Analyse et perspectives à la suite de la réunion-débat à Nantes le 9 décembre 2009
Titre : Analyse et perspectives à la suite de la réunion-débat à Nantes le 9 décembre 2009.
Lieu : Nantes
Date : 2010-01-30
Campagne Urgence pour les libertés, urgence pour les droits : analyse et perspectives à la suite de la réunion-débat à Nantes le 9 décembre 2009.
La réunion-débat à Nantes a été une réussite dans le sens où le public était nombreux - environ 350 personnes. Le public avait de la « fraîcheur » ; l’écoute a été extrêmement attentive et les débats, qui se sont prolongés, de bonne qualité. La salle partageait un discours de Raison, une attitude faite de responsabilité, voire de gravité. Le public n’était pas le public de militants habituels ; un quart de la salle était un public jeune, un septième de la salle était des adhérents. On peut faire alors l’hypothèse que les thèmes de la campagne « parlent » à beaucoup.
On peut constater que la distribution du tract, qui inclut l’échange, a été payante. Nous avons distribué environ 15.000 tracts en des lieux nouveaux outre tous les lycées et facultés, beaucoup de salles de spectacle. Un nombre significatif de personnes sont venues également sur sollicitation d’adhérents ou même de sympathisants.
Le travail de communication n’explique pas tout. La présence régulière dans les médias locaux et aux manifestations sociales début 2009 et sur des sujets divers, avec la banderole ou drapeaux, et un travail inscrit dans le temps ont sans doute contribué au succès.
Nous avons certainement eu raison de mettre en parallèle lors de la conférence de presse locale les urgences soulignées au niveau national et les situations et combats locaux correspondants : droits sociaux, libertés, égale dignité pour tous…
Nous avons ressenti que les personnes présentes sont “orphelines” et à la recherche d’alternatives politiques globales. Nous avons alors certainement bien fait de reprendre sur le tract l’intégralité de l’appel national Urgence pour les libertés, Urgence pour les droits qui forme un tout en cohérence. La densité de cet appel a pu contribuer à convaincre des personnes, une par une, à se déplacer.
Cependant, une ombre à ce tableau : l’absence des associations et organisations amies, avec lesquelles nous agissons en permanence. Elles étaient invitées à rencontrer Jean-Pierre Dubois, avant la conférence, dans un lieu convivial. Aucune n’est venue, une seule s’est excusée. Certes, la Ligue peut continuer sa campagne et lui donner les prolongements qu’elle souhaite, mais à Nantes, nous avons une habitude de travail en commun dans les différents collectifs que nous trouvons payante. Par ailleurs, la proposition de la campagne est bien de réfléchir et d’agir ensemble. C’est pourquoi, il nous paraît important de trouver les moyens de continuer le dialogue et proposer à nos amis d’échanger sur la situation et nos modes d’action communs.
Participation et attitude des personnes présentes à la réunion-débat montrent qu’il y a des personnes et des forces disponibles dans ce pays pour déterminer des voies pour vivre ensemble plus libres, égaux et solidaires. Certaines sont sorties « ébranlées » de cette réunion-débat : ” quand on y réfléchit la situation est grave mais on peut en sortir…” Cet ensemble d’éléments montre qu’il est possible de retrouver une posture, une volonté positive et offensive qui dépasse la ou les résistances afin de réimposer les bases et les moyens d’une société respectueuse des libertés et des droits. La Ligue a un espace et une responsabilité particulière dans la situation. Notre positionnement d’association politique et généraliste est valide et aujourd’hui particulièrement utile et nécessaire.
Nous avons décidé de prolonger la campagne :
- aller à la rencontre et à l’échange avec les citoyen(ne)s et résident(e)s sur les thèmes de la campagne par la tenue de tables et interpellation sur un marché de quartier et dans la rue en ville un samedi avec les « 4 pages » et un questionnaire de quelques lignes pour amorcer la discussion ;
- organiser un café des droits de l’Homme, à la fac, peut-être ;
- écrire à chaque organisation syndicale et leur proposer de se rencontrer ;
- inviter les associations et organisations qui défendent les libertés et droits sociaux à une rencontre autour de 3 questions : égale dignité pour tous, respect des droits économiques et sociaux, respect des libertés. Il faudra peut-être prévoir 3 réunions ;
- écrire à chaque parti politique et leur proposer une rencontre.
A noter également l’idée à moyen terme d’une fête pour l’égalité et les solidarités.
Perspectives :
Il faut sortir de la segmentation de la société et des luttes, faire prendre conscience de la gravité de cette situation, informer, retrouver le refus de l’inacceptable ? Comment est-il possible que le progrès des droits sociaux ne soit plus « majoritaire » ?
Nous devons inventer pour la société civile une façon d’intervenir dans le champ politique tout en restant dans le champ associatif. La société civile doit « imposer » la volonté générale. Re-problématiser, re-politiser… Face aux contre-réformes, identifier des propositions alternatives clefs. Réimposer l’idée, face et dans la mondialisation, que la Politique peut et doit être aux commandes.
Nous sommes contraints de déterminer ensemble des alternatives sur toutes les questions importantes aujourd’hui donc sur le champ divers des libertés, des droits, de la démocratie, de l’urgence climatique… afin de répondre à l’essentiel des préoccupations, de satisfaire le plus grand nombre et être capable alors de rassembler largement. Il ne s’agit bien évidemment pas de faire un nouveau Collectif.
La Ligue doit rester humble. Elle n’est pas une “organisation de masse” qui pourrait parler pour les citoyen(ne)s et résident(e)s et sans les autres organisations. Pour autant, la Ligue peut être incitative pour que tous se retrouvent dans leur diversité et en gardant leur spécificité.
Un “Pacte pour la citoyenneté et les droits” doit pour pouvoir peser, rassembler très largement un arc de forces de la société civile.
S’agissant de l’élaboration avec les autres organisations, il faut de manière franche et ouverte formuler que nous proposons de débattre sans a priori et largement, de penser ensemble un autre chemin non pas sur nos propositions pour les droits et les libertés mais à partir des propositions de tous et de chacun. Nous pourrions dire : on se voit dans les combats de chaque jour, les collectifs se multiplient, nous avons des objectifs communs, pourrions-nous nous rencontrer autrement ?
Pour l’immédiat, compte tenu des délais, il semble difficile avant les élections régionales d’identifier des propositions et plus encore de déterminer avec d’autres les contenus d’un éventuel “Pacte”. Pour autant, et pour souligner que nous sommes bien dans l’interpellation du Politique, nous pouvons nous saisir de cette échéance pour proposer aux organisations avec lesquelles nous travaillons et d’autres de faire valoir ensemble des priorités et de voir avec elles, ce qu’elles en pensent.
Il nous faut sortir ensemble de la situation actuelle avec un corps d’exigences alternatives qu’il s’agira de populariser et de confronter à la population afin d’ouvrir un espace commun de parole politique et amener les forces politiques, candidats et partis à en débattre et à s’engager.


