Europe et Monde
Le 5 décembre 1952, le leader syndicaliste tunisien Farhat Hached était assassiné à Tunis par les services spéciaux français sous couvert de l’organisation dénommée la « Main rouge ».
La chaîne de télévision Al Jazira a diffusé le 18 décembre 2009 une enquête sur cet assassinat au cours de laquelle M. Antoine Méléro, après avoir expliqué avoir fait partie de cette organisation et relaté dans le détail le déroulement de cette action, a déclaré : « Moi je la trouve légitime, moi si c’était à refaire, je referais. »
Compte tenu du fait que la Tunisie était sous le contrôle des autorités françaises, que s’y déroulaient des combats s’apparentant à un état de guerre et que l’assassinat de Farhat Hached a été le fait d’un service secret français dépendant du président du Conseil et agissant avec l’aval du résident général de France à Tunis, il peut être considéré comme un crime de guerre.
Dire que ce crime aurait été légitime, alors qu’il était contraire à toutes les règles du droit français comme du droit international, constitue par conséquent une apologie de crime de guerre.
C’est pourquoi, à la requête de membres de la famille de Farhat Hached, la Ligue des droits de l’Homme et la Fédération internationale des droits de l’Homme ont déposé plainte le 16 mars 2010, avec constitution de partie civile entre les mains du doyen des juges d’instruction auprès du tribunal de grande instance de Paris, à l’encontre de M. Antoine Méléro pour apologie de crime de guerre, réprimée par les lois du 29 juillet 1881 et 29 juillet 1982.
Paris, le 17 mars 2010
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