La fin ne justifie jamais les moyens

Communiqué LDH

Personne ne saurait reprocher à ceux qui nous gouvernent de prendre des mesures fortes pour prévenir efficacement les risques d’attentats. Le carnage évité dans le Thalys ne contredit pas cette nécessité.

Pour autant, lorsqu’Alain Vidalies affirme, avec le souci d’atteindre le public le plus large, que la sécurité dans les trains mérite bien qu’on prenne le risque de discriminer avec des contrôles décidés au faciès, il fait fausse route en termes d’efficacité et en termes de respect des droits de l’Homme.

Le secrétaire d’Etat chargé des Transports sait bien que les terroristes n’ont pas de « faciès unique ». Il sait aussi que l’Etat a précisément été condamné en juin dernier par la cour d’appel de Paris dans le cas de cinq contrôles d’identité reconnus comme ayant été pratiqués au faciès. Quant à la Cour européenne des droits de l’Homme, elle ne manquerait pas de condamner une décision de cette nature.

Alain Vidalies considère-t-il qu’après tout, la fin justifie les moyens ? L’Histoire ne manque pas d’exemples qui montrent combien cette pente est dangereuse en termes de libertés, de cohésion d’une société, de capacité collective à répondre aux défis que posent les actes de terreur dans l’espace public.

Les réponses qui s’appuient sur le respect des droits des citoyens sont des atouts pour l’efficacité et non des obstacles à celle-ci. Forte de cette conviction, la LDH continuera à s’opposer à toutes les formes de pratiques discriminatoires que l’Etat voudrait mettre en place.

 

Paris, le 28 août 2015

 

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