Première édition du Prix BD LDH

La LDH (Ligue des droits de l’Homme), en partenariat avec sa section Angoulême-Charente et la Cité de la bande dessinée, crée le Prix LDH de la bande dessinée, qui sera remis pour la première fois en 2026.

Ce prix annuel, doté de 1000 euros, distingue une bande dessinée récente portant les droits et libertés défendus par la LDH.

La cérémonie de remise du prix se tiendra le vendredi 30 janvier 2026 à 12h, à la bibliothèque de la Cité de la bande dessinée, 121 rue de Bordeaux à Angoulême.

Un processus de sélection ancré localement

La lauréate ou le lauréat sera désigné-e à l’issue d’un processus de sélection ancré localement, mené tout au long de l’année 2025 par la section Angoulême-Charente de la LDH.

Une présélection a été assurée par des habitantes et habitants du quartier Ma Campagne à Angoulême et par des membres d’associations locales engagées dans la vie citoyenne, lors de sessions de partage de lectures accompagnées par des professionnel-le-s de la bande dessinée.

Membres du jury

Le jury final, placé sous l’égide de Nathalie Tehio, présidente de la LDH, réunira des membres de l’association, des représentant-e-s locaux et des personnalités engagées dans le champ des droits et de la bande dessinée :

Emmanuelle Tavares et Stéphanie Marchives (Cercle des femmes, Ma Campagne Angoulême) ;

Sylvie Chevalier (association Mieux vivre ensemble à ma campagne) ;

Edem Ranson (LDH Angoulême-Charente) ;

Jean-Philippe Martin (directeur des publics et de la lecture publique de la Cité de la bande dessinée) ;

Lisa Mandel (autrice et éditrice) ;

Juliette Arnaud (actrice, autrice et lectrice) ;

– –Nathalie Tehio.

Ce jury désignera l’ouvrage lauréat.

Les ouvrages sélectionnés

Partenaires

Cercle des femmes, Association Mieux vivre ensemble à ma campagne, La Véranda, StudioBuro, Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (Cité de la bande dessinée).

Enfermé

Editeur : Dargaud
Auteur : Julien Hillion (scénario), Renan Coquin (dessin & couleurs)

Dans la France de 1907, Mathurin, orphelin de 13 ans, s’embarque clandestinement pour Terre-Neuve et finit interné dans une colonie pénitentiaire. Confronté à la violence institutionnelle et aux brimades, il tente de garder son esprit libre et d’échapper à son destin brutal. Une histoire vraie restituée avec force et empathie.

Em silêncio

Editeur : La Boîte à Bulles
Autrice : Adeline Casier (scénario & dessin)

Dans ce récit inspiré de l’expérience de son grand-père, un ouvrier portugais fuit la dictature de Salazar en 1962 pour tenter sa chance en France. L’album explore les difficultés et dangers de la migration clandestine à travers un style graphique au crayon graphite empreint de poésie. Un portrait sensible du silence imposé et vécu par ceux qui franchissent une frontière pour survivre.

Quand la nuit tombe – Tome 2 : Mylaine

Editeur : Delcourt (collection Histoire & Histoires)
Autrice : Marion Achard (scénario), Toni Galmés (dessin & couleurs)

Seconde partie du récit inspiré de l’histoire vraie de deux sœurs juives séparées pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la fuite de Lisou, ce tome suit Mylaine, arrêtée par les nazis et confrontée à la déportation. Une œuvre poignante qui contribue au devoir de mémoire des atrocités du génocide.

Moheeb sur le parking

Editeur : Dupuis
Autrice : Clara Lodewick

Portrait réaliste d’un adolescent afghan réfugié vivant sur un parking près de Bruxelles, confronté à l’attente interminable des papiers et à l’insécurité quotidienne. Entre parties de foot et tensions avec la police, la BD creuse la réalité des mineurs isolés et leur santé mentale fragile. Une tranche de vie engagée et humaine.

Et c’est ainsi que je suis née

Editeur : Casterman
Autrice : Fanny Michaëlis (scénario & dessin)

Bande dessinée introspective et métaphorique où une jeune fille « née à l’envers » traverse des expériences symboliques et coercitives qui reflètent les tensions entre l’individu et le collectif. Récit initiatique poétique qui joue avec l’imaginaire pour aborder des thèmes sociaux et existentiels.

Les Grandes oubliées – Pourquoi l’histoire a effacé les femmes

Editeur : Editions de l’Iconoclaste
Auteurs : Titiou Lecoq (texte) & Marie Dubois (dessin)

Adaptation en bande dessinée de l’essai de Titiou Lecoq, qui analyse comment les femmes ont souvent été exclues des récits historiques. De la préhistoire à l’époque contemporaine, l’album redonne voix aux figures féminines effacées, mêlant informations historiques et représentations visuelles engageantes.

Rouge signal

Editeur : 2042 Éditions
Autrice : Laurie Agusti (scénario, dessin & couleurs)

Rouge signal raconte la dérive d’Alexandre, un jeune cadre solitaire dont la frustration et la solitude le poussent à fréquenter des discours masculinistes en ligne. En parallèle, quatre amies travaillant dans une onglerie vivent leurs relations et leurs échanges du quotidien. À travers ce contraste, la BD explore avec force et tension les mécanismes de la radicalisation masculiniste dans notre société contemporaine.

En savoir plus

À travers le choix de l’ouvrage récompensé, la LDH, association généraliste, entend mettre en avant un sujet contemporain lié aux droits fondamentaux et universels : la défense des libertés, la lutte contre les discriminations, le racisme, l’antisémitisme et les violences racistes, ainsi que la construction d’une société assurant à toutes et tous un accès effectif aux droits ou encore le respect du droit à un environnement sain et durable…

Seront notamment valorisées les œuvres portant :

  • sur les atteintes aux droits et libertés ;
  • ou sur l’édification d’une société garantissant l’accès effectif de toutes et tous à ces droits.

La LDH sera particulièrement attentive aux œuvres évoquant la France et l’Europe, ainsi que leurs relations avec le reste du monde — des espaces où, avec la montée de l’extrême droite, les droits fondamentaux se trouvent aujourd’hui contestés ou fragilisés.

La LDH s’engage à valoriser l’ouvrage qui sera primé, auprès de ses adhérentes et adhérents mais aussi de son public plus élargi. Le Prix LDH de la BD deviendra ainsi un instrument supplémentaire de son engagement pour la défense des droits et libertés.

Le prix sera décerné à l’issue d’un processus de présélection mené tout au long de l’année 2025 par la section Angoulême-Charente de la LDH.

Un jury de présélection rassemblera :

  • des habitantes et habitants du quartier Ma Campagne à Angoulême ;
  • des adhérentes et adhérents d’associations locales, personnes actives dans la vie citoyenne locale.

Ces participantes et participants se réuniront lors de sessions de partage de lectures, accompagnés par des personnes professionnelles de la BD.

Un jury final, placé sous l’égide de Nathalie Tehio, présidente de la LDH, réunira des membres de l’association, des représentantes et représentants locaux ainsi que des personnalités reconnues pour leur engagement en faveur des droits ou dans le domaine de la bande dessinée.
Ce jury désignera l’ouvrage lauréat.

À l’occasion de la première remise du Prix LDH de la bande dessinée, la LDH souhaite rappeler que la défense des droits fondamentaux passe aussi par le soutien à la création artistique et à celles et ceux qui la portent.

Ce prix annuel vise aussi à mettre en lumière la force critique, l’imagination et l’engagement qui traversent la bande dessinée.
Les autrices et auteurs de BD figurent aujourd’hui parmi les artistes qui interrogent le plus directement les atteintes aux libertés, les discriminations, les violences et les reculs démocratiques.

La remise de ce prix, intervient dans un contexte où de nombreuses voix du monde de la bande dessinée expriment leurs inquiétudes concernant leurs conditions de création, leur accès aux droits culturels, ainsi que le respect des principes éthiques et démocratiques dans la gouvernance des institutions culturelles.

La LDH ne se substitue pas aux organisations professionnelles des autrices et auteurs, mais leur apporte son soutien et rappelle que :

  • les droits culturels (article 27§2 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme) garantissent à chacune et chacun le droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur ;
  • la liberté artistique ne peut être pleinement assurée que dans un environnement respectueux, transparent et protégé ;
  • la lutte contre toutes les formes de violences, notamment sexistes et sexuelles, doit être une priorité dans tous les espaces, y compris culturels.

En ce sens, la situation du secteur de la BD souligne combien les droits ne sont pas seulement des thèmes abordés par les œuvres : ce sont aussi des droits vécus par les artistes, qui doivent pouvoir exercer leur métier en toute sécurité, dans le respect de leur travail et de leurs libertés.

En remettant ce prix, la LDH souhaite :

  • soutenir les œuvres qui éclairent les enjeux contemporains liés à la défense des droits et libertés ;
  • encourager les autrices et auteurs qui mettent leur talent au service de la compréhension du monde ;
  • et affirmer que la culture constitue un pilier essentiel de la démocratie.

La BD, par son accessibilité et sa force narrative, est un espace unique pour raconter les combats collectifs, révéler les injustices, donner voix aux silences et imaginer des futurs plus justes.

La LDH a choisi de remettre ce prix au sein de la bibliothèque de la Cité de la bande dessinée, à Angoulême, un lieu ouvert, public et dédié à la transmission.

Ce choix a plusieurs significations fortes.

  • Un lieu accessible à toutes et tous
    La bibliothèque est un espace où l’on découvre, lit, apprend et partage. Y remettre le Prix LDH de la BD, c’est affirmer que les droits doivent être accessibles, compris et débattus par toutes et tous.
  • Un espace de savoir et de mémoire
    La Cité de la bande dessinée conserve et valorise le patrimoine de la BD. Ce cadre rappelle que les œuvres s’inscrivent dans une histoire longue de libertés, de luttes, d’engagements et de création.

Un lieu neutre, ouvert et accessible gratuitement
Dans un contexte où la gouvernance et l’organisation du secteur de la BD font l’objet d’interrogations légitimes, la bibliothèque représente un espace public, apaisé, où priment la connaissance, la transmission et l’intérêt général. Le choix de ce lieu revient à affirmer que la culture repose avant tout sur le partage, l’éducation, la curiosité et la démocratie culturelle.

  • Ainsi, la remise du prix à la bibliothèque de la Cité de la bande dessinée n’est pas un simple choix logistique : c’est un geste cohérent avec les valeurs de la LDH, qui lie droits humains, création et accès démocratique au savoir.

Le Prix LDH de la BD s’inscrira dans le temps dans ce double mouvement :  valoriser les œuvres qui portent les droits fondamentaux, et défendre un milieu culturel où ces droits s’appliquent pleinement à celles et ceux qui créent.

Soutenez les combats de la LDH

Les droits et les libertés ça n’a pas de prix, mais les défendre a un coût.