Lettre « Les droits de l’Homme en Amérique latine » n° 37 – Juin-juillet-août 2016

La démocratie endeuillée

Trois mois après avoir été suspendue de sa charge, la présidente Dilma Roussef a été destituée le dernier jour du mois d’août.

Elle est le deuxième chef d’Etat destitué par le Sénat brésilien, dans la période d’après dictature. Avant elle, en 1992, Fernando Collor de Mello, premier président élu démocratiquement après la dictature, avait démissionné, avant d’être destitué, accusé de trafic d’influence et condamné à inéligibilité pendant huit ans. A la différence de Collor de Mello, la destitution de Dilma Roussef n’est pas un acte démocratique, car bien que paré de toutes les apparences de la légalité et du respect des institutions, il s’agit d’un coup d’État. En effet, pas de corruption, d’enrichissement illicite pour Dilma Roussef : il lui est reproché d’avoir pris pendant son premier mandat des décisions budgétaires sans l’aval du Parlement, une pratique courante des gouvernants brésiliens, certes répréhensible mais jamais encore sanctionnée par la justice administrative dont elle relève, et sans aucune mesure avec le crime de responsabilité dont elle a été accusée. En outre, l’accusation porte sur des actions commises sous son premier mandat, alors que sa gestion politique passée a été validée par les électeurs…

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