Alors qu’il était amené à s’exprimer sur le plateau de CNews concernant un fait divers s’étant produit à Nice, Arno Klarsfeld – conseiller d’Etat, ancien président de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) et présenté comme avocat – était interrogé sur la question des ressortissants étrangers résidant irrégulièrement en France.
L’intéressé a affirmé qu’il faudrait, en vue de se « débarrasser des OQTF », « organiser comme fait Trump, avec ICE, des sortes de grandes rafles un peu partout », et ce qu’importe les éventuelles « injustices ». L’intéressé a d’ailleurs illustré ces possibles injustices comme suit : « On a bien vu la dame qui s’est fait tirer dessus dans le Minnesota ».
Rappelons à titre liminaire qu’un arrêté portant obligation de quitter le territoire français (OQTF) est une décision administrative encadrée par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), qui n’est pas nécessairement liée à un risque de trouble à l’ordre public représenté par la personne qui en fait l’objet, loin s’en faut.
Surtout, la référence à de multiples reprises au terme de « rafle » est particulièrement choquante, tant il est associé aux persécutions et à la déportation des Juifs lors de la Seconde guerre mondiale.
Cette référence aux « rafles » est mise en parallèle avec les pratiques de l’ICE, le Service de l’immigration et des douanes des Etats-Unis, dont les pratiques arbitraires et violentes suscitent actuellement une importante indignation au niveau international. Arno Klarsfeld appelle à ce qu’une « stratégie politique » similaire soit mise en œuvre en France, qui consisterait donc à capturer des étrangers en situation irrégulière sur l’ensemble du territoire français afin de les éloigner de celui-ci, et ce en employant des méthodes agressives et violentes « avec l’intention même de commettre parfois des injustices », l’intéressé justifiant que « c’est pour le bien de l’Etat ».
Par ses propos, Arno Klarsfeld appelle expressément à la commission d’actes arbitraires, illégaux, voire criminels, à l’encontre des ressortissants étrangers désignés comme étant en situation irrégulière.
Par conséquent, la LDH a déposé plainte le 10 février 2026 pour provocation publique à la haine raciale contre Arno Klarsfeld, qui, par ses fonctions, présentes comme passées, ne pouvait ignorer la portée de ses propos, dépassant largement l’acceptable dans le cadre d’un débat d’intérêt général.
La LDH a également saisi l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), ces propos ayant été tenus sans que les personnes présentes en plateau n’apportent une quelconque contradiction. L’invité était au contraire conforté dans ses dires, laissant alors apparaître un manque d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information et un défaut de maîtrise de son antenne par l’éditeur.
