Lettre « Les droits de l’Homme en Europe centrale et orientale » n° 20 – nov-déc 2016

éditorial

La Pologne continue à « faire » l’actualité en Europe centrale. La dynamique liberticide engagée par le PiS se confirme avec une nouvelle loi portant sur les rassemblements, votée le 2 décembre dernier. Cette nouvelle législation interdit l’organisation de tout rassemblement qui se tiendrait au même endroit et même temps qu’un autre rassemblement, convoqué celui-là par les pouvoirs publics ou par des Églises. Le même texte précise que priorité sera donnée aux   rassemblements « cycliques », déterminés par le voïévode (équivalent du préfet) pour une période de trois ans sur la base de « leur grandeur et leur importance ». Si le maire d’une commune s’obstine à vouloir autoriser un rassemblement, le voïévode pourra l’interdire. Aucun recours n’a pas été prévu par la loi. Cette hiérarchisation place donc en position subordonnée les acteurs autres que les pouvoirs publics, les Églises et permet de fait l’interdiction de n’importe quelle manifestation qu’elle que soit la cause.

Cette loi, décrétée par la Cour suprême comme inconstitutionnelle, s’inscrit dans une offensive plus large qui vise à bâillonner la société civile polonaise. C’est ainsi que, le mois dernier, la télévision publique a diffusé une série de reportages portant sur le secteur associatif et visant à dénoncer – sans preuve à l’appui – leur mauvais usage des fonds publics. Les associations considérées comme indociles ou dirigées par des personnalités proches de l’opposition (telles Z. Komorowska, fille de l’ancien président de la République, ou R. Rzeplinska, fille de l’actuel président du Tribunal constitutionnel) ont particulièrement été visées. Face à cette offensive anti-démocratique, le défenseur des droits, la Fondation Helsinki, plus de cent organisations non-gouvernementales se sont exprimés en dénonçant « une campagne de dénigrement et diffamation des militants associatifs, reconnus pour le développement de la société civile ». À suivre…

Inscrites dans un temps plus « long » que l’actualité, d’autres questions continuent à tarauder cette partie du monde. Nous avons choisi de traiter dans ce numéro des enjeux propres à l’environnement. En effet, un an après la COP21, l’agenda demeure brûlant. Il mobilise des initiatives citoyennes dans l’ensemble de la région autour des objectifs de justice climatique, de la protection de l’environnement, des alliances possibles pour penser de nouveaux communs dans un monde en transition.

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