12 novembre 2008 – Goncourt et chasse à l’homme

Jeudi 6 novembre 2008 : sur ordre du ministre de l’Identité nationale, le préfet déclenche la chasse aux réfugiés afghans autour de Calais. Hélicoptères munis de projecteurs, battues organisées dans les forêts… Pendant que le gibier est ainsi rabattu, les journalistes prévenus par des militants associatifs sont eux-mêmes encerclés par la police sur le parking de l’hoverport de Calais.

 

Vendredi 7 novembre 2008 : nouvelle traque, retour des hélicoptères, des projecteurs et des chiens policiers pistant l’odeur des Afghans. Le président de l’association Salam est ceinturé, mis torse nu, menotté et placé en garde à vue… pour « outrage », un délit qui submerge décidément les tribunaux ces temps-ci. La chasse a été bonne : 54 Afghans de plus sont placés en rétention à Coquelles.

 

Lundi 10 novembre 2008 : le prix Goncourt est décerné à Atiq Rahimi, écrivain afghan, qui a dû s’exiler au Pakistan en 1984 avant de demander l’asile en France.

 

Mardi 11 novembre 2008 : la France et le Royaume-Uni font avancer l’Europe de l’expulsion en affrétant un charter pour Kaboul. Destination : un pays dont les familles de soldats français savent à quel point, comme le soutient Monsieur Hortefeux, il est un « pays sûr ». Parmi les derniers Afghans reconduits à Kaboul par l’Australie, certains ont été mutilés puis décapités.

 

La Ligue des droits de l’Homme salue le choix des jurés du prix Goncourt qui honore et la littérature et la France. Elle considère que l’envol du charter prévu aujourd’hui pour Kaboul déshonorerait notre pays.

 

Paris, le 11 novembre 2008

 

Télécharger la déclaration d’Atiq Rahimi

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