Confiscation d’une banderole féministe par des policiers : la LDH saisit la Défenseure des droits

Le média Blast a révélé, dans un article du 28 novembre 2025, une photographie prise vraisemblablement au sein d’un commissariat, montrant un groupe de policiers cagoulés prenant la pose en exhibant fièrement à l’envers une banderole confisquée à des militantes et militants féministes et antifascistes.

Une telle pratique est manifestement une violation de l’obligation de neutralité, notamment politique, qui incombe aux policiers.

En effet, aux termes de l’article R. 434-29 du code de la sécurité intérieure : « Le policier est tenu à l’obligation de neutralité. Il s’abstient, dans l’exercice de ses fonctions, de toute expression ou manifestation de ses convictions religieuses, politiques ou philosophiques. Lorsqu’il n’est pas en service, il s’exprime librement dans les limites imposées par le devoir de réserve et par la loyauté à l’égard des institutions de la République.
Dans les mêmes limites, les représentants du personnel bénéficient, dans le cadre de leur mandat, d’une plus grande liberté d’expression ».

Le fait, pour des membres des forces de l’ordre missionnés pour assurer en toute sécurité la liberté d’expression et de manifestations de toutes les personnes participant à la mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles du 22 novembre 2025, de confisquer une banderole ne comportant aucun message répréhensible appartenant à un groupe féministe manifestement considéré comme « ennemi » par ces fonctionnaires et ce uniquement en raison du positionnement politique revendiqué, est une grave violation des obligations de ces policiers et caractérise ainsi une lourde faute professionnelle.

Il semble, par ailleurs, que de nombreux témoins affirment également qu’alors que les cortèges féministes antifascistes exprimant leur solidarité envers le peuple palestinien ont été systématiquement réprimés, leurs banderoles ciblées, dont l’une ensuite mise en scène comme susvisé, les forces de l’ordre ont au contraire escorté les cortèges identitaires d’extrême droite Némésis et Nous Vivrons, révélant une nette différence de traitement des manifestantes et manifestants à la faveur des opinions politiques de ces policiers, de façon délibérée et assumée.

Par une correspondance en date du 17 décembre 2025, la LDH a saisi la Défenseure des droits.

 

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