Communiqué commun et appel à mobilisation le 18 septembre 2026, dont la LDH est signataire
Depuis le week-end dernier, des opérations policières coordonnées dans 15 provinces turques ont visé des personnes LGBTI+, des militantes et militants pour les droits humains, la prévention du VIH/Sida et contre la sérophobie, des associations et des établissements fréquentés par la communauté. Le ministre turc de la Justice a annoncé des procédures judiciaires visant 162 personnes, neuf associations et 13 entreprises. Des dizaines de personnes ont été interpellées et des perquisitions ont notamment conduit à la saisie de téléphones, ordinateurs, documents et autres matériels, tandis que les sites et comptes sur les réseaux sociaux de nombreuses organisations associatives et étudiantes ont été bloqués. Parmi les organisations visées figurent notamment Kaos GL, 17 Mayıs, ÜniKuir, Pembe Hayat, SPoD, Genç LGBTI+, Hêvî, Lambdaistanbul et Muamma LGBTİ+.
Selon les dernières informations, la plupart des personnes arrêtées ont été incarcérées dans l’attente d’un procès et les mouvements de protestations ont été réprimés, avec 150 nouvelles arrestations à Istanbul. Certaines procédures évoquent notamment des accusations d’« obscénité », de prostitution, de détention de stupéfiants ou encore de constitution d’une organisation criminelle.
Si l’homosexualité n’est pas criminalisée en Turquie, la marche des Fiertés LGBT d’Istanbul est interdite chaque année depuis 2015 et cette offensive marque une nouvelle étape dans la répression des personnes LGBTI+ et de celles et ceux qui défendent leurs droits. Depuis plusieurs années, les discours des autorités turques désignent régulièrement les personnes LGBTI+ comme une menace pour la famille et la natalité. Cette rhétorique, utilisée dans d’autres pays aux dérives autoritaires, est désormais accompagnée d’opérations policières de grande ampleur et nous inquiète profondément.
L’existence des personnes LGBTI+ ne devrait jamais être criminalisée et leur liberté d’expression et d’assemblée doit être garantie. Les acteurs de la lutte contre le VIH/Sida protègent la santé publique de toutes et tous et doivent pouvoir exercer leur mission librement.
Nous demandons au gouvernement français de renforcer les recommandations destinées aux voyageurs LGBTI+ se rendant en Turquie et d’alerter clairement sur les risques liés à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans le contexte actuel.
Nous appelons la France et les autres États membres de l’Union européenne à faciliter l’accès à la protection internationale pour les personnes LGBTI+ turques directement menacées ou poursuivies en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur engagement militant, y compris lorsque cela est nécessaire par le recours à des dispositifs de visas humanitaires.
Nous exigeons du Gouvernement turc la libération immédiate des personnes encore détenues, l’abandon de toutes les poursuites judiciaires et la restitution du matériel saisi.
Nous demandons au Gouvernement français, à la Commission et au Parlement européens ainsi qu’au Conseil de l’Europe de condamner fermement, et sans délai, les actions de la Turquie et de tout mettre en œuvre pour obtenir la libération des personnes incarcérées.
Face à la répression sans précédent organisée par le gouvernement turc les 12 et 13 septembre lors de l’opération “Ma famille est en sécurité”, et à l’initiative de l’Inter-LGBT, nous appelons à rejoindre le mouvement international de protestation et de soutien en se rassemblant le vendredi 18 septembre à 19h sur la Place de la Bolivie à Paris 16e, près de l’ambassade de Turquie.
Paris, le 16 septembre 2026
Signataires : L’Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (L’Acort), Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (Cedetim), Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), Collectif Orta Şeker, Inter-LGBT, LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains)
