Objection 9

« Pourquoi donner le droit de vote à ceux qui haïssent la France, qui détestent la laïcité, qui refusent nos lois … » (Christian Estrosi / UMP)

La privation des droits civiques, définis à l’article 131-26 du Code pénal qui intègre le droit de vote et d’éligibilité, peut-être prononcée par une juridiction lors d’un procès pour crime ou délit. Le droit encadre donc l’exercice des droits civiques, mais les propos de Christian Estrosi visent une population qui n’a pas encore ces droits et qui, par amalgame xénophobe, est associée dans une appartenance de sentiments (haïr), d’idées (détestent la laïcité) ou de pratiques (refusent nos lois).

Il s’agit bien sûr des étrangers non européens réduits ainsi, par un essentialisme bête et raciste, à une identité commune comme s’ils venaient en France non pour y trouver paix et travail, mais pour haïr leur pays d’accueil, s’opposer au principe de laïcité et refuser ses lois.

Il faudrait rappeler que nombreux ont été celles et ceux (français ou non) qui ont lutté contre les orientations politiques, voire les lois de notre pays, et parfois accusés de « haïr » leur pays. Comme celles et ceux qui se sont battus contre les lois racistes et antisémitiques en 1940, celles et ceux qui se sont battus contre la politique coloniale, contre la guerre d’Algérie, pour l’égalité de droit des étrangers dans les années 1970 et, plus récemment, contre les politiques racistes et discriminatoires à l’égard des Roms, des étranger(e)s, des homosexuel(le)s.

Il faudrait rappeler que ceux qui s’opposent ici aux principes de laïcité sont les intégristes, quelle que soit leur religion et quelle que soit leur nationalité, qui ont pour point commun de dénigrer tous droits aux femmes et, plus généralement, de réduire la liberté d’expression et la démocratie.

Il est prouvé que les étrangers ne respectent pas moins les lois que les nationaux. Seuls les tribunaux ont le pouvoir de priver de leurs droits civiques les citoyens jugés pour un crime ou un délit.

Retour