Entre le 4 et le 6 février 2025, et dans le contexte de la tenue des élections universitaires au sein de l’Université de Strasbourg, différents signalements ont dû être diffusés par plusieurs étudiants pour dénoncer les comportements inadmissibles venant de militants de l’Union nationale inter-universitaire (UNI), organisation étudiante décrite depuis plusieurs années comme accueillant, en son sein, des membres de l’extrême droite royaliste et proches du milieu néonazi.
Ces signalements, qui ont été adressés aux instances de l’université, évoquent des insultes et des propos racistes, antisémites, sexistes, grossophobes et homophobes tenus par les militants de l’UNI à l’occasion de distributions de tracts, ainsi que des menaces de violences contre des étudiants d’autres organisations étudiantes.
La diffusion de messages et de matériels de propagande reprenant les mêmes thèmes racistes a également été dénoncée.
C’est dans un contexte marqué par les tensions provoquées par ces comportements d’une exceptionnelle gravité que plusieurs militants associatifs et membres d’organisations étudiantes – dont deux membres de la Fédération syndicale étudiante – se sont mobilisés, au sein de l’établissement, pour dénoncer les expressions racistes et antisémites qui avaient libre cours à l’intérieur de l’université.
Il faut sans doute ici souligner que cette mobilisation a finalement porté ses fruits puisqu’elle a contribué à sensibiliser l’autorité universitaire sur la gravité des comportements identifiés.
Il reste que l’autorité universitaire a considéré que plusieurs personnes à l’origine de cette mobilisation, dont ces deux étudiantes syndiquées, avaient été à l’origine d’excès, et même, selon l’administration, de « heurts » lors des journées des 5 et 6 février, à l’occasion desquelles, dans un contexte houleux, ces deux étudiantes ont participé à un regroupement qui a suivi des membres de l’UNI en les traitant de « fascistes » et de « racistes » dans l’enceinte de l’établissement.
Par décision du conseil de discipline du 30 octobre 2025, notifiée par lettre recommandée le 6 novembre 2025, il a été décidé de prononcer leur exclusion de l’université de Strasbourg pour une durée d’un an avec sursis.
Les intéressées ont décidé d’introduire une requête en annulation de cette décision auprès du tribunal administratif de Strasbourg, au soutien de laquelle la LDH est intervenue volontairement le 7 avril 2026.
