Pétition dont Nathalie Tehio, présidente de la LDH est signataire
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Nous, signataires,
Tenons à exprimer notre vive indignation face à la campagne qui prend pour cible Kamel Jendoubi. La cabale ne vient pas cette fois, des cercles habituels proches du pouvoir, mais d’ « opposants progressistes » autoproclamés. C’est l’essence même du combat pour les droits et les libertés dans notre pays qui est visée.
Est-il besoin de rappeler que Kamel Jendoubi est une figure marquante de la défense des droits fondamentaux en Tunisie et ailleurs. La défense des droits des migrants, le combat contre le racisme, pour l’égalité des droits est chez lui un engagement constant, qui dure depuis cinquante ans.
Militant contre le despotisme, du temps de Bourguiba, puis de Ben Ali, il est co-fondateur en 1996 du CRLDHT, dont la vocation était de relayer la lutte pour les droits et les libertés dans le pays, du temps où la persécution, l’exil où l’enfermement était le lot des combattants pour la liberté.
Après la révolution, il a présidé l’Isie, première du nom, qui a veillé à la tenue des premières élections transparentes dans le pays, avant d’occuper la charge de ministre des droits fondamentaux. Ceux qui l’ont approché savent sa probité et son souci de la personne humaine quelle qu’elle soit.
Et c’est sans doute cela qui lui vaut aujourd’hui d’être l’objet de nouvelles vilénies : a-t-on idée d’être fidèle à ce principe simple selon lequel les droits fondamentaux sont indivisibles. Kamel Jendoubi a toujours défendu les victimes de la répression de toutes obédiences : de gauche ou libéraux, islamistes ou séculiers, destouriens ou nationalistes arabes. Qu’ils soient politiques, journalistes, militants de la société civile, ils ou elles subissaient la même oppression.
La commune humanité précède l’appartenance idéologique, et la dignité de chacun-e prime sur les idées politiques. C’est l’attachement de Kamel Jendoubi à ce principe universel qui a provoqué l’ire des fanatiques.
Car discriminer les prisonniers d’opinion selon leurs appartenances relève d’un fanatisme dont la fonction est de valider la répression alors qu’il se targue d’opposition. Les vociférations contre l’éthique de la solidarité due à toutes les victimes, sont-elles autre chose qu’une énième diversion pour conforter le pouvoir dans sa répression.
La cabale contre Jendoubi aujourd’hui – parce qu’il refuse de faire le tri des victimes – relève au fond d’une vision perverse qui conçoit les droits comme autant de privilèges que l’on concède aux uns et dont on prive les autres. Une vision aux antipodes des droits humains.
Pour toutes ces raisons :
- Nous tenons à dire notre solidarité indéfectible avec Kamel Jendoubi face aux campagnes de calomnie et d’agitation.
- À souligner que la défense de tous les opposants et de toutes les victimes de la répression, quelles que soient leurs obédiences, est un devoir et nom une tare politique.
- Et à réaffirmer que toute tentative de porter atteinte à ce principe s’attaque à l’universalité des droits humains et à l’éthique de l’action politique et civique.
Voir la liste des signataires dont Nathalie Tehio, présidente de la LDH fait partie
