Objection 2

« L’extension de ce droit aux étrangers remettrait en cause « un des derniers fondement de notre modèle républicain » (pétition UNI/UMP)

Faux : le « modèle républicain » invoqué par l’UMP est en perpétuelle évolution pour s’adapter aux transformations de notre société.

Il faut rappeler

– que jusqu’en 1848 le droit de vote n’était autorisé qu’aux hommes payant un minimum d’impôt (appelé Cens d’où le nom de vote censitaire),

– que le 5 mars 1848 la République adopta certes le suffrage universel réservé au nationaux mais seuls les hommes âgés de 21 ans au moins pouvaient voter,

– qu’il faudra attendre l’ordonnance du 21 avril 1944 pour que les femmes aient le droit de vote qu’elles exerceront pour la première fois en avril 1945 à l’occasion d’élections municipales,

– que les militaires n’auront le droit de vote qu’à partir du 17 août 1945,

– que les jeunes de plus de 18 ans n’auront ce droit qu’en 1974

– et surtout que le traité de Maastricht de 1992 a donné le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales et européennes aux étrangers membres de l’Union Européenne.

Il faut rappeler également que la constitution de 1793 accordait le droit de vote à tous les hommes âgés de 21 ans et, dans certaines conditions, la citoyenneté (et le droit de vote) aux étrangers comme le précisait son Article 4 : « Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année – Y vit de son travail – Ou acquiert une propriété – Ou épouse une française – Ou adopte un enfant – Ou nourrit un vieillard ; – Tout étranger enfin, qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité – Est admis à l’exercice des droits de citoyen français ».

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