Établissement hautement sécuritaire, la prison de Condé-sur-Sarthe accueille depuis un an l’un des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) et applique les mesures les plus coercitives à l’encontre des personnes détenues.
Dans ses recommandations en urgence inédites par leur ampleur et leur nature, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) relève un fonctionnement marqué par des « violences systémiques », une « logique d’intimidation et d’abus de pouvoir », ainsi que des pratiques d’« humiliation et de déshumanisation ».
La liste est longue et préoccupante : fouilles humiliantes ou brutales, immobilisations par « pliage », privations arbitraires de vêtements ou de produits d’hygiène, chantage à la nourriture ou encore des réveils volontaires au cours de la nuit, menaces ou encore propos racistes et glorifiant le nazisme.
Le CGLPL conclut que « l’ensemble de ces agissements relève de traitements inhumains et dégradants » et considère qu’en l’état, le fonctionnement de l’établissement ne permet pas une prise en charge des personnes détenues dans le respect de leur dignité.
Ces révélations s’inscrivent malheureusement dans la continuité des précédents constats du CGLPL et du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT), qui avaient déjà formulé de graves critiques concernant les conditions de détention à Condé-sur-Sarthe.
C’est précisément en raison de la gravité exceptionnelle des faits constatés, de leur caractère récurrent et de l’atteinte immédiate qu’ils portent à l’intégrité physique et psychologique et à la dignité des personnes détenues que le 10 juillet 2026, l’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF) a déposé auprès du tribunal administratif de Caen un référé-liberté afin d’obtenir des mesures immédiates pour faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales aux droits fondamentaux des personnes détenues au centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe. Plusieurs organisations, dont la LDH, sont intervenues volontairement au soutien de cette action contentieuse.
Par une ordonnance du 18 juillet 2026, le juge des référés a enjoint au ministre de la justice de prendre toutes mesures utiles afin de mettre un terme, dans les meilleurs délais, aux comportements contraires à la déontologie commis par certains agents lors de leurs interactions avec les personnes détenues au QLCO du centre pénitentiaire d’Alençon Condé-sur-Sarthe.
