Objection 8

« Si on donne le droit de vote aux étrangers, il y a un risque de vote ‘communautariste’ » (UMP)

C’est un argument qui revient régulièrement de la part de ceux qui dénoncent « l’envahissement » des étrangers. Sur ce point d’ailleurs la France n’est pas le pays (loin de là) qui accueille le plus d’étrangers en proportion de sa population même si depuis 150 ans notre pays se caractérise globalement par une tradition d’accueil et d’immigration.

Le « risque communautariste » est infirmé par les études réalisées dans les pays où le droit de vote a déjà été donné aux étrangers (Belgique, Suède, notamment). De même en France une étude menée par un chercheur, Vincent Tibéri, démontre que le vote des français issus de l’immigration est identique à l’ensemble de leurs concitoyens, c’est à dire qu’ils votent en fonction de leur place sociale, de leur histoire personnelle ou familiale, bref ce que des sociologues définissaient il y a plusieurs années comme « le vote de classe ».

A l’inverse, on développe le communautarisme quand on exclut une partie de la population et qu’on lui refuse de participer aux prises de décisions qui la concernent.

On doit rappeler que ce même risque communautariste avait été régulièrement invoqué par des députés lors des débats à la Chambre dans les années 1920 et 1930 à propos du droit de vote des femmes soit à toutes les élections, soit aux seules élections locales. Des députés (notamment radicaux-socialistes) se refusaient alors de voter pour ce droit au motif que les femmes seraient trop sensibles aux consignes de l’Église catholique. Il aura fallu attendre l’ordonnance du 21 avril 1944 du Conseil national de la Résistance pour que le droit de vote plein et entier soit enfin accordé aux femmes. Depuis aucune étude n’a démontré une particularité du vote des femmes. Qui aujourd’hui oserait remettre en cause ce droit ?

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