Incendie de la salle de prières musulmanes à Loudéac (22) : communiqué de la section LDH

Communiqué de la section Loudéac centre Bretagne de la Ligue des droits de l’Homme, transmis à la presse lundi 30 novembre :

Une tentative d’incendie a été perpétrée contre la salle de prières de l’association culturelle des musulmans de Loudéac, dans la nuit de samedi à dimanche.

Pour le moment, cet acte inqualifiable n’a pas été revendiqué. Cependant, qu’il s’agisse de l’acte d’un irresponsable, ou d’une action clairement islamophobe, il traduit l’ambiance délétère qui règne en ce moment dans le pays. Ambiance efficacement alimentée par des politiciens sans scrupules  qui diffusent et entretiennent les idées racistes et xénophobes. On ne peut évidemment pas s’empêcher de faire le rapprochement entre cette tentative d’incendie et le tabassage, le 14 novembre (lendemain des attentats) d’un homme à Pontivy, perpétré par des militants identitaires qui participaient à une manifestation organisée par l’extrême droite bretonne.

La ligue des droits de l’Homme est naturellement scandalisée par ces événements, et poursuivra sans relâche son travail de pédagogie, notamment auprès des jeunes, pour éradiquer ces idées. Elle apporte tout son soutien aux personnes victimes de ces agressions.

 

Nous ne céderons pas : l’appel de 68 associations

Nous ne céderons pas : l’appel est lancé, pour le moment (la liste n’est pas close), par 68 associations. Un appel qui met le doigt sur le danger que court la démocratie dans cette période où la peur (souvent provoquée par les politiques, de tous bords, qui espèrent en tirer bénéfice) sert d’alibi pour saper les fondements de la démocratie, en s’attaquant aux libertés fondamentales. Provisoirement, disent-ils. On connaît bien des mesures provisoires qui durent encore…

Cet appel prouve que, si elle est menacée, la démocratie est bien vivante, et que ses partisans ne sont pas prêts à la brader. Il est finalement une preuve de sa bonne santé.

Certes, il faut faire preuve de courage politique pour ne pas céder aux sirènes des extrémistes de droite qui distillent le venin contagieux. On est en droit de l’exiger des responsables politiques.

Une dernière chose. Il faut lire attentivement la liste des signataires de cet appel. Elle est réconfortante.

Nous ne céderons pas

Ceux qui, au nom de Daech, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à ces actes et à celles déjà mises en œuvre.

C’est la démocratie qui est mise à mal quand le Parlement est appelé à délibérer d’un jour à l’autre, sous la pression de l’émotion et les assauts de démagogie de responsables politiques qui cultivent la peur.

Après la prorogation de l’état d’urgence et l’extension des pouvoirs de police, d’autres mesures sont encore annoncées par le président de la République.

Il nous paraît essentiel de rappeler que rien ne doit nous faire sortir de l’Etat de droit et nous priver de nos libertés. L’état d’urgence ne peut devenir un état permanent et les conditions de sa mise en œuvre ne sauraient entraver la démocratie sociale, l’exercice de la citoyenneté et le débat public.

Depuis 1986, les lois accordant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, organisant une justice d’exception et restreignant nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme, s’empilent. L’adoption d’autres dispositifs législatifs, y compris d’ordre constitutionnel, exige de poser la question de leur efficacité et de l’atteinte supplémentaire aux libertés qu’ils constituent. Avant de modifier la loi et de conférer à l’Etat des pouvoirs accrus, il faut que celui-ci s’interroge sur ce qui n’a pas permis d’éviter une telle abomination. La réponse des autorités se veut martiale, elle n’est pas une assurance de sécurité et ne garantit en rien le respect de nos libertés.

Vouloir priver de leur nationalité jusqu’aux personnes nées françaises, c’est délivrer une nouvelle fois le message d’une France divisée. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l’indispensable engagement de l’Etat en faveur de l’égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d’exclusion que vit toute une partie de notre peuple. Il donne ainsi un peu plus corps à la stigmatisation croissante qui s’exerce mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous voulons que ces dramatiques événements soient, au contraire, l’occasion de construire un autre chemin que celui qui nous est proposé. Un chemin qui refuse de désigner des boucs émissaires et qui refuse que la France soit en guerre contre elle-même. Un chemin qui donne à la paix et à l’égalité des droits toute leur place et qui s’engage en faveur d’une France solidaire, ouverte à l’autre, accueillante, libre et fraternelle.

Pour nos libertés, pour une société où la fraternité a toute sa place, nous ne céderons pas à la peur dans laquelle veulent nous faire vivre ceux et celles qui font de la mort leur raison de vivre.

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et à lutter contre toute forme de racisme. Nous appelons aussi à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’information, d’expression, de manifestation et de réunion. Nos organisations construiront, partout en France, ces lieux qui nous permettront de débattre et nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

Premiers signataires :

  1. AFD International,
  2. Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda),
  3. Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort),
  4. Association des Marocains en France (AMF),
  5. Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF),
  6. Association des Tunisiens en France (ATF),
  7. Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip),
  8. Association française des juristes démocrates (AFJD),
  9. Association France Palestine solidarité (AFPS),
  10. Association Grèce France Résistance,
  11. Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA),
  12. Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM),
  13. Associations démocratiques des Tunisiens en France (ADTF),
  14. Attac,
  15. Cadac,
  16. Cedetim,
  17. Confédération générale du travail (CGT),
  18. Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal),
  19. Collectif national pour les droits des femmes (CNDF),
  20. Collectif 3C,
  21. Collectif des 39,
  22. Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE),
  23. Comité pour le développement et le patrimoine (CDP),
  24. Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT),
  25. Commission islam et laïcité,
  26. Confédération syndicale des familles (CSF),
  27. Collectif des musulmans de France (CMF),
  28. Coordination des collectifs AC !,
  29. Droit au logement (Dal),
  30. Droit solidarité,
  31. Droits devant !!,
  32. Emmaüs France,
  33. Emmaüs International,
  34. Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR),
  35. Fédération nationale de la Libre pensée,
  36. Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH),
  37. Filles et fils de la République (FFR),
  38. Fondation Copernic,
  39. Fédération syndicale unitaire (FSU),
  40. Genepi,
  41. Ipam,
  42. La Cimade,
  43. La Quadrature du Net,
  44. Le Mouvement de la paix,
  45. Ligue des droits de l’Homme (LDH),
  46. Le Gisti,
  47. Les Amoureux au ban public,
  48. Les Céméa,
  49. Maison des potes,
  50. Mamans toutes égales (MTE),
  51. Médecins du monde,
  52. Mrap,
  53. OIP – section française,
  54. Organisation de femmes égalité,
  55. Planning familial,
  56. Réseau éducation sans frontières (RESF),
  57. Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC),
  58. Réseau Euromed France (REF),
  59. SNPES-PJJ/FSU, Snuclias-FSU,
  60. Syndicat des avocats de France (Saf),
  61. Syndicat national des journalistes (SNJ),
  62. SNJ-CGT,
  63. Unef,
  64. Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit),
  65. Union juive française pour la paix (UJFP),
  66. Union nationale lycéenne (UNL),
  67. Union syndicale de la psychiatrie (USP),
  68. Union syndicale Solidaires

La leçon de morale donnée à Mme Morano par un jeune Français d’origine sénégalaise

Seydi Diamil Niane est un jeune Français d’origine sénégalais, doctorant en islamologie à l’université de Strasbourg. Les propos infâme prononcés par Mme Morano dans l’émission « On n’est pas couché », la semaine dernière, l’ont profondément choqué. Il a donc écrit une lettre ouverte à la femme politique qui nous a depuis longtemps habitués à ses saillies composées essentiellement d’inepties, de grossièretés, de mensonges, le plus souvent teintés de xénophobie et de racisme, et toujours d’une vulgarité inégalable. On peut lire le texte d’intégral de sa lettre ici.

Un passage de cette lettre nous interpelle particulièrement à la veille du bistrot de l’histoire consacré au massacre de tirailleurs sénégalais par l’armée française, en 1945 à Thiaroye : Seydi Diamil Niane met en parallèle ce drame dont  la France peine à reconnaître la responsabilité et les propos de Mme Morano. Les voici :

« (…) Moi aussi je peux vous parler des centaines de Charlie Hebdo. Je ne vous parlerai ni de Sétif, ni du bombardement de Haiphong en décembre 1946, ni des massacres en Côte d’ivoire entre 1949 et 1950 (mais vous pouvez vous référer à l’ouvrage de Yves Benot, Massacres coloniaux.). Non madame, je vais vous parler d’un petit fait divers que vous pourrez lire à la page 77 de l’ouvrage de Benot que je viens de citer : « Il s’agissait là de tirailleurs sénégalais libérés des camps de prisonniers de guerre allemands, et démobilisés. Débarqués le 21 novembre à Dakar, ils avaient été rassemblés au camp de Thiaroy, à quelques kilomètres de la capitale. Mais ils attendaient de recevoir les arriérés de leur solde et de pouvoir échanger leurs marks. En France, malgré leurs réclamations, on leur a refusé sous divers prétextes […] C’en était trop. Les tirailleurs protestèrent, manifestèrent sans doute. Aussitôt l’armée française intervint et ouvrit le feu. Combien de morts ? 25, 30, 60, ou plus ? En tout cas, encore un massacre, aisé de surplus puisque les tirailleurs n’avaient pas d’armes »

 Si je vous fais part de cette petite histoire, ce n’est pas pour banaliser le drame qu’a connu Charlie Hebdo. Mais je tenais juste à vous dire que de la même façon qu’aucun descendant des tirailleurs ne fait d’amalgame entre le peuple français et l’armée qui a massacré leurs ancêtres, ayez cette même intelligence et arrêtez de perpétuer votre amalgame insupportable. (…) ».

En quelques phrases, Sydi Diamil Niane montre l’actualité de ce drame, et l’importance qu’il y à à empêcher qu’il sombre dans l’oubli. Raison de plus pour assister au Bistrot de l’histoire, ce vendredi 2 octobre à partir de 18h à la salle des fêtes de Trévé ! Lire ici pour en savoir plus.

 

 

Vincent Lambert : la cour européenne des droits de l’Homme donne raison au conseil d’Etat

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a enfin rendu son arrêt sur l’arrêt des soins qui maintiennent artificiellement Vincent Lambert en vie depuis des années. Après avoir épuisé toutes les procédures possibles, la dernière  étant le conseil d’Etat, les parents du jeune homme, rendu tétraplégique par un accident de la route en 2008, s’étaient adressés en dernier recours à la cour européenne, qui a aujourd’hui rendu public son arrêt : « par 12 voix contre 5 », la cour a estimé « qu’il n’y aurait pas violation de l’article 2 [de la convention européenne des droits de l’homme, régissant le droit à la vie, ndlr] en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’Etat autorisant l’arrêt des soins». Cette décision peut donc s’appliquer (Source, Libération).

L’hôpital de Reims peut donc désormais accéder aux soins du jeune homme, qui, victime de lésions cérébrales irréversibles, est dans un état végétatif depuis son accident. Son épouse a, pendant tout ce temps, lutté avec dignité pour que la volonté de son mari soit respectée, contre l’avis des parents de celui-ci : catholiques intégristes, ils considèrent que l’arrêt des soins serait un assassinat.

Les médecins de l’hôpital de Reims craint la réaction des milieux intégristes. À juste raison : ils ont souvent montré le peu de respect qu’ils vouent à la démocratie, faisant comme si la France était une théocratie, et n’hésitant pas à user de la violence. Ce qui se produit régulièrement au sujet du droit à l’avortement qu’ils rêvent de supprimer. On les a également vus à l’œuvre au moment du vote de la loi sur le mariage ouvert aux couples de même sexe.

 

Boris Le Lay condamné à 6 mois de prison ferme

Le marchand de galettes de Rosporden vient d’être à nouveau condamné, hier, jeudi 28 mai. Cette fois, les juges ont tapé plus fort : outre 8000€ de dommages et intérêts qu’il devra verser à une de ses cibles favorites, le sonneur Yannick Martin, qu’il a insulté et à qui il a proféré menaces et insultes racistes à de multiples reprises, Boris Le Lay a été condamné à 6 mois de prison ferme ( Il a déjà été condamné il y a quelques mois à un mois de prison ferme). Cette somme s’ajoute aux quelques milliers d’euro d’amendes et de dommages et intérêts auxquels la justice l’a condamné au cours des sept procès menés contre lui.

À l’issue d’un de ces procès, le pauvre Boris avait lancé un appel au peuple pour payer ses amendes et ses avocats. Il va pouvoir organiser un nouveau laython ! D’autant plus que d’autres affaires attendent d’être jugées.

Comme d’habitude, le courageux Le Lay n’a pas daigné se présenter à son procès, et curieusement, il n’en dit pas un mot sur son blog, alors que d’habitude il y tire gloire de ses condamnations.

Congrès du Mans : le rapport moral de Pierre Tartakowsky, président sortant

Pierre Tartakowsky a présenté, dimanche 24 mai, devant le congrès de la Ligue des droits de l’Homme au Mans, son dernier rapport moral. Dernier, puisqu’il ne se représentait pas à son poste ; il est d’ailleurs devenu Président d’honneur de la LDH.

Vous trouverez ci-dessous la vidéo de sa présentation du rapport moral, le communiqué publié par la Ligue à l’issue du congrès, puis le texte intégral de ce rapport moral.

httpv://youtu.be/8BXMxJfs4QI

Communiqué LDH

Du 23 au 25 mai 2015, la Ligue des droits de l’Homme a réuni ses délégués, représentant les sections, fédérations et comités régionaux, lors de son 88e congrès national, au Mans.

Le délégué régional des Pays-de-la-Loire, Antoine Boutet, le conseiller départemental de la Sarthe, Daniel Chevalier, la députée de la Sarthe, Marietta Karamanli, le premier vice-président du conseil régional des Pays-de-la-Loire, Christophe Clergeau, l’adjointe au maire du Mans, déléguée à l’Egalité, Marlène Schiappa, ont montré leur attachement à la défense des droits.

La LDH a mis à l’honneur un combat victorieux de défense des droits en recevant Fatou Doumbia et Aminata Soumaoro (lire et voir ici), représentantes du « 57 boulevard Strasbourg ». Le congrès a également eu l’honneur d’accueillir Lassana Bathily, héros de l’hyper-casher de Vincennes en janvier 2015 (lire et voir ici).

Michel Tubiana, président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme, Dominique Guibert, président de l’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme, Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme, ont rappelé l’importance de la mondialisation de tous les droits, partout et pour tous.

Le congrès a adopté quatre résolutions :

  • « SOUTENIR LES DROITS DU PEUPLE PALESTINIEN »
  • « RASSEMBLER POUR UN AVENIR SOLIDAIRE »
  • « RELEVER TOUS LES DÉFIS LANCÉS À LA DÉMOCRATIE »
  •  « RÉINTÉGRONS LES FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE, MUTINS, ENGAGÉS ÉTRANGERS ET SOLDATS COLONIAUX DANS LA MÉMOIRE COLLECTIVE »

Le RAPPORT MORAL, le RAPPORT D’ACTIVITÉ et le RAPPORT FINANCIER ont été adoptés par une forte majorité des délégué-e-s des sections.

A l’issue du congrès, le Comité central renouvelé a élu le Bureau national. Françoise Dumont a été élue présidente de la LDH. Nadia Doghramadjian, Jacques Montacié sont vice-présidents ; Jean-François Mignard est secrétaire général ; Martine Cocquet, André Déchot, Emmanuelle Fourneyron et Clémence Nowak sont secrétaires généraux adjoints. Jean-Marc Dousse est trésorier national. Françoise Castex, Nadja Djerrah, Alain Esmery, Michel Savy, Mylène Stambouli, Jan Robert Suesser sont membres du Bureau national. Pierre Tartakowsky est désormais président d’honneur.

Le Mans, le 25 mai 2015

Rapport moral de Pierre Tartakowsky

En introduction à nos débats du congrès de Niort, nous avancions l’idée que « les temps à venir s’annonçaient difficiles ». De fait, les deux dernières années ont été dominées par un désenchantement social et démocratique, par la montée des haines et des périls, par une vaste offensive sécuritaire.

Cette triste trilogie caractérise toujours notre présent. Elle s’est exacerbée après les attentats terroristes que nous avons connus, de Toulouse à Créteil et singulièrement après la série sanglante de janvier dernier. Car comme le dit sentencieusement maître Yoda dans La Guerre des étoiles – avec une sagesse qui doit beaucoup à Averroés –, « La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine est le chemin vers le côté obscur ».

Le côté obscur, nous y sommes ! Point n’est besoin d’assimiler Manuel Valls à Dark Vador pour réaliser que ses contre-attaques conduisent la démocratie dans un trou noir. Dans la toute dernière période, dans un monde de plus en plus instable et complexe, nous avons vu surgir en France la loi antiterroriste qui précède les attentats de janvier ; le retrait du délit d’apologie du terrorisme de la loi de 1881 sur la presse, puis le retrait de cette même loi du délit de racisme, au risque de grandes confusions dans le débat public ; puis la loi sur le renseignement, qui accorde des pouvoirs panoptiques sans précédents au Premier ministre ; le fichier stade qui se proposait – avant que nous ne saisissions le Conseil d’Etat – de ficher les supporters, mineurs compris, et d’en confier la gestion à une personne morale privée ; la loi sur les étrangers ouvrant droit à l’utilisation du numéro d’immatriculation de la sécurité sociale et donc au croisement de fichiers. Même le plan antiracisme, dont il faut se féliciter qu’il existe enfin, est marqué de cet état d’esprit : exigeant vis-à-vis des jeunes mais parfaitement aveugle aux effets des politiques gouvernementales.

Oui, la dernière période a été « difficile » et dès le lendemain de notre congrès de Niort ; nous y avons fait face, en nous mobilisant face au désenchantement démocratique, face aux idéologies de haine, qu’elles soient portées par l’extrême droite ou la droite extrême, pour la défense des libertés, en privilégiant, en toutes occasions des contre-offensives unitaires.

Il nous revient aujourd’hui d’évaluer la façon dont nous avons porté nos valeurs, ce que nous entendons poursuivre ou changer dans nos orientations, dans nos modes d’actions pour défendre et promouvoir les droits, les libertés, la citoyenneté. C’est l’objet de ce rapport moral d’y contribuer.

Parce que ces deux années ont été particulièrement riches et qu’il serait impossible d’en retracer ici la chronologie politique, parce que cette réflexion a été largement développée dans le rapport moral soumis en amont du congrès à votre appréciation, je me focaliserai sur quelques aspects essentiels, en essayant de dégager ce qui peut nous aider, collectivement, à nous projeter dans l’avenir.

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Pour le dire vite ces deux années ont vu la question du changement renvoyée à la périphérie du débat politique français alors qu’elle aurait dû en être le cœur ardent.

Nous avions à Niort appelé à un renouveau démocratique en soulignant alors « dans les processus en cours, la démocratie apparaît partout comme l’enjeu central de convulsions dont l’issue n’est écrite nulle part. » Nous insistions : « Cela exige le courage de la conviction ».

De réforme remise en réforme dénaturée, l’espoir a laissé place au désenchantement puis au désaveu, puis à un sentiment d’impuissance généralisée, sorte de répudiation non dite des attentes populaires. Cela s’est vérifié au plan démocratique et institutionnel, au plan de la justice fiscale ; sur les champs majeurs de l’emploi, du logement, des services publics, des territoires ; cela s’est vérifié enfin dans la conduite du débat public et pour les thèmes portés par la Ligue des droits de l’Homme, tels que le droit de vote des résidents non européens, le récépissé du contrôle d’identité, le retour à l’ordonnance de 1945 concernant la justice des mineurs, de la représentation démocratique, un traitement digne des populations roms, l’asile…

Cette « mal démocratie », corrélée avec l’interminable et nauséeux feuilleton des scandales, a nourri une délégitimation de fait des institutions représentatives, l’abstentionnisme qui en découle, des conflits territoriaux d’autant plus violents que présentés sans alternative ni issue, l’émergence enfin d’une extrême droite non seulement décomplexée mais médiatiquement installée – c’est le comble – en situation de magistère républicain ! La nomination de Manuel Valls comme Premier ministre en mars 2014, suite à la défaite des municipales, puis la constitution de Valls II, ont contribué à faire système des traits sécuritaire et austère de la période précédente.

La LDH, durant toute cette période, a orienté toute son activité pour que les espoirs de changement en faveur des droits et des libertés se concrétisent ; elle a travaillé autour des arbitrages politiques, en critiquant sans concession les dérives, atermoiements et orientations qui méritaient de l’être, tout en défendant ses propositions de renouveau démocratique.

Elle est intervenue sur une multitude d’enjeux stratégiques : droits des étrangers, égalité femmes-hommes, défense des mineurs isolés étrangers, pour la réhabilitation des fusillés de la Grande Guerre, contre les discriminations, pour le développement durable… Elle a agi en toute indépendance des pouvoirs et des partis, tout en s’essayant à inscrire cette richesse thématique dans la perspective d’une réponse aux défis identifiés par elle comme majeurs, appelant l’élaboration d’alternatives.

Ces efforts se sont développés dans un contexte marqué par le paradigme de l’austérité et de son cortège d’injustices, de discriminations et d’exclusions, lesquels ont largement contribué à structurer une vision gestionnaire de la politique et à brouiller tout espoir de lendemains meilleurs.

Notre activité s’est logiquement déployé autour de trois axes, surplombant sa « besogne quotidienne » : la défense des libertés ; la résistance à l’extrême droite ; la mise en convergence des forces antiracistes avec, dans le contexte des attentats terroristes, la défense de la laïcité. Mêlés et entremêlés dans la vie politique, ces axes constituent plus que jamais notre horizon collectif d’intervention.

Il est aussi frappant qu’inquiétant de mesurer à quel point nous avons dû batailler sur le front des libertés. Face aux interdits d’Etat, face également à des tentatives de censure émanant de la société elle-même. Il s’agit là d’un indice de dégradation du débat démocratique et de la capacité de notre société à débattre autrement qu’en termes autoritaires.

C’est éclatant sur le champ des représentations culturelles. Dans ce domaine, la LDH a pu s’appuyer sur le travail remarquable de son Observatoire de la liberté de création et, ainsi, faire pièce aux agressions, qu’il s’agisse de celles des « cathos tradis » contre la pièce Golgotha Picnic ou d’associations convoquant l’antiracisme sur des bases communautaires pour exiger la déprogrammation d’ « Exhibit B ».

La provocation antisémite de Dieudonné et ce qui s’ensuit s’inscrivent dans ce cadre de façon spectaculaire, puisque le gouvernement y joue un rôle central. Manuel Valls frappe en effet son spectacle d’une mesure d’interdiction préalable. Il lui confère, ce faisant, une énorme visibilité, décuple l’intérêt et la sympathie à son égard, et introduit une dangereuse régression juridique en instituant un interdit a priori et non une sanction a posteriori. Alors que le gouvernement spécule sur le caractère ignoble de l’antisémitisme véhiculé par Dieudonné, la LDH parvient, dans des conditions difficiles, à peser dans le débat public et à défendre l’idée que la liberté doit prévaloir sur la censure. En arrière-plan, elle rappelle également – déjà – le danger qu’il y a à s’inscrire – ou à sembler s’inscrire – dans un clivage communautaire et une hiérarchisation des souffrances.

La liberté se trouve encore mise en péril lorsque le gouvernement interdit une manifestation contre l’intervention israélienne à Gaza et menace d’interdire les autres. L’engagement de la LDH pour le droit de manifester est alors un facteur de rassemblement décisif ; il permet de faire entendre la solidarité avec la population gazaouie, de dénoncer l’interdiction et ses effets de trouble à l’ordre public. Il met en échec enfin la logique qui voudrait mettre hors-jeu toute manifestation de rue dès lors qu’elle présenterait un risque.

Là encore, les pressions sont énormes. Parce que nous avons toujours été stables dans nos positions, dans nos propos et nos actes, dans notre parti pris de paix, dans notre solidarité avec tous les peuples de la région, nous avons pu tenir bon et permettre que les rues de France vibrent de colère contre un massacre insoutenable.

Cet engagement se prolonge lors de nombreuses délégations au Quai d’Orsay, singulièrement dans le cadre de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, aux côtés des prisonniers palestiniens ; aux coté du fils de Marwan Barghouti, présent à Paris la veille du vote par l’Assemblée nationale française, à une large majorité, d’une résolution demandant au gouvernement de reconnaître un Etat palestinien dans les frontières de 1967, ayant Jérusalem comme capitale partagée avec Israël.

Il se prolonge également dans nos nombreuses interventions auprès de la garde des Sceaux sur le caractère insupportable d’une circulaire qui assimile indument le principe du boycott, mode d’action politique et civique, à la haine « raciale ».

C’est également pour nos libertés que nous avons porté plainte, avec la FIDH, contre X en visant la NSA, le FBI, la CIA, et les opérateurs suite aux révélations de l’affaire Snowden, que nous avons contribué à faire naître un Observatoire des libertés du numérique, qui s’est illustré avec efficacité dans la bataille menée  contre la loi sur le renseignement ; c’est pour nos libertés que nous avons participé à la campagne victorieuse contre le secret des affaires portée par la « loi Macron », soutenu les lanceurs d’alerte, défendu la protection des sources des journalistes.

C’est pour nos libertés que nous avons pris fait et cause pour les cinq syndicalistes de Roanne, comme pour les inculpés de la Confédération paysanne lors de l’épisode de la ferme des Mille vaches, tous ciblés indument par une demande de prélèvement génétique. C’est pour les libertés que nous nous mobilisons pour obtenir leur relaxe lors du procès en appel qui se tiendra dans quelques jours à Amiens.

C’est pour nos libertés que nous avons protesté contre le déploiement et l’agressivité policière autour notamment de Notre-Dame-des-Landes et de Sivens, déploiement dont la mort de Rémi Fraisse a été l’insupportable aboutissement et sur laquelle nous avons avec notre section de Toulouse, diligenté une commission d’enquête.

Pour nos libertés enfin que nous sommes descendus dans la rue après les crimes terroristes de janvier ; pour affirmer notre solidarité avec les victimes, notre refus de voir l’égalité et la fraternité mises en pièces par des actes de ciblages haineux et diviseurs, notre volonté de faire pièce aux tentations sécuritaires – déjà perceptibles.

Et c’est bien évidemment à la défense des libertés que les militantes et militants de la LDH ont œuvré au quotidien dans leurs mobilisations pour les droits des étrangers.

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La LDH consacre la grande majorité de son activité aux droits des étrangers. C’est que, hélas, elle affronte pour l’essentiel les mêmes mécaniques de mise en illégalité, de refus d’asile, d’expulsions à répétition, de séparation des familles. Ses militants continuent de se heurter à une administration d’autant plus intraitable qu’elle obéit à des injonctions dont le fond et la tonalité sont inchangées depuis trop longtemps. Les ADH, les OQTF, les mises en rétention y compris de mineurs, la séparation des familles, les reconduites à la frontière demeurent monnaie courante et « Frontière » reste le maître mot de politiques migratoires et d’asile, trop souvent meurtrières.

Cette situation se traduit de façon exacerbée dans les territoires ultramarins, car c’est à un doublement des chiffres d’expulsions que l’on arrive si l’on tient compte de celles qui sont exécutées, le plus souvent au mépris de la loi et de la jurisprudence européenne, en particulier sur le recours suspensif, à partir singulièrement de Mayotte et de la Guyane.

La politique de l’asile reste pour l’essentiel marquée par l’esprit de suspicion. Alors que les conflits armés font rage en Irak, en Syrie et aux frontières de l’espace Schengen, les pouvoirs publics se déshonorent ! Les récentes déclarations de Manuel Valls sur les quotas migratoires sont à cet égard un sommet ! Elles sont mensongères, elles traduisent une myopie consternante sur le devenir du monde, elles font enfin le lit des idées agitées par l’extrême droite. Nous n’avons donc pas fini de voir la Méditerranée et le large de Mayotte transformés en nécropoles marines. Rappelons que nous avons porté plainte contre X pour dénoncer le comportement de bâtiments de guerre dont certains  sont susceptibles d’être français ayant délibérément changé de cap pour s’exonérer du devoir d’assistance à personnes en danger.

La liberté aura été le rendez-vous d’espoir des centaines d’actions engagées avec les travailleurs sans papiers et les organisations solidaires, avec RESF et les familles menacées de division ou d’expulsion malgré l’intérêt supérieur des enfants qu’est leur scolarité, avec les Mineurs isolés étrangers défendus avec notamment infoMie.

C’est pour la liberté encore que nous nous sommes mobilisés contre la mise en place par le gouvernement d’un projet dit de « justice sur le tarmac » qui installe la salle de tribunal et avec elle la justice elle-même à proximité immédiate des centres de rétention et des zones d’attente, plaçant ainsi juges et avocats dans une situation d’auxiliaires – de fait ou d’apparence – des forces de police en charge d’expulser.

C’est pour leur liberté et donc la nôtre, que nous avons bataillé sans réserve pour la dignité des populations roms, singulièrement avec notre remarquable brochure « Les Roms ont des droits », dont l’intitulé s’oppose frontalement au trop fameux, et malheureusement toujours actuel, « les Roms n’ont pas vocation à… ».

Avis donc à ceux qui en douteraient : les libertés sont à défendre, ici et maintenant. D’autant plus lorsque le débat public est menacé d’une montée hégémonique des idées d’extrême droite.

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Nous avons très tôt tiré la sonnette d’alarme face à ce phénomène, que nous nous sommes refusé à ramener à la seule réalité du FN. Du « grand remplacement » de Renaud Camus à l’antisémitisme de « Jour de colère », en passant par l’instrumentalisation de l’islam et de peurs familialistes et patriarcales lors de la journée du retrait de l’école, nous avons vu en peu de temps se constituer une ligne de front où s’opère la racialisation du débat public, la désinhibition de l’antisémitisme, la manipulation des mémoires victimaires, la stigmatisation des « fraudeurs » et des pauvres, la réhabilitation de hiérarchies soi-disant naturelles… C’est que l’extrême droite a choisi de prolonger le succès de la « Manif pour tous » autour des enjeux propres à la famille, au statut de la femme et de son corps et plus largement aux identités sexuées.

Ces thématiques et ces interventions visent la remise en cause de la notion d’égalité, tout en veillant à se présenter en défense de la République, drapées dans les plis tricolores d’une pseudo laïcité, ramenée à une seule dimension punitive et exclusive. Cette posture lui permet d’articuler sa vision du monde à des pratiques sociales ; autour du contrôle des bibliothèques municipales, des cantines, autour des entreprises et des organisations syndicales. Elles trouvent leur traduction dans les municipalités conquises par le Front national ou ses compagnons de route. Mais elles portent au-delà. Au plan politique, comme le montre sans fard la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’UMP, en étant adoptées voire amplifiées par la droite traditionnellement républicaine – notamment à l’initiative d’élus locaux dont la violence verbale annonce de fait la fin d’un pacte républicain de principe.

Egalement en influençant des mouvements corporatistes dont l’expression agresse frontalement les valeurs républicaines d’égalité et de solidarité, réussit à imposer l’expression de « ras-le-bol fiscal », gomme la notion d’intérêt général et de redistribution, s’en prend enfin au droit du travail, dans toutes ses dimensions.

Face à quoi, on a vu le gouvernement le plus souvent au céder, voire se ranger à l’argumentation qui lui était opposée. Le renforcement des contrôles de chômeurs par Pôle emploi en est le dernier exemple, ô combien emblématique. La démarche est désespérante en ce qu’elle ignore la dimension structurelle des problèmes pour mieux stigmatiser l’écume de comportements individuels.

Tout ceci pèse évidemment sur la perception de l’opinion publique, qui manifeste un recul des valeurs de solidarité et de bienveillance en même temps qu’une montée préoccupante de l’antisémitisme, de l’homophobie et du racisme, singulièrement sous sa forme islamophobe.

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Dans la foulée de notre décision, à Niort, de construire un barrage face aux idées d’extrême droite, nous avons porté une attention particulière à ces manifestations haineuses et œuvré à l’unité du mouvement antiraciste, singulièrement après notre mobilisation contre les agressions visant la garde des Sceaux Christiane Taubira. Cela s’est traduit par des relations plus resserrées entre la Licra, le Mrap, SOS Racisme et nous même, avec une série de contacts positifs qui ont en partie inspiré notre initiative « Pour un avenir solidaire ».

Sur ce terrain comme face à l’extrême droite, notre démarche vise à créer les conditions d’une riposte large et unitaire, l’une n’allant pas sans l’autre. Cet objectif ne va pas de soi ; il exige un gigantesque effort d’écoute, de dialogue et de diplomatie pour convaincre que l’unité – face au racisme ou à l’extrême droite – est souhaitable et surtout possible, malgré les oppositions et contradictions qui existent entre acteurs et/ou entre communautés.

Ces difficultés sont réelles et expliquent pour une part les limites de nos mobilisations. Nous n’en avons pas fini avec elles ; tous les groupes ciblés par le racisme ne descendent pas spontanément ensemble dans la rue, loin s’en faut ; toutes les consciences révoltées par la haine de l’extrême droite ne mesurent pas spontanément la nécessité de s’organiser pour la combattre.

+Cela s’est mesuré après l’agression visant Christiane Taubira, cela s’est vérifié avec « Pour un avenir solidaire », cela se constate hélas encore chaque jour ; ici, face au fichage d’enfants qualifiés de « musulmans », là, face à des jupes décidément trop longues pour être honnêtes ou encore face à la permanence des cliches antisémites les plus éculés. Les temps sont confus et nous avons besoin, face a cette confusion de lucidité et d’une fermeté sans concession face aux propos et actes racistes, d’où qu’ils viennent et quels que soient leurs masques.

La Ligue des droits de l’Homme, avec ses sections, s’est fortement mobilisée sur ces enjeux. Mais elle s’est plus mobilisée qu’elle n’a pu mobiliser autour d’elle. Il nous faut réfléchir à cette limite et nous pouvons le faire à partir de ce que nous avons voulu mettre à disposition des militantes et militants au lendemain des municipales avec cette initiative.

Nous avons lancé, notamment avec la Ligue de l’enseignement et de nombreux autres partenaires, un appel à faire « barrage à la haine, à la xénophobie, à  toutes les discriminations et à combattre les propos sexistes, homophobes, racistes, antisémites, aux discours anti-Roms, antimusulmans ». Cet appel a eu un impact réel, mais inférieur hélas à ce qui était et reste nécessaire. L’initiative demeure riche de possibles, en termes de rassemblement, de formations, d’actions décentralisées au plus proche des terrains. A condition de trouver les voies et les moyens pour enraciner et cristalliser les bonnes volontés dans des pratiques sociales diverses mais qui se fassent écho les unes aux autres et « couvrent » à la fois le champ des libertés, celui de l’égalité, celui enfin de la fraternité. Ce travail de fourmi est en marche nous considérons qu’il s’agit de le poursuivre en repoussant nos limites.

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Il le faut d’autant plus que la peur, les rétractions et les politiques autoritaires que nous affrontons font écho aux désordres et les tumultes du monde, singulièrement lorsqu’ils apparaissent responsables des actes de terrorisme commis sur le sol national. De fait, rarement notre actualité hexagonale aura à ce point résonné avec l’au-delà de nos frontières.

Nous avons été attentifs à prendre en compte l’agenda du développement planétaire et de la tenue de la Cop 21 à Paris car derrière la dégradation du climat se profilent des enjeux migratoires, de transports et de viabilité territoriale, d’emplois, de coût de la vie et de vie tout court…

Nous avons été présents en soulignant à quel point le Tafta, traité de grand marché transatlantique, s’inscrivait dans la droite ligne des grands traités de libéralisation du commerce et s’élaborait autour de l’objectif essentiel de satisfaire les appétits des multinationales américaines et européennes.

Nous avons été présents aux côtés du peuple tunisien dans ses combats pour la stabilisation démocratique et lors du Forum social mondial à Tunis, Forum dans lequel nous avons tenu toute notre place.

Nous nous sommes mobilisés pour les libertés au Belarus et en Russie, avons éclairé les enjeux d’un conflit Russo-ukrainien dont les peuples, apparaissent otages de considérants de domination stratégique. Partout dans le monde, nous avons fait savoir notre solidarité, interpellé les pouvoirs, soit étrangers soit français et nous l’avons fait en resserrant nos liens d’amitié, de travail et d’expression avec les « internationales » dont nous sommes partie prenante, l’AEDH, le REMDH et la FIDH.

Nous sommes enfin intervenus à de multiples reprises face à la dégradation effroyable qui frappe un Moyen-Orient aux prises avec des Etats autoritaires, l’enracinement de guerres sans fin, comme en Syrie, et l’émergence, sur fond de gestion politique catastrophique de l’Irak, d’une nouvelle génération de forces terroristes avec Daesh. Nous l’avons d’autant plus fait que notre pays s’enfonce dans une stratégie strictement militaire contre le terrorisme, laquelle apparaît largement contre-productive et semble plutôt fonctionner comme un facteur d’essaimage que de contention.

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En Europe, les meurtres antisémites commis en Belgique, au Danemark, la décapitation d’Hervé Gourdel et la montée en puissance d’une apologie du  terrorisme sur les réseaux sociaux ont contribué à créer une situation politique nouvelle, dans laquelle l’opinion publique exprime un besoin de protection vis-à- vis d’un djihadisme perçu à la fois comme la figure d’un risque global et d’un ennemi intérieur. Les attentats de janvier ont porté ce sentiment à un degré supérieur de défi sanglant lancé à la face de la République, de la liberté d’expression, de la laïcité et de la fraternité.

Là encore, fidèle à notre démarche unitaire, nous nous exprimons alors avec la Licra, le Mrap et SOS Racisme en soulignant que : « Aucune démocratie ne peut accepter de plier face au fanatisme, à la violence, encore moins quand elle est dirigée contre un de ses piliers, la liberté d’expression. Bien sûr, c’est dans le cadre de l’Etat de droit que doivent agir les forces de l’ordre. C’est aussi sans stigmatisation des personnes se réclamant de l’islam que nous devons exprimer notre rejet de cette barbarie, si nous ne voulons pas entretenir des solidarités malsaines. »

Déjà, nous ajoutons : « Des voix s’élèvent pour appeler au rassemblement au nom des principes de la République. Mais de quelle République s’agit-il ? Il n’est pas certain que le mot suffise, en effet, à partager les mêmes principes ni les mêmes valeurs. »

La riposte a pris la forme d’une levée en masse, couvrant tout l’espace public.

La LDH, ses sections, en ont été partie prenante à un haut niveau. Ces manifestations ont dans leur ensemble exprimé le double refus de la terreur et de la peur, un parti pris pour la liberté et la démocratie. Elles ont banni toute expression haineuse, tout rejet de l’autre, tout appel à la vengeance et au meurtre.

Si imposture il y a elle, n’est pas du côté des manifestants mais de ceux qui vont s’emparer de l’événement pour accentuer leurs politiques sécuritaires. Reste que nous nous heurtons une nouvelle fois à des phénomènes objectifs de fragmentation et à des stratégies d’existence identitaire. Pour nous, la levée en masse du 11 janvier a exprimé la condamnation résolue des attentats des 7 et 9 janvier et la solidarité avec les victimes. D’autres, qui ne s’y sont pas forcément reconnu, soulignent les caractéristiques socio-culturelles des participants et la jugent entachée d’islamophobie.

Cette approche aboutit à entrer dans le jeu voulu par les terroristes visant à dresser une partie de la population contre une autre, à provoquer une rupture entre habitants d’un même pays, le rejet de l’islam dans une part importante de la population et une peur grandissante tant chez les musulmans que chez les juifs.

« La haine est le chemin vers le côté obscur »… On le mesure en rappelant que le nombre d’actes islamophobes a littéralement explosé après janvier, atteignant en deux semaines le niveau de l’année 2014. Nous avons donc devant nous des débats compliqués ; nous devons les aborder avec en tête l’idée que la mobilisation pour la laïcité en constitue un enjeu central. Il nous faut réaffirmer avec force que la loi de 1905 exprime le choix fait par la République d’assurer la liberté de conscience et des cultes, et donc la possibilité d’exprimer toutes les convictions, religieuses ou non, y compris l’athéisme, en privé ou en public. C’est le sens de la résolution « Relever tous les défis lancés à la démocratie », proposée au congrès.

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Sortir de la société de défiance portée par la crise sociale, œuvrer au rassemblement face aux idéologies racistes et aux discriminations, faire échec  aux menées des droites extrêmes : ces trois défis, inséparables, constituent notre horizon d’ici aux prochaines échéances présidentielles et – on peut raisonnablement le craindre – bien au-delà. Il faut donc le dire clairement : il n’y aura pas de raccourci vers des « lendemains meilleurs » ; rien ne se fera sans une intervention forte des citoyennes et des citoyens, sur des orientations et des contenus auxquels ils auront été associés comme acteurs. La Ligue des droits de l’Homme entend évidemment jouer tout son rôle dans les nécessaires débats, confrontations et mobilisations présents et à venir. Elle entend participer aux efforts de promotion de la citoyenneté dans tous les domaines de la vie publique, qu’il s’agisse d’éducation civique, de l’antiracisme, d’éducation populaire.

Elle est déterminée a le faire pour ce qu’elle est : une association généraliste de défense et de promotion des droits, indépendante des forces politiques et gouvernementales, que ce soit à l’école, dans la cité, aux côtés des travailleurs dans les entreprises, des exclus du travail, du logement, de la santé, de l’éducation.

C’est le sens de notre résolution « Tenir le cap et rassembler » également soumise à vos enrichissements et approbation.

Il nous revient collectivement de réaffirmer la pertinence et l’urgence à construire une société de solidarité, d’égalité des droits, de garanties effectives des libertés de chacune et de chacun ; une société où l’intelligence et le travail soient pleinement reconnus comme des facteurs de richesses et de justice. Certes, les réalités sont terribles. Loin de nous laisser accabler par elles, sachons nous souvenir que le possible, s’inscrit lui aussi dans ces réalités, et qu’il permet, pour peu qu’on s’en empare, qu’on les dépasse pour enfin, réhabiliter l’espoir, un espoir commun.

Comme c’est mon dernier rapport en tant que président, vous comprendrez que je m’autorise quelques mots sur cette expérience de quatre ans, qui fut à la fois éprouvante et belle, un grand honneur et souvent une écrasante responsabilité. Elle s’est révélée au fil des années fidèle à l’image que je m’en faisais : très exigeante, très mobilisatrice, très formatrice, Je pense avoir fait de mon mieux et espère avoir été, à mon tour et à ma façon, exigeant, mobilisateur et animateur du collectif de direction ainsi que les sections sans lesquelles le travail de la LDH ne serait que paroles, bousculées par le vent.

C’est surtout à ce collectif que je voudrais rendre hommage, en distinguant l’apport fraternel et précieux qu’a constitué la disponibilité de mes trois prédécesseurs, Henri Leclerc, Michel Tubiana et Jean-Pierre Dubois ; je tiens à les en remercier. Par ailleurs, un président n’est rien, ou pas grand-chose, s’il ne peut s’appuyer sur un secrétaire général fiable et efficace ; Dominique Guibert et Jacques Montacié ont été, successivement, deux formidables camarades de travail et de combat, et cela mérite d’être su et apprécié à sa juste mesure. Enfin, je voudrais saluer le travail patient du bureau et du Comité central qui ont su, même dans les périodes les plus compliquées, jouer collectif et conjuguer leurs efforts pour être à la hauteur de ce pari un peu fou qu’est le fait d’être une association généraliste.

Je suis persuadé que la direction à venir saura poursuivre et mieux faire, c’est en tout cas ce que je lui souhaite, ce que je nous souhaite, en combinant la lucidité et l’optimisme. Car, pour citer à nouveau maître Yoda : « Difficile à voir. Toujours en mouvement est l’avenir. »

 

Steeve Briois honoré par le Trombinoscope : la LDH entend rafraîchir les mémoires !

La distinction attribuée au maire d’Hénin-Beaumont (front national) qui a été nommé « élu local de l’année » par « le Trombinoscope » continue de faire des vagues. Si certains hommes politiques et commentateurs s’en réjouissent, la grande majorité s’en offusque.

Il est utile de rappeler que cette « distinction » doit récompenser notamment « l’action accomplie » par l’élu distingué. En l’occurrence, en seulement quelques mois, M. Briois a certes été actif, mais d’une manière, disons, plutôt négative : expulsion, dès son  élection, de la Ligue de droits de l’Homme du local dont elle disposait depuis des dizaines d’année, arrêté « anti mendicité agressive » (qui a été annulé par le tribunal administrif qui également condamné Briois à 1000€ de dommages et intérêts à verser à la Ligue des droits de l’Homme), organisation en conseil municipal d’une pétition contre une enseignante, interdiction à un élu de l’opposition de participer à une commémoration patriotique…

L’attitude pitoyable des membres du jury de cette mascarade était pathétique : incapable d’assumer leur décision, ils ont fait appel à une salariée de l’entreprise (Le Trombinoscope est une entreprise qui édite chaque année l’annuaire des élus) pour remettre son prix à Briois, qui, de son côté, bien entendu, jubilait, tandis que la petite fille Le Pen proférait des menaces contre un journaliste…

La section de la Ligue des droits de l’Homme d’Hénin-Beaumont a bien entendu réagi à cette mascarade, par la publication d’un communiqué dont voici le texte :

Steeve Briois honoré par le Trombinoscope :

la LDH entend rafraîchir les mémoires !

Ainsi donc le jury du Trombinoscope a décerné à Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont, Vice-président du FN, le prix de « l’élu local de l’année », destiné en principe à saluer « l’action et le professionnalisme de personnalités politiques qui se sont particulièrement illustrées durant l’année écoulée dans le cadre de leur mandat ou de leur fonction ».

Décision pour le moins surprenante, pour ne pas dire ahurissante, pour nombre d’observateurs. Car il ne s’agit hélas pas d’un canular et même si Arlette Chabot, présidente du jury, a pris la peine de rappeler qu’il s’agit « non pas de récompenser un bilan mais de mettre en évidence la percée du FN et son implantation locale », on ne peut ignorer la portée d’une telle décision.

C’est d’ailleurs bien ainsi que l’a compris le maire d’Hénin-Beaumont.

À cet égard, la section LDH d’Hénin-Carvin tient à saluer la décision de Claude Bartolone, Président de l’Assemblée nationale, de ne pas assister à la cérémonie de remise des prix.

Que Monsieur Briois ait, des années durant, « labouré le terrain », qu’il ait fait en 2014 une campagne « lisse » et banalisée en jouant à fond la carte rassurante de « l’enfant du pays », n’est certes pas niable.

De là à estimer que cela suffise à expliquer son élection est tout de même un peu court.

C’est faire bon ménage du terreau économique et social de la ville mais surtout de l’impensable division des forces démocratiques, des coups bas, des trahisons, des réactions à contre temps, des maladresses impardonnables qui ont permis au FN de conquérir la mairie d’Hénin-Beaumont.

Qui a-t-on ainsi voulu mettre à l’honneur ?

Le maire FN qui, à peine élu, a pris la décision inouïe de chasser de son local la LDH, provoquant une immense onde de choc, jusqu’au-delà de nos frontières ?

Celui qui, après avoir déclaré à la presse qu’il serait respectueux de ses adversaires, dénigre et brocarde systématiquement ses opposants, allant jusqu’à interdire à l’un d’eux d’être physiquement présent lors des manifestations patriotiques ?

Celui qui permet qu’une enseignante fasse l’objet d’une motion en conseil municipal réclamant pour elle des sanctions de l’administration ?

Celui qui prend un arrêté « anti-mendicité agressive, arrêté qui a depuis lors été suspendu par décision de justice, la ville se voyant condamnée à verser 1000 euros à la Ligue des droits de l’Homme ?

Celui qui est Vice-président d’un parti dont le président d’honneur avait osé qualifier les chambres à gaz de « point de détail de l’Histoire » ?

Résultat de l’opération dont Monsieur Briois doit se réjouir : il fait désormais partie de « l’establishment », aux côtés de personnalités du Nord comme Pierre Mauroy ou Jean-Louis Borloo ! Comment le FN pourra-t-il dès lors continuer à dénoncer le système politico-médiatique comme il le fait depuis des années ?

Le 29 janvier 2015

Combattre le terrorisme, ça n’est pas restreindre les libertés

On pouvait facilement imaginer que l’attentat contre Charlie Hebdo, l’assassinat d’une jeune policière et la prise d’otage dans l’hyper Kacher de la porte de Vincennes allaient susciter une sorte de surenchère sécuritaire, chacun voulant gonfler les biceps un peu plus que l’autre, dans les milieux politiques. On espérait, sans trop y croire, que les formidables marches du week-end, qui ont rassemblé des millions de personnes, allait inciter les hommes politiques à un peu de retenue… perdu ! Le vieux réflexe sécuritaire revient en courant. Toutes ces lois qui se sont entassées les unes par-dessus les autres depuis des années ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité… Mais non, on continue.

Pendant ce temps-là, les médias passent beaucoup de temps à parler des minutes de silence perturbées par des élèves dans quelques dizaines de lycées. C’est grave, on est d’accord. Mais les incendies volontaires, les dégradations contre les mosquées, les agressions racistes contre des adolescents arabes, on en parle beaucoup moins… Les discours de haine proférés par les identitaires, encore et toujours, émeuvent eux aussi beaucoup moins que ces incidents dans les lycées. Boris Le Lay continue de déverser son vomi sur son « site ». Les appels à la haine, les menaces de mort, constituent le fonds de commerce de ce pauvre garçon. A-t-il seulement payé les quelques milliers d’euros d’amendes auxquels il a été condamné ?

Jean-Pierre Dubois, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, dans le journal l’Humanité, répondait à un journaliste, avant la conclusion dramatique de l’affaire Charlie Hebdo. On peut résumer son discours, comme le fait le journal, en disant : « L’alternative est simple, c’est soit le politique, soit la guerre. Nous choisissons le politique ». C’est aussi le sens du communiqué que vient de publier la Ligue des droits de l’Homme :

Combattre le terrorisme, ce n’est pas restreindre les libertés

Le peuple de France est descendu dans la rue pour dire non au terrorisme et défendre les libertés. L’un et l’autre. Dans ce qui est devenu une sorte de réflexe pavlovien, la classe politique française souhaite ajouter encore à l’arsenal législatif de nouvelles mesures contre le terrorisme. Alors même que quinze lois ont été adoptées depuis 1986 et que les décrets d’application de la dernière ne sont pas publiés, notre sécurité serait, en effet, mieux assurée par de nouveaux pouvoirs confiés aux forces de l’ordre. Il n’en est rien. C’est un mensonge de prétendre que les dramatiques événements que nous venons de vivre seraient la conséquence d’une insuffisance législative. Il est exact en revanche que la déficience de moyens, les erreurs d’analyse, même si le travail des forces de sécurité française reste remarquable, méritent débat ; mais rien ne justifie les nouvelles dispositions envisagées.

La LDH regrette qu’après l’élan du 11 janvier, ces réponses sécuritaires restent la seule voie empruntée par les pouvoirs publics.

C’est d’une autre ambition dont nous avons besoin : de réponses de fond qui permettent de comprendre comment notre société a pu faire que de tels actes soient commis ; pas pour excuser, encore moins pour absoudre, mais pour éviter réellement qu’ils ne se reproduisent. Nous avons besoin surtout de réponses préventives. Toutes doivent renforcer l’esprit et la lettre de notre démocratie.

La LDH appelle les citoyens à ne pas se laisser enfermer dans le cercle de la peur. Elle les invite à rappeler aux pouvoirs publics, à la représentation politique française qu’à chaque fois que nous avons concédé de nos libertés, il s’en est suivi moins de démocratie, sans pour autant nous assurer plus de sécurité.

La fraternité qui s’est exprimée le 11 janvier exige un autre horizon que celui que l’on nous propose.

 

Je suis Charlie à Saint-Brieuc, dimanche 11 janvier, 14h30, place du Gal De Gaulle

Manifestation de solidarité avec les victimes des attentats cet après-midi, dimanche 11 janvier à 14h30, place du Général De Gaulle à Saint-Brieuc, organisée par la Ligue des droits de l’Homme.

Je suis Charlie – rassemblement devant la mairie de Loudéac à 20h ce jeudi 8 janvier

« Nous sommes tous Charlie » : le mot d’ordre vaut également pour les Côtes d’Armor. De nombreux rassemblements spontanés se sont constitués dès mercredi soir  janvier : Lannion, Saint-Brieuc, Paimpol… Et la mobilisation se poursuit aujourd’hui jeudi à Loudéac, où le rendez-vous est fixé devant la mairie, à 20h. La section Loudéac centre Bretagne de la Ligue des droits de l’Homme appelle évidemment tous ses amis et sympathisants à y participer.

À Lamballe, le rassemblement se déroulera à partir de 18h30, on demande aux participants de venir avec une bougie. Aucune prise de parole n’est prévue : il s’agit seulement de partager un moment de recueillement.

Dimanche, la Ligue des Droits de l’Homme appelle à se rassemble à 14h30, place du Général De Gaulle. Voici le communiqué qu’elle a diffusé :

La LDH appelle les associations, les organisations syndicales et politiques et tous les citoyens  à sortir de chez eux partout en France et à SAINT BRIEUC le dimanche 11 janvier 2015 à 14h30 et se retrouver place du Général De Gaulle en hommage aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo.

Chacun et chacune pourront se munir d’un crayon ou fabriquer un crayon géant qui seront les symboles de notre soutien à la liberté de la presse.

Parce que nous n’acceptons pas le fanatisme et la violence, parce que nous sommes attachés à la démocratie et l’Etat de droit, parce que la liberté de la presse est un des biens les plus précieux que nous avons acquis, nous voulons vivre ensemble, sans racisme et sans discrimination, en paix et en harmonie quelles que soient nos origines.

Rassemblons-nous, sans mot d’ordre ni slogan, sans banderole ni bannière.