Les communs, un nouvel universalisme ?

Qu’avons-nous en commun et de commun ? Au-delà des communs environnementaux comme formes d’organisation et de partage de la propriété ou de l’usage de ressources (pâturages, terres, cours d’eau, forêts, etc.), les communs interrogent en profondeur toutes les notions et pratiques de partage, de redistribution, d’être au monde, de politique, d’universalité. Avec ce thème, l’université d’automne de 2016 veut porter un débat articulant la réflexion théorique et l’analyse des expériences et pratiques par leurs acteurs. Que signifie la migration d’une notion datée et liée à un monde agricole vers une vision plus large englobant tous les secteurs de la société ? Quelles théories et doctrines à ce sujet ? Quelle place pour les communs dans le droit international ? Quelle gestion étatique, institutionnelle et territoriale ? Quelles perspectives, enfin, avec les pratiques citoyennes de mise en commun, de partage et de cogestion pour réinventer, redéfinir et investir collectivement les droits, les modes d’usage et de production de biens matériels et immatériels (comme la culture, les connaissances etc.), le climat, la santé, la diversité ? Les communs font-ils liens philosophiquement, politiquement, moralement et pratiquement, entre sauver la possibilité même de la vie et refonder le vivre ensemble ?

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JOURNÉE 1 Samedi 26 novembre

 

Matin

9h : Accueil

Accueil par Catherine Baratti-Elbaz, maire du 12e arrondissement de Paris

9h-15 : Introduction
Fabienne Messica, membre du Bureau national de la LDH
Les communs réinterrogent le rapport au monde, à soi et aux autres. Quelles sont les pistes ouvertes par la philosophie, sous quels angles peut-on aborder cette question ? Peut-on parler d’une ontologie du/des communs ? S’agit-il d’une reliaison ? Assiste-t-on à la construction d’une nouvelle catégorie théorique et pratique en mesure de dépasser la division et les contradictions entre privé et public ?

9h30-12h : Les communs : de quoi parle-t-on ? Problématique, histoire, perspectives
Animateur : Malik Salemkour, responsable du groupe de travail LDH « Roms »

Trois manières de penser les communs
Judith Revel
, professeure des universités, département de philosophie, UFR Phillia, université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
« La coopération sociale, la circulation des savoirs, le partage des ressources, la productivité des intelligences mises en relation – en somme, le contraire de la vie nue : la vie politiquement et socialement qualifiée, l’invention de soi et des autres, l’invention de soi à travers les autres – est partout : il s’agit seulement de décider qui gouvernera désormais cette énorme quantité de valeur que nous fabriquons ensemble, et quelles en seront les institutions futures…»Judith Revel (« Construire le commun, une ontologie », article paru sur le site de EIPPCP en janvier 2011).

Commun, communs : la gauche se réinvente
Christian Laval
, agrégé de sciences sociales, professeur de sociologie à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense. Co-auteur avec Pierre Dardot de Commun, Essai sur la révolution au XXIe siècle, La Découverte, 2014.
Les communs ne sont plus une « chose » ni un simple usage partagé mais une pratique. Quelles sont les transformations sociales induites par ces pratiques ? Comment faire reconnaître ces pratiques ? Quelles perspectives ?

Les communs, histoire, actualité, nouveaux « droits de l’Homme »
Jean-Pierre Dubois
, président d’honneur de la LDH
Comment problématiser la question des communs du point de vue des droits de l’Homme et pourquoi les communs sont-ils devenus un enjeu pour la LDH.

11h : Débat

12h-14h : Déjeuner

 

Après-midi

14h-15h45 : Modes de décision et de gestion : quelles pratiques démocratiques du partage ?
Animateur : Jean-François Mignard, secrétaire général de la LDH

Biens communs et démocratie locale
Stéphane Lenoël
, membre du Comité central de la LDH

Les communs : de la prise en compte à l’échelle de l’Europe aux politiques locales d’urbanisme

Frédéric Sultan, animateur du projet Remix the commons

15h-15h45 : Débat

15h45 : pause

16h-18h : Une éthique des communs ?
Animatrice : Emmanuelle Fourneyron, membre du Comité central, coresponsable du groupe de travail LDH « Santé, bioéthique »

Comment la question des communs renvoie à la non-marchandisation d’un certain nombre de fonctions sociales constitutives des droits en matière économique, sociale, de santé et d’éducation.

Droits d’accès à des « biens » inaliénables, l’exemple de la santé
Didier Tabuteau
, responsable de la chaire « Santé » de Sciences Po, codirecteur de l’Institut droit et santé de l’université Paris-Descartes, UMR Inserm 1145
Progrès médicaux, crises sanitaires, déserts médicaux, inégalités de santé, réglementations de santé publique, financement de l’assurance-maladie : comment les communs permettent d’aborder de manière renouvelée les questions de santé ?

Droits d’accès à des « biens » inaliénables, l’exemple de l’éducation
Gérard Aschieri
, ancien secrétaire général de la FSU, membre du Cese
Socle commun, droit commun, bien commun mondial : comment assurer l’égalité d’accès à l’éducation et construire en commun l’éducation ?

Droits d’accès à des « biens » inaliénables, l’exemple de la culture
Nicolas Frize
, compositeur et auteur, membre de la LDH
Faut-il mettre les biens intellectuels et culturels en commun (démocratisation culturelle) ou faire du commun nos biens intellectuels et culturels (démocratie culturelle) ?

17h-18h : Débat

 

JOURNÉE 2 Dimanche 27 novembre

 

Matin

9h30-10h45 : un universalisme décentré : la conscience de l’universalité des enjeux et la diversité culturelle des approches et des pratiques
Animation : Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH

Perceptions, conceptions et pratiques. L’exemple du Maghreb
Driss El Yazami
, président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH – Maroc)
Quels sont les acquis et les processus permettant de construire un universalisme décentré ? En quoi, il s’agit de repenser le monde et une nouvelle gouvernance « mondiale » ?

Vers un droit commun de l’humanité
Maître Henri Leclerc
, président d’honneur de la LDH
Les enjeux en termes de droit international, avancées et obstacles rencontrés.

Crise de l’Europe, crise des communs ?
Marie-Christine Vergiat
, députée européenne
La crise de l’asile, le Brexit, la difficile construction de l’Europe traduisent une crise des communs. Comment y remédier ? Quels combats mener pour une Europe des droits ? Quels obstacles ? Quelles avancées ?

10h45-11h : Pause

11h-12h30 : Propriété, mise en commun, partages : théories et pratiques
Animatrice : Maryse Artiguelong, coresponsable du groupe de travail LDH « Libertés et Tic »

Crise de l’idéologie propriétaire, mise en commun et partage
Benjamin Coriat
, professeur d’économie à l’université Paris 13
L’analyse les communs comme une double alternative au capitalisme et aux expériences de communisme « étatique ».

Mise en commun des connaissances à l’heure du numérique
Lionel Maurel
, juriste et bibliothécaire, membre du conseil d’orientation stratégique de la Quadrature du Net
Si on associe généralement la question des biens communs à des ressources naturelles ou foncières, elle concerne aussi les connaissances, en lien avec les capacités de mutualisation et de transmission offertes par le numérique.Le partage des connaissances questionne l’équilibre des droits fondamentaux, entre protection de la propriété intellectuelle et liberté d’accès à l’information et à la culture.

11h30-12h30 : Débat

12h30-14h : Déjeuner

 

Après-midi

14h-14h30 : Une analyse des pratiques associatives : le point de vue de la Fonda
Francine Évrard
, secrétaire générale de la Fonda

14h30-16h : Mouvements, luttes, contradictions
Animatrice : Anne Tardieu, membre du Comité central, coresponsable du groupe de travail LDH « Développement durable »

Les pratiques : Table ronde avec nos partenaires 

Christophe Aguiton, chercheur, syndicaliste et militant associatif (Attac)

Clémence Dubois, chargée de campagne (350.org)

Elise Ayrault, porte-parole d’Alternatiba

Plusieurs courants, avec des logiques de fonctionnement distinctes et parfois contradictoires sont au cœur du mouvement de mise en communs. Les initiatives sont multiples, locales, transversales, etc. Les acteurs sont à la fois des acteurs historiques (économie sociale et solidaire, éducation populaire) et de nouveaux acteurs.
A travers les initiatives et les actions des praticiens des communs, quels enjeux, contradictions, freins, perspectives ?

16h-16h45 : Débat

16h45 : Enjeux et perspectives pour la LDH
Françoise Dumont
, présidente de la LDH

 

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