De la ville des rois à la ville des noirs, itinéraire raciste d’une fausse information

Communiqué LDH

« La ville des noirs et du peuple vivant » : cette fausse citation attribuée par Messieurs Messiah, Collard, Camus au nouveau maire de la ville de Saint-Denis, a été relayée bien au-delà des sphères d’extrême droite sur des plateaux d’information par des journalistes, sans vérification en dépit d’une manipulation aussi grossière. M. Bally Bagayoko avait en réalité repris une formule connue à propos de Saint-Denis : « la ville des rois et du peuple vivant », la basilique étant une nécropole royale. Comment est-ce possible ?

Ne pas vérifier une telle phrase résulte a minima de deux mécaniques : d’une part, la confiance dans la source et, d’autre part, la crédibilité de « l’information ». La croyance en son authenticité est révélatrice du préjugé qui consiste à enfermer les personnes racisées des quartiers populaires dans un cliché communautariste et revendicateur. Ses effets sont graves : une fake news laisse une trace, un stigmate. Le jour où celles et ceux qui l’ont relayé s’en excusent, il est déjà trop tard. Ce qui est en jeu n’est plus le combat de la vérité contre le mensonge, mais l’intérêt qui s’attache à leur différenciation.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) s’inquiète qu’une fausse information dont le caractère raciste aurait dû être soupçonné, imposant une vérification immédiate, puisse être relayée non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi sur des chaînes publiques, par des journalistes soumis à une déontologie professionnelle. A cet égard, la LDH saisit l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique).

Elle exprime toute sa solidarité envers le maire de Saint-Denis, victime dès son élection d’une campagne raciste dont les médias, au lieu de s’en faire le relais, auraient dû faire le décryptage.

La confiance aveugle dans certains tweets, comme la pauvreté des réactions d’indignation sur cette séquence irrationnelle, témoignent un peu plus de la banalisation d’un racisme ordinaire. La LDH apporte tout son soutien à celles et ceux qui subissent chaque jour, la violence raciste, l’humiliation, et les foudres des fantasmes de l’idéologie d’extrême droite, non pour ce qu’ils disent réellement, mais pour ce qu’ils sont.

Paris, le 23 mars 2026

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