IVG

En cette année 2010 qui marque à la fois les 100 ans de la journée mondiale pour le droit des femmes et les 40 ans du Mouvement de Libération de la Femme, l’accès à l’IVG est menacé. A Paris, en province, des centres d’IVG ferment, des médecins, des infirmières ne sont pas remplacés, des moyens sont supprimés.

Depuis 1987, la moitié des maternités françaises ont été fermées et avec elles leur activité d’IVG.

A Orléans, le centre de planification ferme !

Il n’y aura plus d’accompagnement pour les femmes venant faire leur IVG. Le Conseil Général du Loiret a dénoncé la convention qui le liait au Centre hospitalier Régional d’Orléans pour la partie planification et éducation familiale ce qui entraîne le démantèlement de la prise en charge des IVG et une absence d’accompagnement et de prévention sur place. Et il semble que le cas d’Orléans ne soit pas isolé : le personnel de planification des centres IVG qui est subventionné par les conseils généraux disparaisse au profit d’autres structures en ville… ce qui va à l’encontre de la prise en charge globale dans les centres IVG. On va demander aux hôpitaux de faire des IVG en nombre sans prise en charge particulière, et aux centres de planification à l’extérieur de l’hôpital de faire de l’information sur la contraception et les IVG médicamenteuses.  Cela ne va pas dans le sens d’une meilleure qualité !

En région parisienne, alors que les délais d’attente pour un avortement en Ile de France sont déjà de 3 semaines et que plus de la moitié des IVG sont réalisées dans le secteur privé, secteur qui ne respecte pas toujours les tarifs réglementaires et refuse parfois de prendre en charge les mineures ou les étrangères sans papiers, l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris a décidé, pour des raisons économiques de fermer plusieurs structures IVG depuis l’an dernier.

On voit bien que la principale menace contre le droit à l’avortement ne vient plus des traditionnels opposants religieux mais bel et bien du démantèlement de l’hôpital public.

La France s’est dotée d’une base juridique avec la loi du 30 septembre 1979 qui impose notamment « l’obligation hospitalière » : chaque hôpital public doit créer une structure pour pratiquer les Interruptions Volontaires de Grossesse y compris en cas d’opposition du chef de service de gynécologie. Hélas, aucune sanction n’est prévue pour les hôpitaux récalcitrants.

Donc nous avons un socle législatif égalitaire, favorable à la maîtrise de leur corps par les femmes, en matière de contraception et d’avortement. Le problème est l’écart entre les principes affirmés par la loi et leur application dans la réalité.

Cet écart qui se creuse depuis plusieurs années, est en train de s’aggraver. Dans un contexte d’économies budgétaires et de déficit de la Sécurité Sociale, le choix fait par le gouvernement est celui de la fermeture de services hospitaliers considérés comme non rentables, aux dépens des patients et du service public.

L’IVG fait partie de ces actes médicaux ni gratifiants pour les médecins, ni rentables. Il est de plus en plus difficile d’obtenir une consultation dans des délais qui sont impératifs, auprès d’un service hospitalier qui la pratique : les femmes sont de plus en plus nombreuses à devoir partir à l’étranger pour se faire avorter, comme à une époque qu’on pouvait espérer révolue.

Ce processus de dégradation répond autant à des objectifs idéologiques qu’économiques. C’est la liberté des femmes de décider d’avoir ou non des enfants qui est remise en cause.

Parce que l’avortement est un droit humain, la Ligues des Droits de l”Homme demande le maintien des structures existantes et l’ouverture de nouveaux lieux dédiés à l’avortement, pour une véritable égalité d’accès pour toutes par une offre de proximité partout en France.