Dossier Rencontre délégation FCPE, MRAP, l’UNL, LDH – Conseiller de l’Elysée

@FCPE :

Carcassonne, au 25 octobre 2011

DANS L’AUDE

Ce que nous voulons

DANS TOUS LES ÉTABLISSEMENTS SUR TOUT LE TERRITOIRE :

  • Que tous les chefs d’établissement connaissent les textes concernant les élections des représentants de Parents d’élèves, essentiellement au primaire ;
  • Une école à l’écoute des besoins des enfants et favorisant leur épanouissement ;
  • La réussite de chacun des élèves, en tenant compte de leurs conditions de travail et de vie dans tous les temps au sein des établissements ;
  • Présence partout et en nombre suffisant de personnels spécialisés pour la prise en charge des difficultés des enfants et l’accompagnement des élèves dans leur parcours scolaire (RASED, médecins scolaires, infirmières, assistantes sociales, conseillers d’orientation psychologues…) ;
  • Des rythmes adaptés à chaque âge des enfants ;
  • Des personnels d’éducation et de surveillance en nombre suffisant ;
  • Un nombre suffisant d’adultes encadrants dans chaque établissement scolaire public ;
  • des effectifs raisonnables à maxima 25 élèves pour permettre la prise en compte de la diversité des enfants et des approches pédagogiques ;
  • Nous demandons la garantie de la présence du service public d’éducation dans toute zone rurale. Nous insistons sur une formation professionnelle de qualité pour les personnels ;
  • Nous insistons sur le réengagement de l’Etat pour :
  • enrayer les phénomènes d’exclusion des plus fragiles comme la non scolarisation des enfants de moins de 3 ans ;
  • une restauration scolaire pour Tous les élèves sans aucune discrimination ;Reconduction des aides de l’Etat pour les projets d’Ecoles Numériques Rurales, Chaque commune pouvait être aidée à hauteur de 1000 euros pour l’achat de ressources numériques pédagogiques, et jusqu’à 9000 euros pour l’achat d’équipements prescrits par le ministère, dont notamment un tableau blanc interactif et des ordinateurs ;
  • Favoriser les dédoublements des classes afin d’améliorer l’apprentissage des langues étrangères, et les travaux pratiques ;

Cette liste n’est malheureusement pas exhaustive et aurait mérite à être complétée, nous voulons une école de l’égalité des chances pour l’ensemble des jeunes, une école capable de les rendre citoyens.


@MRAP :

Intervention de Henri CALLAT au nom du MRAP

( Entrevue avec Monsieur Ramadier Conseiller du Président de la République, Préfecture de l’Aude, mardi 25 octobre 2011)

Monsieur le Conseiller je vais vous faire une révélation : il existe à Carcassonne une trentaine de familles de «sans papiers» en voie de régularisation. Leurs enfants fréquentent l’école tout à fait régulièrement … mais ils ont peur, peur de ne pas retrouver leurs parents à leur retour de classe.
Tout récemment un «ni-ni» c’est à dire quelqu’un d’à la fois non régularisable et non expulsable, une sorte de «non-personne» a été placé en Centre de Rétention à Toulouse-Cornebarieu.
Heureusement nous avons pu le faire libérer grâce à l’intervention de la Cimade.

Nous essayons d’obtenir une «Autorisation provisoire de séjour» pour une éventuelle régularisation… C’est le scénario classique pour ceux qu’on appelle les «primo-arrivants»
Ma revendication au nom du MRAP est simple : que de telles situations ne se représentent plus ! Je vous demande d’intervenir auprès de Madame le Préfet pour qu’elle laisse se dérouler normalement les procédures de régularisation en cours sans intervention intempestive des «forces de l’ordre» qui, en l’occurrence, ne sont que des forces de désordre responsables des situations dramatiques dans lesquelles de nombreuses familles sont plongées.

Je vous informe également du fait qu’avec d’autres associations (Ligue des Droits de l’Homme, Réseau Education sans Frontières, Cimade, Secours Catholique, Secours Populaire, ) nous travaillons ensemble et d’arrache – pied pour que notre pays demeure cette «Terre d’Asile» et des Droits de l’Homme que l’on se plait à  reconnaître universellement .

Nous aimerions aussi que le Gouvernement nous facilite la tâche au lieu de l’entraver, comme cela se produit trop souvent notamment avec la nouvelle loi sur l’immigration qui durcit les conditions d’accueil des étrangers sur notre sol . Un exemple: nous devons parfois aller jusqu’à Montpellier pour des formalités qui pourrait fort bien relever de la Préfecture de l’Aude ! Je n’insisterai pas plus longtemps sur ce point de mon intervention.

En tant qu’enseignant – bien qu’à la retraite – et ayant des petits enfants, je constate que outre la dégradation des conditions matérielles de l’enseignement actuel que viennent de souligner mes collègues, une dégradation beaucoup plus profonde est en train de se produire, culturelle et morale.
En effet des disciplines fondamentales comme les «Lettres» appelées autrefois à juste titre «Humanités» , l’ Histoire, je ne parle même pas de la Philosophie impossible à enseigner réellement  aujourd’hui dans les Lycées de la République, vont à la dérive … Elles sont de plus en plus sous-estimées et leurs coefficients aux divers concours et examens sont dérisoires .
Or c’est avec ces disciplines qu’on «fabrique» des hommes et l’école est d’abord faite pour cela ! Un grand philosophe Gaston Bachelard pouvait dire que ce n’est pas l’école qui est faite pour la société, mais la société pour l’école ! Nous en sommes loin …
C’est tout le contraire qui est en train de se produire aujourd’hui: on cherche plutôt à fabriquer de bons producteurs-consommateurs, bien adaptés à la société de marché et de consommation ! De temps en temps quelqu’un se suicide (drame récent de Béziers) ou, sans  raison apparente , se met à tuer … Les psychologues de toute obédience en appellent à la «fragilité» de ces personnes : ils oublient seulement qu’un bon tiers de nos collègues quitteraient illico l’enseignement s’ils le pouvaient!
Quant à nos enfants, de plus en plus «déculturés» et qui, d’après quelqu’un de célèbre, n’ont pas besoin pour vivre d’avoir lu «La Princesse de Clèves» , ils n’ont plus d’avenir autre que cette société brutale de concurrence et de compétition généralisées qu’on leur vante chaque jour sur les médias !

Je n’insisterai pas davantage Monsieur le Conseiller n’ayant pas l’âme d’un Procureur : simplement je vous demanderai, comme pour les sans-papiers, de dire à Monsieur le Président de la République que les Programmes de nos Lycées et Collèges sont à revoir de fond en comble dans une perspective authentiquement humaniste et que pour cela il convient de s’adresser d’abord aux usagers ( professeurs, parents d’élèves, et pourquoi pas aux élèves eux-mêmes) plutôt qu’aux bureaucrates parisiens et derrière eux, aux hommes de finance et de marché qui n’ont rien à faire dans l’Éducation Nationale .

Je vous remercie de m’avoir si attentivement écouté absolument sûr que pour le bien de tous , vous m’avez aussi entendu .

@LDH :

« SAUVER L’HÔPITAL »

A l’heure où plus de 15% des français renoncent à des soins pour des raisons financières et que les conditions de travail se dégradent comme en témoigne une enquête réalisée par le Ministère de la Santé, il est urgent de se mobiliser pour préserver notre système de santé :

  • La diminution des effectifs et l’augmentation des actes médicaux mettent à mal les personnels hospitaliers et par là même la qualité des soins.
  • Les dépassements d’honoraires en secteur privé se pratiquent de façon systématique alors que les patients n’ont la plupart du temps pas le choix.
  • La tarification à l’activité (T2A) est développée à outrance et s’applique dans les mêmes conditions au public comme au privé et ce en dépit des missions de service public et des statuts. La création de la convergence entre public et privé sur les tarifs n’entraîne pas les mêmes contraintes pour le secteur privé.
  • L’hôpital doit retrouver un fonctionnement de vrai service public au service des patients et ne pas se transformer en « établissement de santé »  pour des clients et doit donc sortir d’une logique marchande.

Localement :

L’hôpital de Carcassonne fait partie des établissements concernés par le plan Hôpital 2012. La plateforme médicologistique est financée dans le cadre d’un Partenariat Public-Privé « P.P.P.   »  Ce système de financement coûte cher, très cher au contribuable : la société privée chargée des emprunts et de la réalisation de l’ouvrage doit satisfaire ses actionnaires et donc faire des bénéfices en utilisant la sous-traitance. Cela se paye en terme de qualité, de sécurité et d’emplois.

L’exemple particulièrement scandaleux du centre hospitalier Sud Francilien (Essonne) où les partenaires publics se battent pour sortir de ce piège suite à des augmentations continuelles de loyer réclamées par le Privé, doit servir d’alerte afin d’éviter d’autres fiascos financiers.

La Ligue des Droits de l’Homme et toutes les associations réunies dans le Pacte Citoyen pour les droits et la citoyenneté luttent pour un véritable service public de santé et de sécurité sociale universelle et solidaire.