Dissolution de La Jeune garde

Créée aux alentours de l’année 2018, La Jeune garde (qui n’a jamais été une association déclarée) désignait, avant sa dissolution, le regroupement de plusieurs militantes et militants ayant l’ambition de reprendre les thèmes et les moyens de mobilisation de certains groupes français et allemands notamment affiliés à la deuxième internationale (Internationale ouvrière socialiste), en lutte contre le nazisme dans les années 1930.

Elle s’est démarquée par son discours sans nuances portant sur la montée du fascisme, mais aussi par l’organisation d’événements sur les thèmes de l’antifascisme et sur les moyens de faire vivre cette tradition politique.  

Par un décret du 12 juin 2025, pris en conseil des ministres, le président de la République a prononcé, « notamment sur le fondement du 1° de l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure », la dissolution du « groupement de fait La Jeune garde ». Ce texte prévoit, en son premier alinéa (qui est celui sur lequel se fonde le décret litigieux) que : « sont dissous, par décret en conseil des ministres, toutes les associations ou groupements de fait 1° Qui provoquent à des manifestations armées ou à des agissements violents à l’encontre des personnes ou des biens ».

Et, depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021, l’article L. 212-1 du code précité doit être lu à la lumière du nouvel article L. 212-1-1 qui prévoit que « Pour l’application de l’article L. 212-1, sont imputables à une association ou à un groupement de fait les agissements mentionnés au même article L. 212-1 commis par un ou plusieurs de leurs membres agissant en cette qualité ou directement liés aux activités de l’association ou du groupement, dès lors que leurs dirigeants, bien qu’informés de ces agissements, se sont abstenus de prendre les mesures nécessaires pour les faire cesser, compte tenu des moyens dont ils disposaient ».

Reprochant les faits de violences ou d’appel à la violence qui lui ont été opposés, La Jeune garde a introduit un recours en annulation contre le décret de dissolution devant le Conseil d’Etat.

La lecture de certaines assertions, contenues dans le décret et dans le mémoire en défense produit par le ministre de l’Intérieur, inquiètent pour le moins, faisant le reproche à la Jeune garde de « galvaniser » le combat contre l’extrême droite ou encore celui de développer une communication et une symbolique « visant à susciter un sentiment d’hostilité à l’égard de ses adversaires politiques d’ultra-droite » (autrement dit l’extrême-droite).

La LDH et le Gisti ont décidé d’intervenir volontairement, le 24 décembre 2025, au soutien du recours en annulation de La Jeune garde.

Soutenez les combats de la LDH

Les droits et les libertés ça n’a pas de prix, mais les défendre a un coût.