Pourquoi faire campagne ?
Où sont passées nos libertés ?
En vingt ans, le nombre de détenus, la durée des peines, le nombre des gardes à vue ont doublé. Le chef des gamins de « La guerre des boutons » passerait aujourd’hui trois mois en prison. Un enfant de six ans se fait arrêter devant son école sur un simple soupçon à l’insu de ses parents. Le tout pénal, le détournement de la police au mépris de nos libertés, c’est la société de l’enfermement et de l’arbitraire.
Qu’en est-il de la justice?
Au nom de la peur - insécurité, terrorisme, violences urbaine, choc des civilisations, malades mentaux, pédophiles, jeunesse et habitants des quartiers pauvres - le gouvernement fait reculer les libertés, et toutes ces mesures sont autant de « réformes contre ». Chacun d’entre nous, citoyen ou professionnel, est sommé de contribuer à cette surveillance généralisée. C’est la société du chacun pour soi, du fichage et du soupçon, du tous contre tous.
Que devient l’égalité ?
Au nom de la marchandisation et de la concurrence généralisée, les droits sociaux reculent, les services publics sont remis en cause. Alors que la France est plus riche qu’il y a vingt ans, chômage, exclusions, inégalités et discriminations ravagent le corps social. Travailler, se nourrir, se loger, se soigner, accéder à l’éducation et à la culture : autant de droits fondamentaux niés par de formidables concentrations d’argent, de pouvoirs et de privilèges.
Rien de tout cela n’est fatal !
Rien ne nous condamne à subir l’injustice, à craindre l’avenir, à nous méfier les uns des autres. En France comme en Europe, des forces associatives, sociales et politiques partagent la conviction qu’il n’est de société que solidaire. Ces forces sont diverses, divisées parfois, mais peuvent se rassembler autour des mêmes valeurs d’humanité. Il est temps d’en débattre ensemble, pour bâtir une société de solidarité.
Parce que nous voulons
• la protection de la vie privée et des libertés, non la surveillance généralisée,
• une justice indépendante, une police républicaine au service de la sûreté de tous, non la gestion policière de l’ordre social érigée en garantie de l’impunité de l’Etat
• le respect de la dignité de tous, non la chasse aux étrangers et aux « différents »,
• l’effectivité des droits sociaux, non la régression sociale et la précarité,
• la séparation des pouvoirs et le contrôle citoyen des gouvernants, non la monarchie élective et la main mise sur toutes les institutions
Parce que nous revendiquons
une conception du politique qui, au lieu de se nourrir de la peur et de la fragmentation sociale, place au cœur de l’éthique démocratique les libertés individuelles et collectives et la construction de nouvelles solidarités
La Ligue des droits de l’Homme invite les citoyennes et les citoyens, leurs associations, organisations syndicales et politiques, à en débattre largement. A penser ensemble un autre chemin vers un avenir plus humain, plus juste et plus solidaire.
C’est parce que nous disons NON à une société de surveillance, de discriminations et d’exclusion, que nous disons OUI à une société de libertés, d’égalité sociale et de solidarités.



