9 novembre 2006 – Conflit israélo/palestinien
Massacre à Gaza

Les dix-huit morts, dont huit enfants, du bombardement de Beit Hanoun, et plus généralement les nombreuses victimes civiles des opérations menées par l’armée israélienne depuis plusieurs jours dans la bande de Gaza, ne sont pas seulement des victimes de crimes de guerre : elles paient le prix d’un choix de la politique du pire par le gouvernement israélien.

 

On peut parfaitement comprendre que les autorités israéliennes réagissent à des tirs de roquette, visant délibérément des populations civiles sur son territoire, ce qui constitue autant de crimes de guerre. Mais ce qu’il présente comme une riposte est non seulement d’une disproportion effroyable que l’on a déjà vu s’appliquer au Liban, mais significatif d’une véritable stratégie de la terreur  qui inclut l’asphyxie économique de Gaza et de la Cisjordanie.

 

Au lendemain de l’entrée dans le gouvernement israélien d’un leader d’extrême droite, Avigdor Liebermann, qui vante les méthodes de Vladimir Poutine en Tchetchénie et souhaite procéder à des « échanges de population », en clair déporter les Arabes israéliens, le gouvernement israélien refuse toute solution politique pour s’adonner à un usage immodéré de la force. Quel avenir prépare-t-on ainsi pour tous les êtres humains et les peuples de la région ?

Face à cette politique de la canonnière, la communauté internationale ne peut continuer à pratiquer le double standard permanent. Non seulement la position des USA présentant les opérations actuelles comme relevant d’un droit à l’autodéfense d’Israël relève de la complicité de crimes de guerre, mais les déclarations de l’Union européenne, qui se déclare « choquée » par les tirs sans condamner clairement les crimes de guerre commis par l’armée israélienne, tout en sommant l’Autorité palestinienne d’éliminer tout risque terroriste, ne sont ni justes ni de nature à donner la moindre crédibilité dans la recherche d’une solution du conflit conforme au droit. Après avoir nié le résultat d’élections démocratiques et contribué à l’asphyxie économique des territoires palestiniens en suspendant ses aides, l’Union européenne donne le spectacle déplorable d’une caution de fait donnée à l’impunité dont ne cessent de bénéficier les autorités israéliennes.

Les silences, l’inertie et les complaisances d’aujourd’hui préparent pour demain toujours plus de haines, de violences incontrôlées et de représailles inhumaines. La LDH appelle les autorités françaises à qualifier comme elles le méritent les opérations israéliennes contre les populations civiles palestiniennes et à saisir, comme le demande le président palestinien, le Conseil de sécurité de l’ONU dans les plus brefs délais.

 

Paris, le 9 novembre 2006

 

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