22 mars 2006
La LDH solidaire des travailleurs sociaux en grève le 22 mars

Le projet de loi sur la prévention de la délinquance, qui devrait être bientôt annoncé, se prépare sur un fond de politique sécuritaire, de criminalisation de la pauvreté et de l’immigration, de discours médicalisant tout « trouble comportemental ». La prévention, dont les moyens n’ont cessé d’être remis en cause, est systématiquement assimilée au laxisme.

 

La LDH, membre du CNU (Collectif national unitaire anti-délation), entend rappeler, à l’occasion de la journée de grève de nombreux travailleurs sociaux, que la prévention de la délinquance doit s’appuyer à la fois sur des rappels à la loi, sur des sanctions dans certains cas, et sur un travail en amont permettant de prévenir les déviances, les incivilités et la délinquance.

 

Elle dénonce notamment la remise en cause du projet professionnel au nom « d’un secret professionnel partagé », impliquant la transmission à des élus politiques d’informations nominatives, non seulement sur les délinquants, mais aussi sur les populations considérées comme « à risque », soit les enfants, jeunes ou familles rencontrant des difficultés matérielles.

 

Ce nouveau concept permettrait la circulation d’information concernant la vie privée dans diverses sphères, politiques ou policières, et un renforcement notable du pouvoir des maires. Cette dernière orientation se retrouve d’ailleurs dans la loi dite sur « l’égalité des chances » et dans la loi Céséda.

 

La LDH continuera de s’opposer à toute tentative de remise en cause de séparation des pouvoirs et réaffirme que l’efficacité de la lutte contre la délinquance nécessite, non pas une politique de stigmatisation, mais un engagement fort de l’État sur les questions de justice sociale.

Paris, le 22 mars 2006.

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