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L'accélération exponentielle de l'acquisition des connaissances et
des techniques permet des bienfaits indéniables, mais le progrès des
techniques biomédicales et des nouvelles technologies de l'information
et de la communication peut engendrer de nouvelles formes d'oppression
et exige notre vigilance. La Ligue s'est opposée au vote d'un article
de loi permettant l'interconnexion des fichiers sociaux et des fichiers
fiscaux, par l'intermédiaire du numéro de Sécurité sociale (NIR), et
continue à faire valoir les risques de cette disposition, ainsi (avec
succès dans ce dernier cas) qu'à la constitution d'un fichier de suspects,
le STIC. Attachée aux libertés individuelles, elle s'oppose, par exemple,
en raison du risque manifeste d'atteinte au secret médical, à la loi
prévoyant que les médecins fassent figurer sur les prescription d'arrêt
de travail " les élément d'ordre médical justifiant l'interruption de
travail ". Elle s'alarme de la constitution possible d'un fichier nominatif
des séropositifs et mène campagne contre toute atteinte à la vie privée
en matière d'écoutes téléphonique et de vidéo-surveillance. Pour le respect des droits de l'Homme par les forces de police et
de gendarmerie et par l'administration pénitentiaire. La LDH dénonce régulièrement les violences policières, trop nombreuses
dans notre pays, au point de lui avoir valu d'être condamné en juillet
1999 pour torture par la Cour européenne des droits de l'homme, en raison
d'actes commis par des policiers sur une personne en état d'arrestation.
Elle dénonce les contrôles d'identité au faciès. En ce qui concerne
la gendarmerie, elle demande l'abrogation d'un décret de 1903 autorisant
les gendarmes à faire usage de leurs armes sans avoir à en rendre aucun
compte. Quant aux prisons, elle estime qu'elles sont restées des lieux
d'inhumanité, alors que " la peine privative de liberté a pour but l'amendement
et le reclassement social des détenus " et que les établissements pénitentiaires
doivent être soumis au regard constant et vigilant des citoyens. Elle
demande que, dans le cas de la police comme dans celui des prisons,
un organisme indépendant chargé de leur surveillance et de leur contrôle
soit mis en place. Pour le droit de vote des résidents étrangers Depuis la résolution de son congrès de 1980, la LDH n'a cessé d'agir
en faveur du droit de vote de tous les résidents étrangers lors des
élections locales. Plusieurs pays d'Europe ont accordé ce droit de vote,
et, lorsque cela a été fait, l'ensemble des forces politiques s'en sont
félicitées et nul ne songe à revenir en arrière. L'argument selon lequel
l'opinion française y serait hostile est périmé. Aussi la LDH demande-t-elle
que tous les résidents étrangers, ressortissants de l'Union européenne
ou pas, aient le droit de vote, à commencer par les élections municipales.
Elle participe au collectif " Même sol, même voix ", qui a repris le
combat que des centaines d'organisations avaient mené dans les années
quatre-vingt et quatre-vingt-dix dans le cadre du collectif " J'y suis,
j'y vote ". Pour la régularisation des sans-papiers Sur les 140 000 personnes qui sont sorties de la clandestinité pour
demander des papiers auprès des préfectures dans le cadre de l'opération
de régularisation mise en place en juin 1997, 90 000 seulement ont obtenu
satisfaction en 2001, un taux bien inférieur à ce que d'autres pays
européens, à l'économie nettement plus fragile, ont régularisé. Sans
aller jusqu'à défendre, en l'état actuel de l'organisation économique
internationale, le principe du droit de tout étranger à séjourner durablement
en France, la Ligue est favorable à la régularisation de tous ceux qui
en ont fait la demande en 1997. Elle estime que les critères de régularisation
doivent prendre en compte la volonté d'intégration que manifeste la
demande d'une carte de séjour. La LDH estime que le problème des personnes
en situation irrégulière réclame une réponse politique et non pas une
réponse policière et que la France et l'Union européenne doivent se
doter d'une véritable politique d'immigration. Contre les discriminations La Ligue combat les discriminations, en particulier celles qui frappent
les populations ou les personnes étrangères ou d'origine étrangère,
ainsi que ceux qui sont différents par leur culture ou leur religion,
leurs choix de vie familiaux ou sexuels, leur handicap ou leur maladie
ou qui sont touchés par d'autres formes d'exclusion. Elle combat en
particulier les pratiques discriminatoires à l'embauche dans les entreprises,
les mécanismes de ségrégation et les abus d'orientation dans l'institution
scolaire, la non-garantie effective de la liberté de culte et l'exclusion
de certains lieux de loisir. Elle demande l'abrogation des conditions
qui soumettent l'accès à certaines professions à des conditions de nationalité.
Elle combat aussi la " double peine " qui consiste, dans le cas de condamnés
de nationalité étrangère, à leur faire purger leur peine en France,
puis à les expulser dans le pays dont ils ont la nationalité, même s'il
n'y ont peu ou pas vécu et si toutes leurs attaches sont en France.
Elle demande la mise en place d'un Observatoire des discriminations,
autorité indépendante. Pour les droits des gens du voyage La loi sur l'accueil et le séjour des gens du voyage du 31 mars 1990
étant notoirement inappliquée en France, la Ligue demande son application
effective, par l'obligation des communes à réaliser des aires à leur
intention assortie d'incitations financières conséquentes. Elle réclame
que les mesures discriminatoires spécifiques les concernant (contrôle
des titres de circulation, rattachement administratif, inscription sur
les listes électorales…) soient abrogées. Enfin, elle est favorable
à une meilleure concertation et à un meilleur dialogue entre les gens
du voyage et les collectivités locales. Pour les droits des femmes et l'égalité hommes/femmes La LDH dénonce la survivance d'un système patriarcal où les femmes
sont maintenues en état d'inégalité en matière de responsabilités politiques
ou professionnelles, de salaire, de travail domestique et d'éducation
des enfants. Elle souhaite le développement de modes de garde collectifs
pour les enfants, ainsi que de services hospitaliers permettant l'application
réelle de la loi sur l'IVG, et la diffusion de l'éducation à la contraception.
En matière de prostitution, elle refuse toute position réglementariste
qui reviendrait à accepter, de fait, le commerce des êtres humains,
alors même que des filières mondialisées fort lucratives développent
le trafic avec un cynisme et une violence redoublées. Contre l'homophobie Après s'être réjouie de l'instauration du PACS, la Ligue demande sa
mise en œuvre sans restriction, ainsi que l'approfondissement de la
réflexion sur le mariage et l'adoption pour les couples du même sexe.
Avec d'autres associations, elle demande une loi contre l'incitation
à la haine sexiste et homophobe, en ajoutant aux articles du code pénal,
du code de procédure pénale et du code du travail relatifs aux discriminations,
la répression des discriminations en ce domaine. Elle souhaite que la
loi du 29 juillet 1881 soit élargie à l'injure, la diffamation, l'incitation
à la haine, en raison de de l'orientation sexuelle, vraie ou supposée.
Dans le cadre d'une politique de prévention, elle demande que soit organisées
des campagnes nationales contre l'homophobie et que l'ensemble des agents
publics y soit sensibilisés. Pour la citoyenneté sociale C'est un combat essentiel pour la Ligue, ces dernières années, que
le combat pour les droits économiques et sociaux. Pour elle, crise sociale
et crise de citoyenneté sont fondamentalement liées. Au premier rang
des droits à défendre, figure le droit au travail, car le travail demeure
au centre de la socialisation des personnes. La LDH dénonce le fait
que sept millions de personnes vivent dans notre pays avec les minimas
sociaux, que de nombreux chômeurs ne sont pas indemnisés, que les embauches
se font sous une forme précaire, et que des jeunes et même des familles
se retrouvent à la rue par défaut de construction d'un nombre suffisant
de logements sociaux adaptés à leur situation. Elle lutte en particulier
pour une meilleure indemnisation du chômage et pour une politique effective
de construction de logements sociaux. Pour la laïcité Attachée à la laïcité depuis son origine (son président, Francis de
Pressensé, fut l'un des artisans de la loi de Séparation de l'Église
et de l'État de 1905), la Ligue défend la laïcité contre toutes les
tentatives de remise en cause et contre tous les intégrismes. Mais pour
elle, la défense de la laïcité ne doit pas servir de prétexte à des
exclusions, notamment à l'égard de la religion musulmane, dont les millions
de fidèles sont souvent aussi parmi les plus pauvres, et, par ailleurs,
victimes du racisme et des préjugés issus du colonialisme. Elle a pris
position contre l'exclusion de jeunes filles d'un collège au seul fait
qu'elles portent un insigne religieux, en l'occurrence un foulard, dès
lors que ces élèves suivent l'intégralité des cours dispensés. Pour le respect de la présomption d'innocence La Ligue condamne les atteintes à la dignité des personnes qui consistent
à multiplier des mesures de gardes à vue, et parfois à les rendre publiques
au moyen des médias. Elle les dénonce dans tous les cas où rien n'est
susceptible de les justifier, qu'il s'agisse de personnalités célèbres
ou des milliers d'anonymes. Elle combat également les excès de la détention
provisoire, qui a, d'ailleurs, valu à la France d'être condamnée par
la Cour européenne des droits de l'homme. Contre les justices d'exception Depuis plusieurs années, la LDH n'a cessé de s'inquiéter des conditions
dans lesquelles la 14e chambre antiterroriste du Parquet de Paris, comme
les juges d'instruction spécialisés dans ce domaine, sont devenus les
acteurs d'une justice d'exception dont le fonctionnement relève davantage
d'une justice qui se donne à voir que d'une justice rendue. Le recours
à de véritables rafles, la négation des droits de la défense, la stigmatisation
de personnes en fonction de leur seule religion, l'organisation d'un
procès de masse au sein même d'un lieu dépendant de l'administration
pénitentiaire, lui apparaissent comme autant de dénis de justice. Selon
elle, la justice " antiterroriste " n'a cessé de faire la preuve de
son arbitraire et de son incapacité à établir la vérité dans les affaires
criminelles, comme on l'a vu par exemple en Corse. La meilleure garantie
d'efficacité et d'équité reste la justice " ordinaire ". Pour un Tribunal pénal international, vers un droit commun de l'humanité La LDH demande une rapide ratification par les États de l'accord conclu
à Rome en juillet 1998 sur l'instauration d'une cour pénale internationale
chargé de juger les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre,
étape importante pour la lutte contre l'impunité des crimes les plus
graves. Elle s'est félicitée de l'arrestation du général Pinochet et
souhaite que ce précédent soit l'occasion d'installer l'idée qu'aucun
dictateur ne peut se sentir à l'abri des poursuites internationales.
Elle a tenté de faire comparaître devant la justice française, en septembre
1999, à l'occasion de son séjour en France, un militaire mauritanien,
Ely Ould Dah, accusé de tortures dans son pays, et elle poursuit ses
efforts, en liaison avec la FIDH, pour imposer l'idée de " compétence
universelle ". Contre la peine de mort aux États-Unis et ailleurs Si le combat pour la peine de mort a été gagné en France et en Europe,
il continue dans de nombreux pays du monde, en particulier en Chine
et aux États-Unis. En Turquie, bien qu'il n'y ait pas eu d'exécutions
capitales depuis 15 ans, des condamnations à mort ont été prononcées
ces dernières années, notamment contre le leader kurde Abdullah Öcalan.
La LDH demande que l'admission de ce pays dans les rangs de l'Union
européenne soit subordonné à son abolition de la peine capitale. La
mobilisation de l'opinion internationale peut avoir un poids important
dans les choix de tel ou tel État en matière de recours à la peine de
mort, d'où la participation de la LDH aux campagnes pour son abolition
aux États-Unis. Pour la dépénalisation de l'usage des drogues La Ligue s'oppose à l'article du Code de la Santé publique qui réprime
toute expression sur les produits stupéfiants, interdisant ainsi l'ouverture
de tout débat sur les drogues. Elle est favorable à la révision de la
loi de 1970 qui fait de l'usage des drogues illicites un délit punissable
d'un an de prison, et de la " provocation à l'usage des drogues " (même
non suivie d'effet), ou la " présentation de celles-ci sous un jour
favorable ", un délit passible de 5 ans de prison. Pour la LDH, cette
loi, souvent présentée comme une loi de prévention, n'a résolu aucun
problème et est dangereuse pour les libertés, alors que la dépénalisation
de l'usage des drogues faciliterait la prise de contact des usagers
avec le dispositif sanitaire et social susceptible de les aider. Pour les droits et libertés dans le monde Au cours de ces dernières années, la Ligue s'est élevée fortement
contre la répression de l'armée turque contre les populations kurdes,
contre les violations des droits des populations albanaises du Kosovo
par les autorités serbes et l'épuration ethnique qu'elles ont subie.
Elle a pris position contre la terreur organisée par les forces indonésiennes
au Timor oriental et les massacres perpétrés en Tchétchénie par les
forces russes. Dans ce dernier cas, elle défend une solution politique
négociée. La Ligue a également pris position pour la reconnaissance
du génocide arménien de 1915. Elle dénonce l'esclavage qui perdure dans
des pays comme le Soudan. Elle critique la constante ambiguïté des missions
assignées à l'intervention des forces armées françaises en Afrique,
et, en général, de la diplomatie africaine de la France, depuis 1958
" domaine réservé " du président. Pour le rétablissement des libertés
politiques en Tunisie, pour la paix civile en Algérie, pour des accords
de paix durables entre Israéliens et Palestiniens et pour la création
d'un État palestinien, la LDH, membre de la FIDH, mène aussi vis-à-vis
de l'opinion française des actions d'information et de mobilisation
sur les questions internationales. Elle s'oppose enfin aux ventes d'armes,
source d'enrichissement pour les pays occidentaux et souvent destinées
aux fins les plus répressives. Pour un contrôle citoyen de l'économie mondiale La LDH estime que, face à la mondialisation débridée de l'économie
et à son poids croissant sur les sociétés, il faut réfléchir aux pouvoirs
de régulation des États et à des interventions citoyennes pour développer
de nouvelles solidarités européennes et internationales. Contre l'extrême droite La LDH est de toutes les mobilisations contre l'extrême droite en
France. Elle dénonce les politiques discriminatoires des municipalités
tenues elle et les compromissions de certaines forces politiques avec
ces partis racistes et xénophobes. Elle a réagi à l'arrivée au pouvoir
de l'extrême droite en Autriche en s'associant aux manifestations et
en demandant la plus grande fermeté aux autorités françaises et à l'Union
européenne. Les nouveaux chantiers Voir aussi : la
liste
des groupes de travail de la Ligue des droits de l'Homme. |
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