Libertés
L’annonce en a été faite depuis longtemps : le taux d’abstention aux élections régionales de 2010 sera très élevé. Près de la moitié des électeurs ne devrait pas juger utile de se déplacer pour voter.
Ce résultat est malheureusement la conséquence d’une construction institutionnelle pervertie par la primauté absolue donnée à l’élection présidentielle, considérée comme seule stratégique. Inévitablement, dès lors le scrutin prend l’aspect d’un refus sans risque de bouleversement de la politique du président Sarkozy. L’UMP a cru devoir tenter de contrer ce vote-sanction en utilisant une fois de plus les deux cartes susceptibles de contenter son camp : la politique sécuritaire et les dérapages contrôlés ethniques.
La LDH a dénoncé l’asphyxie de la démocratie, le développement d’une société de surveillance, la mise en place d’une concurrence généralisée entre les personnes. Elle développe en ce moment une campagne qui proclame qu’il y a « Urgence pour les libertés, urgence pour les droits ». La LDH sait que les citoyens tiendront compte de cette analyse au moment d’émettre leur vote.
L’exercice de la démocratie à un niveau local est fondamental pour l’état de la démocratie à tous les niveaux. L’absolue nécessité du développement durable des régions, la construction d’une société de solidarité, le refus de la mise en service des systèmes de surveillance, la création d’une démocratie en continu qui favorise l’avis et la discussion collective en même temps que la prise de décision, l’émergence d’une société ouverte et accueillante pour tous les étrangers avec le droit de vote aux élections locales, toutes ces questions méritent l’attention, la décision, et le vote des citoyens.
La LDH refuse de considérer que la politique locale n’est qu’un sous-produit électoral. Elle considère que l’exercice des responsabilités à ces niveaux a la même valeur, la même dignité que le métier de parlementaire et mérite toute l’attention de celles et ceux qui la pratiquent. C’est pourquoi la LDH est profondément attachée à l’unicité du mandat et à l’établissement de l’élection de toutes les fonctions intercommunales.
De ce point de vue, la LDH juge que la réforme, actuellement en discussion parlementaire, des collectivités territoriales est une mauvaise loi. Concentration des pouvoirs, recentralisation des décisions, régression du principe de libre administration, recours aberrant à un mode de scrutin archaïque aboutissant à un recul sur la parité, transformation des élus locaux en « réunioneurs » permanents : la démonstration est faite que rien n’est prévu dans cette loi pour favoriser le développement local, et qu’au contraire tout concourt à une unicité de la décision politique.
La LDH appelle tous les citoyens à renforcer la démocratie locale et à exprimer leur choix en tenant compte des deux dimensions de cette élection, nationale mais aussi locale. Elle appelle celles et ceux qui se trompent quelquefois de colère à refuser de voter pour les extrêmes droites qui font de la préférence nationale leur credo.
Paris, le 12 mars 2010
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