Procès du djihadiste français Sabri Essid pour crimes contre l’humanité et génocide commis contre les Yézidi-e-s en Syrie

Sabri Essid, également connu sous le nom d’Abou Dojanah al-Faransi, était une figure centrale du mouvement djihadiste français. Il est accusé d’avoir commis, en Syrie, entre août 2014 et tout au long de l’année 2016, des atteintes graves à l’intégrité physique ou psychique constitutives de génocide, ainsi que des actes d’esclavage, d’emprisonnement, de torture, de viol, de persécution et d’autres actes inhumains constitutifs de crimes contre l’humanité, et de complicité de ces crimes, à l’encontre de femmes et d’enfants Yézidi-e-s.

Il sera jugé par défaut devant la Cour d’assises de Paris du 16 au 20 mars 2026. Trois survivantes Yézidies, ainsi que leurs enfants, se constitueront parties civiles au procès, aux côtés de la FIDH, de Kinyat, de FYF, de Yazda et de la LDH.

« Ce procès est le fruit du courage et de la détermination des survivantes Yézidies qui se sont battues pour que le génocide dont elles ont été victimes soit reconnu et que ses auteurs soient traduits en justice », a déclaré Clémence Bectarte, avocate des parties civiles et coordinatrice du Groupe d’action judiciaire de la FIDH.

Cette affaire constitue une étape historique, puisqu’il s’agit du premier procès devant les juridictions françaises relatif aux crimes commis par l’Etat islamique contre la communauté yézidie, et de la première fois qu’un ressortissant français est jugé pour le crime de génocide.

A l’issue du procès, par un délibéré rendu le 20 mars 2026, Sabri Essid a été condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation au génocide par le groupe Etat islamique de la minorité religieuse des Yézidis en zone irako-syrienne au milieu des années 2010. La cour d’assises l’a reconnu coupable de génocide, crimes contre l’humanité et complicité de ces crimes.

Sabri Essid est présumé être mort en Syrie en 2018. Toutefois, compte tenu des incertitudes entourant les circonstances et la véracité de son décès, la Cour a décidé de le juger par contumace. Ce jugement garantit qu’il pourra être arrêté et incarcéré s’il devait réapparaître à l’avenir. Sabri Essid aurait également le droit de demander à être rejugé.

Les communiqués communs dont la LDH est signataire sont disponibles aux liens suivants : https://www.fidh.org/fr/regions/maghreb-moyen-orient/syrie/france-proces-du-djihadiste-francais-sabri-essid-pour-crimes-contre-l ; https://www.fidh.org/fr/regions/europe-asie-centrale/france/le-djihadiste-francais-sabri-essid-condamne-pour-genocide-et-crimes-32608

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