Communiqué LDH
C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la mort de Leïla Shahid, infatigable militante des droits des Palestiniennes et Palestiniens, ancienne déléguée générale de l’autorité palestinienne en France puis auprès de l’Union européenne jusqu’à 2015.
Née au Liban en 1949 de parents originaires de Jérusalem, son histoire est d’abord celle de l’exil comme de très nombreux Palestiniennes et Palestiniens. Par son engagement dans la lutte des Palestiniennes et des Palestiniens pour leurs droits nationaux, ses actions de terrain auprès des réfugiés palestiniens et son action diplomatique infatigable, elle a été et restera une figure incontournable de cette cause qu’elle a défendue avec passion et intelligence.
Malgré les obstacles, elle tentera tout au long de sa vie de porter un dialogue exigeant avec les gouvernements israéliens successifs dans le cadre des accords d’Oslo et avec la communauté internationale.
Malgré l’échec des accords de paix successifs, après le rapide tournant vers la non mise en œuvre des accords d’Oslo de 1993, cela par toutes les autorités israéliennes, elle a continué inlassablement, à alerter les opinions publiques européennes comme les gouvernements sur les violations manifestes du droit international par Israël en Cisjordanie et à Gaza, sur ce qui se passait sur le terrain et sur les conséquences à court et long termes pour l’ensemble du monde du non-respect du droit international.
Leila Shahid portait et incarnait le drame de l’exil des Palestiniennes et Palestiniens et leurs revendications nationales tout en restant, de manière constante, à l’écoute de l’autre. Elle avait de nombreux amis parmi ceux qui, en Israël, refusaient l’oppression des Palestiniennes et Palestiniens et le déni de leurs droits et s’engageaient en solidarité.
La LDH (Ligue des Droits de l’Homme) l’avait invitée en octobre 2023, pour un meeting pour la paix au cours duquel elle s’était indignée face au traitement médiatique de la guerre à Gaza, dénonçant le soutien inconditionnel de la communauté internationale aux autorités israéliennes et ses conséquences catastrophiques en vue de toute perspective de paix. Horrifiée par les crimes commis le 7 octobre 2023, puis par le génocide perpétré par Israël, elle appelait à s’interroger sur ce qui avait suscité un tel niveau de déshumanisation.
Son discours clair, argumenté, humaniste, déterminé, était unique. Il a donné à plusieurs générations de militantes et militants de la cause palestinienne en Europe un espace irremplaçable pour porter ce combat.
Comment ne pas rappeler les centaines de réunions publiques qu’elle a tenues partout en France, avec à la même tribune, celles et ceux, juives et juifs, qui portaient tout aussi fermement en Israël ce même combat pour une paix juste et durable. Et parmi lesquels elle avait de très nombreux ami-e-s.
Car Leïla Shahid était avant tout humaine. Toutes celles et tout ceux qui l’ont croisée dans leur vie savent qu’elle était à la fois une grande femme politique et une grande humaniste. Le monde perd une résistante, une militante infatigable des droits du peuple palestinien et de l’universalité des droits.
La LDH perd aussi une compagne de lutte, une amie dont nous saluons sans réserve l’engagement : il restera pour nous une leçon de bravoure et de justesse et une inspiration pour les luttes que nous poursuivrons sans relâche pour la défense des droits des Palestiniennes et Palestiniens dans le cadre d’une paix juste et durable entre les peuples palestiniens et israéliens.
Paris, le 19 février 2026
