20 juin : justice pour les victimes du chlordécone et de l’agent orange !

Appel à rassemblement dont la LDH est signataire, le samedi 20 juin 2026, à 14h, place de la Bastille, à Paris

Le samedi 20 juin 2026, à Bastille (Paris), Diasporas Solidaires Avec les Victimes de l’Empoisonnement Colonial (Dsavec) et le Collectif Vietnam Dioxine qui luttent pour obtenir justice et réparations à la suite de l’empoisonnement au chlordécone en Guadeloupe et en Martinique et à l’agent orange au Vietnam, Cambodge et Laos, joignent leur force pour organiser un rassemblement contre le colonialisme chimique et pour une écologie décoloniale.

Le 16 juin 2026 aura lieu l’audience du procès en cassation de Tran To Nga contre les firmes ayant produit ou commercialisé l’agent orange. Pour rappel, intenté depuis 2014, le procès en première instance au tribunal d’Evry en 2021 s’est soldé par un rejet de la plainte, confirmé par la cour d’appel de Paris en 2024. Ce pourvoi en cassation constitue la dernière chance pour Tran To Nga de condamner Monsanto, Dow Chemical et (les autres compagnies) cie, et rendre justice pour les trois millions de victimes au Vietnam, Cambodge et au Laos.

Également, le 22 juin 2026, la cour d’appel de Paris rendra sa décision sur l’appel formé contre l’ordonnance de non-lieu du 2 janvier 2023 dans l’affaire pénale dite de la « pollution au chlordécone », ouverte notamment pour empoisonnement, mise en danger de la vie d’autrui et administration de substances nuisibles. Après plus de quinze ans d’instruction, ce non-lieu a été vécu comme un véritable déni de justice par les populations de Guadeloupe et de Martinique. Alors que l’empoisonnement des terres, des eaux, de l’alimentation et des corps est documenté, aucune responsabilité pénale n’a, à ce jour, été reconnue. L’extension récente de la Charte sociale européenne aux outre-mer oblige désormais l’État français à assumer juridiquement ce scandale sanitaire, environnemental et colonial.

Nous exigeons reconnaissance, justice et réparations, pour toutes les victimes du chlordécone et de l’agent orange !

A l’heure où les causes des cancers reliés aux empoisonnements sont politisées, où les victimes des pesticides prennent la parole, il est essentiel de rappeler que les premières victimes de ces poisons sont les territoires anciennement colonisés, territoires où les populations et leur environnement sont considérés comme sacrificiels.

Les ravages de l’agrochimie continuent, que ça soit en France ou à l’international, et ils sont la preuve que le colonialisme chimique prospère, pour les profits des entreprises capitalistes, avec la bénédiction et le concours de nos gouvernements.

En France, le chlordécone rappelle que le colonialisme n’appartient pas seulement au passé. En Guadeloupe et en Martinique, ce pesticide a été utilisé pendant des décennies dans les bananeraies, au service d’une économie de plantation dominée par de grands intérêts privés, notamment békés, malgré les alertes sur sa dangerosité. Les conséquences sont toujours là : pollution durable des sols et de la chaîne alimentaire, exposition massive des populations, difficultés à faire reconnaître les maladies professionnelles et/ou environnementales, indemnisations dérisoires, mépris institutionnel. Cette catastrophe s’inscrit dans un système plus large : vie chère, dépendance alimentaire, concentration économique, pesticides imposés aux peuples et aux territoires non considérés. Le chlordécone n’est pas un accident : c’est le produit d’un ordre colonial, capitaliste et agrochimique qui continue de protéger les profits plutôt que les vies.

A l’international, des substances toxiques interdites en Europe sont envoyées dans les pays du Sud global comme au Brésil, comme l’a prouvé l’action en novembre dernier contre une usine de BASF dans l’Orne. Plus largement, les entreprises qui fabriquent les produits chimiques comme l’agent orange ou le chlordécone continuent de fournir des produits pour un usage militaire, que ce soit des herbicides ou du phosphore blanc utilisés à Gaza et au Liban, ou d’autres armes chimiques utilisées au Sahara Occidental, au Kurdistan ou ailleurs.

Soyez nombreux-se-s à signer cet appel unitaire et à vous mobiliser, pour nous aider à préparer cette échéance et pour soutenir les luttes pour une écologie décoloniale, et contre le colonialisme chimique.

RDV le samedi 20 juin 2026, à 14h, place de la Bastille, à Paris !

Premiers signataires : Collectif Vietnam-Dioxine, DSAVEC

ACCES association (94), Action Justice Climat Paris, Agro en lutte, Alerte Pesticides, Al Mamba, Assaupamar, Association d’Amitié Franco-Vietnamienne Montpellier/Hérault, Association SOS ANIMAL TENDRESSE et REV, Association VIVRE, ASSOCIATION ZEWO PWAZON, Avenir Santé Environnement, CADTM France, Campagne Changement de Régime d’Extinction Rebellion France, Cancer Colère, Cancer Colère 86, Collectif Chlordecone Justice&Réparation Mobilisation/Mobilisation Neg, Collectif la Voix de l’Atlas contre la Normalisation, Collectif Zéro Chlordécone Zéro Poison, Combat Monsanto, Comité d’Organisation du 10 Mai, Comité de Soutien à la Révolution aux Philippines, Coquelicots de Paris, Les Dévalideuses, Dôobôot médias FPP 106.3 Fm, Extinction Rebellion Ile-de-France, FaAOD – Fonds d’alerte contre l’Agent Orange/Dioxine, Générations Futures, Génération Lumière , Génération Panasiatique, Greenpeace France, La Fabrique decoloniale, Les Impactrices, LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), Matinik gaoulé kont chlordécone, Mobilisation Neg Mawon Doubout, Mouvement de Soutien aux Défenseur.es de l’Environnement, Nous voulons des coquelicots Marseille, Observatoire Féministe des Violences Médicales, PIG BZH (Pisseurs et Pisseuses Involontaires de Glyphosate Bzh), Présages, Sahraoui.e.s En Révolte, Samidoun Paris, Banlieue, Secrets Toxiques, Stop Monsanto Marseille, Survie, Solidarité Urgence, Stop Arming Israel France, ULTRAMARINS DOUBOUT, Union des Femmes de Martinique, Universitaires avec Gaza, Vous n’êtes pas seuls (VNPS)

Partis politiques et syndicats : Autrement Romainville, CGT95, CGT du Muséum national d’Histoire naturelle, Confédération Paysanne, Confédération Paysanne Ile-de-France, GRAGE, La Révolution Écologique pour le Vivant Yvelines, Les Ecologistes, Les Jeunes Écologistes, NPA L’Anticapitaliste, PEPS pour une écologie populaire et sociale, Révolution Permanente, Sundep-Solidaires Paris SUD enseignement privé

Personnalités (non exhaustif) : Béatrice Bellay (députée Martinique), Jane-Léonie Bellay, Anna Bikouloulou (adjointe écologiste au maire de Paris), Elie Califer (député 4e circonscription de Guadeloupe), David Cormand (eurodéputé Les Ecologistes), Alfred Jocksan (Infos DOM), Frank Lao (Décolonisons Nous), Julien Le Guet (Bassines Non Merci), Hélène Luc (sénatrice honoraire), Olivier Marboeuf, Benoit Martin, Shela Sheikh, Vân PHAM, maire adjointe, Autrement Romainville, Sandrine Rousseau (députée Les Ecologistes), Marie Toussaint (eurodéputée Les Ecologistes)

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