mettent hors d’état de fonctionner convenablement d’ici la fin de l’année 2005.

 

Chacun sait que se multiplient les plaintes contre des agissements des forces de police et de gendarmerie violant les droits fondamentaux des citoyens, au surplus de manière clairement discriminatoire ; l’augmentation du nombre d’affaires traitées par la CNDS en fait foi.

 

Est-ce parce que cette montée en puissance d’une autorité indépendante décidée à assumer sa mission de garante du respect des droits a inquiété le ministère de l’Intérieur que le gouvernement a renié ainsi son engagement de donner à la CNDS « les compétences et les moyens dont elle a besoin » ? En tout état de cause, les envolées officielles sur l’État de droit et sur la lutte contre les discriminations, tant que la CNDS ne recevra pas les moyens d’un fonctionnement sérieux, devront être tenues pour ce qu’est trop souvent la communication gouvernementale : des « promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent ».

 

Mais le cynisme a un prix, qui s’est déjà affiché dans les urnes notamment le 21 avril 2002. La LDH appelle les pouvoirs publics et les forces politiques à cesser de parier imprudemment sur l’amnésie des électeurs et à mettre, sur une question aussi grave que celle des libertés, leurs actes en accord avec leurs discours.

 

Paris, le 13 septembre 2005

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