Mayotte, la DUDH en langues maternelles enfin disponible

Lorsqu’en juin 2012, la section de la LDH redémarrait ses activités, il est apparu rapidement aux membres du Bureau qu’à l’exception des scolaires, la population mahoraise n’était pas francophone et maîtrisait mal les principes des droits de l’Homme. Ainsi, les adhérents en majorité comoriens ne s’exprimaient qu’en langue maternelle.Considérant que la DUDH, ratifiée en décembre 1948, reste encore aujourd’hui le texte de référence dans la connaissance et la définition des droits de l’Homme et que son rayonnement est international, une traduction en langues parlées sur l’île permettrait des débats et une appropriation par la population des principes fondamentaux des droits de l’Homme, détruisant ainsi les idées que les droits de l’Homme ne pouvaient concerner que les Européens.

Le projet de traduction comprenait d’abord une traduction à Mayotte dans les deux langues parlées sur l’île en caractères latins, puis une diffusion la plus large possible en se rapprochant du Haut-commissariat des droits de l’Homme à Genève, l’ éducation aux droits de l’Homme étant un objectif de la section.

Devant le conseil général de Mayotte. Décembre 2012 – Janvier 2013

Pour donner un caractère officiel au projet, nous nous sommes adressés à la Direction de la culture et du patrimoine linguistique au conseil général de Mayotte. Le projet a été soumis au président du conseil, qui n’a pas donné suite, mais le directeur de la culture s’est montré favorable. Le responsable du service linguistique, très intéressé par la traduction, s’est approprié le projet. Il a consulté des juristes et des spécialistes en langues africaines. Il a travaillé avec une collègue et nous a remis, deux mois après notre demande, sous forme d’un fichier PDF, une traduction en shimaoré (parlé par 70 % de la population) et la seconde en kibushi, langue d’origine malgache parlée par 30 % des Mahorais. L’annonce de ce travail a été faite sur les ondes de Mayotte 1re par le vice-président de la section, au cours des journées des langues maternelles en février 2013.

Devant le Haut-commissariat des droits de l’Homme à Genève. Février – Avril 2013

La DUDH étant le document le plus traduit dans le monde et la base des traductions se trouvant accessible sur le site web du Haut-commissariat des droits de l’Homme, il a été facile de nous rendre sur le site et d’imprimer le guide permettant de soumettre au commissariat les propositions de traductions. Les conditions à remplir pour que les textes soient mis en ligne ne sont pas compliquées : quelques précisions sur l’origine de la langue, le nombre de locuteurs ainsi que les pays ou régions où cette langue est parlée. Le conseil général nous a fourni les informations qui ont permis l’acceptation des traductions, et leur intégration dans la base universelle.

Avec la Maison des livres, une librairie à Mamoudzou

Faire connaître au plus grand nombre ce travail important demeure notre volonté. Que des lectures soient faites, des rencontres aient lieu, des débats se mettent en place, enfin, que les mots circulent entre les générations et que les idées se développent. Nous avons cherché un partenaire pour la fabrication d’une affiche illustrée sur la quelle figureraient les textes des trois versions de la DUDH (française, shimaoraise et kibushi). Le propriétaire de la première librairie de Mayotte, grand diffuseur de la culture écrite française et mahoraise, s’est tout de suite proposé pour prendre en charge totalement la production de ce document. Installé depuis vingt ans à Mayotte, il a pu facilement nous mettre en relation avec une illustratrice. Les échanges ont été très courtois et fin avril 2013, M. Pichard nous invitait à retirer 1 000 exemplaires d’une affiche de 60 cm x 80 cm sur papier glacé. Une première livraison de 100 exemplaires a eu lieu à l’IFMDE Mayotte, le 25 avril 2013, pour les élèves instituteurs. A ce jour, toutes les affiches ne sont pas distribuées. Le nombre est suffisamment important pour que tous les lieux publics soient dotés, les établissements scolaires, mairies, centres sociaux et centres de santé. Une présentation officielle aux médias de Mayotte pourrait se faire le 9 décembre 2013.

La DUDH traduite en langues maternelles existe maintenant à Mayotte dans une version papier et une version numérique. Il appartiendra aux militants des droits de l’Homme de s’en saisir pour la faire connaître auprès du plus grand nombre, personnalités locales et simple habitant vivant sur le territoire.

Téléchargez la DUDH en shimaoré et en kibushi

Pour en savoir plus :
Guide de soumission
Base des traductions
Kibushi
Shimaore

Sur le site Internet de la section LDH de Mayotte

Pour faciliter l’accès aux traductions, ces dernières ont été mises en ligne sur le site de la section :
http://site.ldh-france.org/mayotte/2013/02/06/traduction-en-shimaore-et-en-kibushi-de-la-dudh/

Si certains liens vers des documents apparaissent brisés dans cet
article, veuillez cliquer ci-dessous pour les télécharger :
6a2mayotte_affiche_dudh_en_3_langues.pdf

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