Coup d’état avorté en Turquie : le respect des droits humains doit être maintenu !

Communiqué d’EuroMed Droits

EuroMed Droits condamne fermement la tentative de coup d’état mené par une partie de l’armée turque le 15 juillet et durant laquelle des centaines de civils, soldats et officiers de police ont perdu la vie.

Nous déclarons que rien ne peut justifier un coup d’état. Les personnes responsables de ce coup doivent être traduites en justice. Des enquêtes indépendantes, exhaustives et rapides doivent être menées.

Néanmoins, cette tentative de coup d’état ne doit pas être le prétexte pour les autorités turques pour affaiblir les mécanismes de la démocratie, pour renforcer l’autoritarisme actuel et pour fragiliser encore plus la situation des migrants présents sur son territoire.

Nous sommes inquiets de ces représailles aveugles de la part du gouvernement qui visent d’une part, le personnel militaire et judiciaire, suite à l’arrestation de plus de 6000 personnes soi-disant impliquées dans le coup, et d’autre part la répression menée à l’encontre des journalistes et des voix critiques qui émanent de la société civile en Turquie.

Le débat autour d’une possible réintroduction de la peine de mort pour les personnes impliquées dans le coup d’état est une autre source de préoccupation pour les droits humains en Turquie.

Cette tentative s’inscrit dans un contexte de graves atteintes à la démocratie dont la responsabilité pèse sur les autorités constitutionnelles turques : presse muselée, opposition parlementaire en passe d’être déchue de son immunité et menacée de poursuites, pénalisation de toute opposition, projet de concentration des pouvoirs entre les mains du seul président de la République, volonté de faire de la religion une arme de gouvernement et répression aveugle dans l’est, sans aucune possibilité de négociation ;

EuroMed Droits exprime son soutien aux hommes et femmes qui, en Turquie, mènent le combat pour le respect des droits et libertés ainsi que pour la fin de tout conflit armé.

Le Réseau suit la situation de très près et reste en contact permanent avec ses organisations membres en Turquie.

Il appelle l’Union Européenne et ses pays membres à exercer une extrême vigilance sur le respect des droits et libertés en Turquie et, en toute occasion, à faire prévaloir le respect des droits humains.

 

18 juillet 2016

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