Tribune collective « Protéger les défenseurs de l’environnement » signée par Nathalie Tehio, présidente de la LDH
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Ce texte cosigné par plus de 120 élus, scientifiques, avocats, associations et collectifs, syndicats et activistes insiste « Parce que les défenseurs de l’environnement protègent notre futur, c’est à nous de les protéger en retour » . « Nous appelons à la reconnaissance de leur travail légitime et essentiel et à la protection de leurs droits ».
“Écoterroristes” ; “terroristes climatiques” ; “fondamentalistes environnementaux” ; “criminels”… Des mots utilisés pour définir les défenseurs de l’environnement en France et en Europe. Emmanuel Macron considère que l’écologie est “le combat du siècle”, mais alors pourquoi traiter comme des criminels ceux qui se battent pour nous assurer un avenir vivable ?
Les conséquences du changement climatique sont terribles. C’est l’une des plus grandes crises des droits humains : elle menace nos vies, notre santé, notre éducation, notre alimentation, notre eau, nos logements, et ceux des générations futures. C’est aussi une crise injuste puisque ceux qui y ont le moins contribué en subissent les pires conséquences : entre 2010 et 2020, la mortalité due aux évènements climatiques extrêmes a été 15 fois supérieure dans les pays très vulnérables au changement climatique par rapport aux pays peu vulnérables.
Pourtant les gouvernements reviennent en arrière et abandonnent leurs engagements. Les politiques sont détricotées, les agences environnementales attaquées, les financements retirés. Le Parlement européen a définitivement voté la directive Omnibus I, qui assouplit les obligations des entreprises en matière de devoir de vigilance et de transparence sur leurs impacts climatiques et sur les droits humains et Ursula Von der Leyen a déclaré : « Nous ne combattons pas les combustibles fossiles, mais uniquement les émissions [de gaz à effet de serre] qui en sont issues. » Des victoires pour le lobby intense des entreprises, notamment des énergies fossiles, dont les intérêts ont primé aux dépens des plus vulnérables.
Où est passé «Notre maison brûle» ?
Où est passé le temps de lucidité de “Notre maison brûle” ? Alors que ces reculs terribles sont décidés dans des sphères hors-sol, que la vie de milliards d’êtres humains est en péril, une personne est tuée ou disparaît tous les deux jours pour avoir protégé les terres, l’environnement et le climat. Leur combat fait des défenseurs de l’environnement une cible. Partout, ils sont réprimés, attaqués, intimidés, censurés, criminalisés, emprisonnés et harcelés alors que sans eux, impossible de faire face à l’immensité de la crise climatique.
En France, nous ne sommes pas épargnés : stratégie de maintien de l’ordre brutale, qui effraie et dissuade de se rendre en manifestation ; multiplication des procès à l’encontre de militants environnementaux, qui intimident et drainent les ressources ; attaques contre les associations environnementales, menacées de dissolution ou de retrait de subventions ; croissance de la désinformation climatique, qui crée une vision faussée des problèmes et de comment y faire face ; attaques contre les procédures environnementales imposées aux entreprises, qui fragilisent le droit à la participation…
Parce que les défenseurs de l’environnement protègent notre futur, c’est à nous de les protéger en retour. Avec plus de 120 cosignataires, élus, scientifiques, avocats, associations et collectifs, syndicats et activistes, nous appelons ce jour à la reconnaissance de leur travail légitime et essentiel et à la protection de leurs droits. Parce qu’il n’y aura jamais de justice climatique sans eux, nous devons renverser le narratif qui les stigmatise. Rappelons pourquoi ils se battent et replaçons le changement climatique et la dégradation de l’environnement, leurs causes et leurs responsables, au cœur du débat.
Paris, le 31 mars 2026
Première signataire : Julie Ozenne, députée Ecologiste et Social de l’Essonne.
Cosignataires : Lisa Belluco, députée Ecologiste et Social de la Vienne ; Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Ecologiste et Social, députée de l’Isère ; Chantal Jourdan, députée Socialistes de l’Orne ; Ayda Hadizadeh, députée Socialistes du Val d’Oise ; Dominique Potier, député Socialistes de Meurthe-et-Moselle ; Laurent Lhardit, député Socialistes des Bouches-du-Rhône ; Mickaël Bouloux, député Socialistes de l’Ille-et-Vilaine ; Stéphane Delautrette, député Socialistes de la Haute-Vienne ; Arnaud Saint-Martin, député LFI/NFP de Seine-et-Marne ; Gabrielle Cathala, députée LFI/NFP du Val-d’Oise ; Matthias Tavel, député LFI/NFP de la Loire-Atlantique ; Paul Vannier, député LFI/NFP du Val-d’Oise ; Hadrien Clouet, député LFI/NFP de la Haute-Garonne ; Jean-François Coulomme, député LFI/NFP de la Savoie ; Sandrine Nosbé, députée LFI/NFP de l’Isère ; Christine Pirès-Beaune, Première Questeure, députée Socialistes du Puy-de-Dôme ; Hubert Ott, député Démocrates du Haut-Rhin ; Jimmy Pahun, député Démocrates du Morbihan ; Mathilde Ollivier, sénatrice GEST représentant les Français établis Hors de France ; Daniel Salmon, sénateur GEST d’Ille-et-Vilaine ; Hussein Bourgi, sénateur Socialistes de l’Hérault ; Raymonde Poncet-Monge, sénatrice GEST du Rhône ;Michaël Weber, sénateur Socialistes de la Moselle ; Anne Souyris, sénatrice GEST de Paris ; Majdouline Sbaï, députée européenne Les Verts/ALE ; Melissa Camara, députée européenne Les Verts/ALE ; David Cormand, député européen Les Verts/ALE ; Marie Toussaint, députée européenne Les Verts/ALE ; Mounir Satouri,député européen Les Verts/ALE ; Saskia Bricmont, députée européenne belge Les Verts/ALE ; Tilly Metz, députée européenne luxembourgeoise Les Verts/ALE ; Damien Carême, député européen The Left ; Christophe Clergeau, député européen, Vice-Président du groupe S&D ;Thomas Pellerin-Carlin, député européen S&D ; Murielle Laurent, députée européenne S&D ; Alexandra Caron-Cusey,Conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes, Les Ecologistes ;Anne Savinel Barras, présidente d’Amnesty International France ; Nathalie Tehio, présidente de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme) ; Guillaume Nicolas, délégué général de CCFD-Terre Solidaire ; Peter Tee, co-président du Mouvement de soutien aux défenseur·es de l’environnement ; Noura Elouardi, déléguée générale du CRID ; Eva Morel, Secrétaire générale de QuotaClimat ;Jérémie Suissa, délégué général de Notre Affaire à Tous ;Laura Thieblemont, co-présidente des Amis de la Terre France ; Laurence Veyne, codirectrice de Greenpeace France ; Sandra Cossart, directrice de l’association Sherpa ; Gilliane Le Gallic, présidente d’Alofa Tuvalu ; Chloé Gerbier, juriste à Terres de luttes ; Youlie Yamamoto, porte-parole d’Attac ; Raphaël Pradeau,porte-parole d’Attac ; Claire Nouvian, fondatrice et directrice, BLOOM ; Adèle Ungria, chargée de plaidoyer de Jeunesse ambassadrice du climat et de la biodiversité ; Gaspard Tamagny, porte-parole d’Alternatiba ; Action Justice ClimatParis; Scientifiques en Rébellion ; Gaëlle Nourry-Gardien, présidente d’Action Non-Violente COP21; Camille Sautel, coordinatrice Stop extension Aéroport Nice ; Marie Darzacq, présidente de Landes Aquitaine Environnement ; Françoise Brochot, présidente de l’ADVOCNAR (Association de Défense Contre les Nuisances Aériennes) ;Francis Nativel, président de l’Association Eau et Rivières de Bretagne ; Vincent Hangard,co-administrateur de TEJE ; Mamy Rakotondrainibe, présidente duCollectif pour la défense des terres malgaches – TANY ; Camille Etienne, activiste ; Mathilde Caillard, activiste @mcdansepourleclimat ; Mariam Toure, activiste La jeunesse populaire ; Vincent Kanté, fondateur de LIMIT ; Adélaïde Charlier, activiste pour la justice climatique à The Bridge ; Blanche Sabbah, activiste et autrice ; Sarah-Maria Hammou, géographe, autrice et activiste ; Inès Seddiki, activiste à GHETT’UP ;Guillaume Dubois, photographe activiste Avant l’Orage ; Julie Paratian, productrice à Sister Productions ; Thomas Lacoste, réalisateur La Bande Passante ; Maître Laure Abramovitch, avocate chez Legiplanet Avocats ; Maître Jérôme Graefe, avocat au Barreau de Paris, Ecosystème Avocats ; Maître Claire Dujardin, avocate au barreau de Toulouse ; Maître Marion Ogier, avocate, Ligue des droits de l’Homme ; Dr Oscar Berglund, Senior Lecturer at Oxford University ; Sébastien Ybert, chef de projet à l’Ifremer ; Julian Carrey, enseignant-chercheur à l’INSA Toulouse ; Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS ; Vincent Devictor, directeur de recherche au CNRS ; Frédéric Briend, Enseignant-chercheur à l’Université de Tours ; Viviane Baladi, Directrice retraitée de recherches en mathématiques au CNRS ; Marc Odin, chargé de recherche au CNRS ; Marie-Alice Foujols, ingénieure de recherche au CNRS ; Juliette Bessette, maîtresse assistante à l’Université de Lausanne ; Agnès Ducharne, chercheuse en hydrologie au CNRS ; Stéphane Tonnelat, chercheur au CNRS ; Philippe Lesage, enseignant-chercheur en Sciences de la Terre, Université Savoie Mont-Blanc ; Hania Hamidi, secrétaire générale de l’UNEF ; Boris Plazzi, Secrétaire confédéral de la CGT ; Lawryn Remaud,co-porte-parole de Solidaires 85 ; Mathilde Peyrache, secrétaire départementale de l’Union Syndicale SUD Solidaires 44 ; Hervé Auguin, syndicaliste à Solidaires 79 ; Catherine Boissin, Syndicaliste à FSU et AES ; Jacques Nier, conseiller municipal Commune du Plateau des Petites Roches ; Roland Borghi, adjoint-maire, Membre du CEPURE Collectif d’élus pour l’utilisation du réseau existant; Bernard Boussard, citoyen habitant, La Voie Est Libre ; Jocelyn Moncomble, activiste à Action Justice Climat Lyon ; Patrick Gomes-Leal, activiste à Action Justice Climat Paris ; Mathieu Le Grand,formateur BTP, activiste à Stop Mine 87 ; Philippe Delhomme, activiste contre le 2ème Lyon-Turin, Vivre et Agir en Maurienne ;Carine Gros, activiste au Collectif Contre le Lyon-Turin Maurienne ; Martine Moraz, présidente de Vivre et Agir en Maurienne ; Nicolas Dufresne, auteur et activiste à Vivre et Agir en Maurienne ; Daniel Ibanez, Co-fondateur des Rencontres annuelles des lanceurs d’alerte ; Hélène Girard, citoyenne retraitée, Bassines Non Merci; Benoît de Cornulier, président de l’Eco-Festival Ca marche ; Lysiane Chupin, secrétaire du conseil d’administration d’APIEEE Chizé – Association de Protection d’informations et d’Etude de l’Eau et de l’Environnement ;Gérard Savoyve, trésorier de Vivre et Agir en Maurienne ; André Duplan, militant pour la défense de l’environnement contre le projet de deuxième Lyon-Turin à Vivre et Agir en Maurienne ; Nicole Benayoun, activiste contre la 2ème ligne ferroviaire Lyon-Turin ; Dominique Draperi, secrétaire adjointe de Vivre et Agir en Maurienne ; Marc Pascal, activiste justice sociale et écologie ; Annie Collombet, activiste à Vivre et Agir en Maurienne ; Olivier Martin, militant associatif et élu territorial ; Eric Cediey, directeur d’association ; Jef, retraité, Mouvement national de lutte pour l’environnement ; Danielle Buisson, citoyenne du Collectif Contre le Lyon-Turin Haute Maurienne ; Bernadette Velte, citoyenne activiste ; Claudie Lombardo, retraitée activiste ; Daniel Faudry, citoyen Le Grand Tetras ; Lucas Miguel, membre du collectif PFAS Contre Terre ; Véronique Nantes, enseignante à la retraite ; Jacques Bertoli, activiste au Jardin du Pâquier ; Marie Husson, militante, collectif Stop Bélénos ; Jacques Morisot, responsable d’association et citoyen.
