L’internationale réactionnaire battue dans les urnes
Communiqué LDH
Alors que son expansion menace partout la démocratie, l’internationale réactionnaire a subi quatre défaites par la procédure démocratique la plus élémentaire, le vote citoyen. Les défaites de l’extrême-droite dans le cadre des élections aux États-Unis, au Brésil, en Israël et en Serbie sont porteuses d’espoir dans la démocratie car elles montrent la force de la mobilisation citoyenne et traduisent, différemment selon les pays, des rejets absolument nécessaires : d’une loi du plus fort imposée par en haut et la corruption généralisée qui en découle ; des guerres d’agression, en particulier pour s’accaparer les matières premières ; des laissez-faire économiques et monétaires qui portent la dégradation du climat ; des racismes d’État sous forme de lois discriminatoires ; des inégalités et des précarités sociales en parallèle à des cadeaux aux plus riches, dans des proportions inégalées.
A celles et ceux qui pensent qu’on « n’a pas encore essayé » l’extrême droite, ces élections disent toutes les raisons de la rejeter. Dans tous ces pays, la mise en minorité de l’extrême droite vient d’abord du rejet de ses politiques dans l’exercice du pouvoir, politiques qui attaquent toutes les protections (de l’État de droit aux politiques sociales), et beaucoup moins de l’adhésion à une orientation alternative qui enthousiasmerait l’électorat. Cela témoigne de la priorité absolue qu’accorde alors l’électorat à une très large alliance de forces d’opposition, alliance absolument nécessaire lorsque l’extrême-droite devient trop forte pour l’éloigner autrement, alliance indispensable pour surmonter toutes les manœuvres électorales qu’elle mène pour rester au pouvoir.
Aux États-Unis, on a vu le redécoupage des circonscriptions électorales, la radiation des électrices et électeurs dans les zones concentrant des électorats plus précaires, plus pauvres. Au Brésil on a vu les manipulations de l’opinion sur les réseaux avec les interventions massives des plateformes. En Serbie, aussi la désinformation a été utilisée à grande échelle contre les candidates et candidats choisis par le mouvement des étudiants. En Israël, où aucune des deux grandes coalitions n’a obtenu la majorité absolue, l’extrême droite rassemblée par Netanyahou essaye de se maintenir au pouvoir en délégitimant les élues et élus plébiscitées par les arabes israéliennes et israéliens. Elle leur nie le droit d’intégrer une majorité parlementaire. Quatre défaites de l’extrême droite dans les urnes confirment qu’il n’y a pas de fatalité à ce que l’extrême droite soit au pouvoir et ouvrent l’espoir de voir prospérer des alternatives démocratiques. Les urnes sont bien un terrain de lutte citoyenne contre les idées et pratiques d’extrême droite.
Après ce mois de résultats électoraux qui apporte l’espoir d’un recul de l’extrême droite, de ses orientations, de ses pratiques, la LDH (Ligue des droits de l’Homme / droits humains) réaffirme qu’on ne saurait jamais la considérer comme une possibilité parmi d’autres, une option comme les autres. La LDH constate avec satisfaction que c’est bien la mobilisation massive des électrices et électeurs, surmontant tout ce qui pouvait diviser les opposantes et opposants à l’extrême droite, qui a permis les résultats électoraux des dernières semaines. Cela traduit la conscience d’un objectif commun et essentiel. Malgré tout ce qui fait que nos sociétés sont fracturées, précarisées, la convergence dans le cadre électoral reste la boussole qui doit guider pour empêcher l’extrême droite d’imposer son agenda destructeur de toutes les égalités, toutes les solidarités, toutes les libertés, de tous les droits pour toutes et tous.
Paris, le 4 novembre 2026
