22 février 2026 – Tribune de Nathalie Tehio « La glorification du régime nazi est toujours présente  » publiée sur l’Humanité

Tribune de Nathalie Tehio, présidente de la LDH

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Lutter contre les violences est un impératif démocratique. Aucune idée ne peut justifier, contre quiconque, ni des menaces de mort ni des coups, a fortiori lorsqu’ils deviennent mortels, comme ceux portés à Quentin Deranque le 12 février 2026 à Lyon. Admettre la possibilité d’une mise à mort d’une personne, quels que soient ses discours politiques, revient à nier notre commune humanité. Le cadre démocratique permet justement la confrontation pacifique des idées, dans l’Hémicycle, ou lors de réunions, par médias interposés, ou lors de manifestations. Recourir à la violence pour imposer ses idées revient alors à abîmer la démocratie.

Une partie des jeunes gens à l’extrême gauche, dans une volonté d’autodéfense, s’est laissée aspirer par la violence, au prix de l’affaiblissement réel des combats nécessaires contre la montée des fascismes. Bien que cette violence soit conjoncturelle – à la différence de celle de l’extrême droite qui est structurelle –, elle n’en demeure pas moins condamnable chaque fois qu’elle sort du cadre de la légitime défense.

Car la violence est au cœur du programme de toute une partie des groupes néonazis, violences contre la gauche mais aussi contre « l’Autre » désigné : l’immigré, le musulman, les personnes LGBTQIA +, les femmes… et nombre de leurs militants passent à l’acte jusqu’au meurtre. La glorification du régime nazi est toujours présente : des groupes ont pu chanter des chants nazis à Albi par exemple, des saluts nazis s’affichent de plus en plus souvent en manifestation, y compris à Lyon samedi.

Sur le même thème « Bleu blanc rouge, la France aux Français ! » : au coeur de la marche d’extrême droite en hommage à Quentin Deranque à Lyon . Ce retour en force des mouvances fascistes ne peut que susciter des craintes. De plus, on assiste à une fascisation des idées, même si la France n’en est pas au stade des États-Unis de Trump que certains historiens, comme Robert Paxton, qualifient désormais de fascisme. Il est donc urgent de défendre l’égalité de toutes et tous devant la loi, l’État de droit et les libertés fondamentales. Face à une partie de la droite censément républicaine qui flirte avec l’extrême droite, tous ceux qui ne se résignent pas à son arrivée au pouvoir doivent se rassembler. Plus que jamais, le combat pour la démocratie et l’État de droit est essentiel.

Nathalie Tehio, présidente de la LDH

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