Biélorussie : la libération des prisonniers politiques est une mesure nécessaire mais insuffisante – tous les défenseurs des droits humains détenus arbitrairement doivent être libérés

Déclaration de la l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, dont la LDH est signataire

Le 13 décembre, le régime d’Alexandre Loukachenko a libéré plus d’une centaine de prisonniers politiques à la suite d’un accord avec les Etats-Unis visant à lever les sanctions sur le secteur de la potasse biélorusse. Parmi les personnes libérées, figurent d’éminents défenseurs des droits humains et membres de Viasna, Ales Bialiatski et Uladzimir Labkovich, ainsi que des figures clés de l’opposition, telles que Maryia Kalesnikava, Viktar Babaryka et l’avocat Maksim Znak. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (un partenariat entre la FIDH et l’OMCT) et les organisations soussignées, dont la LDH (Ligue des droits de l’Homme), saluent cette libération tant attendue, qui constitue une mesure nécessaire mais insuffisante, car tous les défenseurs des droits humains détenus arbitrairement, y compris l’ancien vice-président de la FIDH et collègue de Viasna Valiantsin Stefanovic, la membre de l’équipe de Viasna Marfa Rabkova et la défenseuse des droits humains Nasta Loika, doivent être libérés immédiatement.

Paris-Genève, le 15 décembre 2025. L’Observatoire rappelle qu’Ales Bialiatski, lauréat du prix Nobel de la paix 2022 et ancien vice-président de la FIDH, et l’avocat de Viasna Uladzimir Labkovich ont été arbitrairement détenus le 14 juillet 2021, poursuivis et condamnés respectivement à dix et sept ans de prison le 3 mars 2023, en représailles à leurs activités légitimes et pacifiques en faveur des droits humains. Leur emprisonnement constituait une grave violation des obligations internationales du Bélarus en matière de droits humains, notamment les droits à la liberté d’expression, d’association et à un procès équitable.

Si leur libération apporte un soulagement attendu depuis longtemps à leurs familles, à leurs collègues et à la communauté des défenseurs des droits humains à travers le monde, l’Observatoire souligne que cette mesure reste insuffisante tant que des centaines de défenseurs des droits humains, de journalistes, d’avocats, de militants et d’opposants politiques restent détenus arbitrairement en Biélorussie sur la base d’accusations motivées par des considérations politiques, uniquement pour avoir exercé leurs libertés fondamentales, et que la répression contre les dissidents biélorusses se poursuit sans relâche. En particulier, Valiantsin Stefanovic, ancien vice-président de la FIDH arrêté en juillet 2021 avec Ales Bialiatski et Uladzimir Labkovic, la défenseure des droits humains et membre de Viasna Marfa Rabkova, détenue depuis septembre 2020, et la fondatrice de Human Constanta, défenseure des droits humains Nasta Loika, détenue arbitrairement depuis septembre 2022, ne figuraient pas parmi les prisonniers politiques libérés. À leurs côtés, de nombreux journalistes, avocats et militants syndicaux défenseurs des droits humains restent détenus arbitrairement, notamment Andrzej Poczobut, Katsiaryna Andreyeva, Ihar Ilyash, Danil Palianski, Pavel Dabravolski, Andrei Aliaksandrau et bien d’autres.

L’Observatoire et les organisations soussignées appellent les autorités biélorusses à libérer immédiatement et sans condition tous les défenseurs des droits humains et prisonniers politiques détenus arbitrairement, à mettre fin au harcèlement judiciaire et aux représailles contre la société civile, et à abroger la législation répressive utilisée pour criminaliser la dissidence pacifique et la liberté d’expression. Les autorités doivent également garantir la réhabilitation complète, y compris l’annulation des condamnations et le rétablissement des droits civils et politiques, de toutes les personnes détenues illégalement depuis des années.

L’Observatoire et les organisations soussignées exhortent en outre la communauté internationale à continuer de suivre de près la situation en Biélorussie et à prendre toutes les mesures juridiques, politiques et diplomatiques disponibles pour garantir que les auteurs de violations graves des droits humains et de crimes internationaux rendent des comptes, notamment en saisissant la Cour pénale internationale.

Signataires :

International Federation for Human Rights (FIDH), in the framework of the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders ; World Organisation Against Torture (OMCT), in the framework of the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders ; Human Rights Center Viasna ; Human Rights Center, Georgia ; ILI Foundation, Kazakhstan ; Civil Society Institute, Armenia ; Public Association “Dignity”, Kazakhstan ; Promo-LEX Association, Moldova ; Norwegian Helsinki Committee, Norway ; Östgruppen (Swedish Initiative for Democracy and Human Rights) ; Austausch e.V., Germany ; Belarusian Helsinki Committee (BHC) ; Hungarian Helsinki Committee, Hungary ; Human Rights Center of Azerbaijan, Azerbaijan ; aditus foundation, Malta ; LIBERECO – Partnership for Human Rights, Germany/Switzerland ; REDRESS ; The International Bar Association’s Human Rights Institute (IBAHRI) ; ARTICLE 19 ; People In Need ; Front Line Defenders ; Bir Duino-Kyrgyzstan ; ADC Memorial ; European Platform for Democratic Elections (EPDE) ; International Society for Fair Elections and Democracy (ISFED) ; Human Rights Centre ZMINA, Ukraine ; Center for Civil Liberties, Ukraine ; Creative workshop on human rights and psychosocial resilience, Poland ; LDH (Ligue des droits de l’Homme), France.

Lire la déclaration en anglais sur le site de la FIDH

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