Etrangers
Enfants étrangers : la rentrée derrière les barreaux
Communiqué
Observatoire de l’enfermement des étrangers - Observatoire citoyen de la rétention 77 - Réseau éducation sans frontières
Le 1er août, le plus grand centre de rétention administrative pour étrangers a ouvert à proximité de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle sur la commune du Mesnil-Amelot. Profitant encore de la période estivale, ce véritable camp, de conception carcérale, « ouvre » désormais ses portes aux familles et donc aux enfants.
En effet, ce jour, sont enfermés une mère de famille géorgienne et ses trois enfants de 5, 2 et 1 ans, tous nés en France. Alors même qu’un recours est en cours, ils ont été arrêtés à leur domicile, à Guéret dans la Creuse, le 30 août au matin. Le père lui n’était pas présent à ce moment-là au domicile.
Illégal car contraire à la Convention internationale des droits de l’Enfant, l’enfermement est au surplus, pour ces derniers, un véritable traumatisme, comme l’ont clairement affirmé diverses institutions indépendantes, telles le Conseil de l’Europe, la Commission nationale de déontologie de la sécurité et la Défenseure des enfants. Arrêtés avec leur famille dans des conditions souvent violentes, arrachés brutalement à leur vie quotidienne, privés de scolarisation et d’activités, ces enfants sont aussi confrontés à l’angoisse et à la dévalorisation de leurs parents qu’ils voient menottés, entourés de policiers , présentés devant des juges, tels des délinquants.
Les associations intervenant dans les CRA auprès des familles retenues, peuvent témoigner des symptômes révélateurs d’un délabrement psychique au quotidien, causé par la rétention sur les enfants. D’autant que la durée maximale de l’enfermement a récemment été portée à 45 jours, ce qui accroît encore les risques de psychotraumatisme.
Rappelons que les centres de rétention et zones d’attente sont les seuls lieux où des enfants de moins de 13 ans peuvent être enfermés, comme si le seul fait d’être étranger rendait cette maltraitance institutionnalisée acceptable. Récemment encore, la juridiction de Lille a sanctionné cette pratique au motif qu’elle constituait un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la CEDH. La Cour européenne elle-même a condamné cette pratique dans une affaire concernant la Belgique.
Les organisations signataires dénoncent la banalisation de l’enfermement administratif, et la pénalisation du séjour irrégulier comme mode de gestion des étrangers. Avec l’enfermement de ces enfants et de ceux qui suivront, c’est à la protection des plus vulnérables que le ministère de l’Intérieur s’en prend cette fois-ci, toujours dans son obsession de la politique du chiffre en matière d’expulsions.
Signataires :
Observatoire de l’enfermement des étrangers (ACAT-France, Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Anafé, Comede, Emmaüs France, Fasti, Gisti, La Cimade, Ligue des droits de l’homme, MRAP, Revue Pratiques, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat de la médecine générale (SMG))
Observatoire citoyen de la rétention 77
Réseau éducation sans frontières (RESF)
Paris, le 31 août 2011
Articles sur le même thème
- Pénalisation des étrangers : tout changer pour que rien ne change ?
- Lettre ouverte de l’OEE au ministre de l’Intérieur sur l’accès et l’habilitation des associations en centre de rétention
- Cra : pas de droits pour les personnes, pas de liberté pour les associations ?
- Enfermement et décès d’un nourrisson de deux mois dans le centre de rétention de Mayotte : un sort inacceptable dans une zone d’attente fictive
- Zone d’attente de Toulouse Blagnac : un jeune Sénégalais menacé de renvoi alors qu’il demande l’asile en raison de son homosexualité.Le ministère sanctionné par le juge administratif !
- Mayotte
- Enfants étrangers à la rue en région parisienne - Quinze organisations saisissent le Défenseur des droits
- La Ligue des droits de l’Homme soutient le documentaire « Le cimetière des vivants » de Audrey Hoc
- Guyane : des reconduites à la frontière illégales et inhumaines.
- Maintien d’enfants en centre de rétention : la France condamnée par la CEDH
- Droits des enfants : un anniversaire comme un autre ?
- Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l’enfant : les enfants à l’école pas en rétention !
- « Pratiques de l’enfermement en Europe et droits de l’Homme : doit-on toujours répondre par l’exclusion ? »
- Procès de l’enfermement des enfants étrangers
- Non à la justice rendue derrière les barbelés !
- Pour un accès inconditionné des associations aux lieux d’enfermement des étrangers
- Non à un Guantanamo à la française !
- NON à la suppression du contrôleur général des lieux de privation de liberté !
- Fin d’une trêve de la chasse aux Haïtiens sans papiers en Guyane ! Les Haïtiens face à l’inhumanité de l’administration française
- Inquiétudes du collectif Romeurope sur la situation des 15 000 Roms en France
- « Six de Pau » : le délit d’outrage a bon dos !
- Des étrangers décidément indésirables
- Le « patron voyou » et le « sans-papiers éjectable »
- CRA de Vincennes : pour un procès équitable
- Le droit d’asile à nouveau bafoué
- Calais : chasse au migrant
- Monsieur Besson, un humaniste sans précédent ?
- Cimade/Ministère de l’Immigration : pour le mouvement associatif, la remise à plat des relations contractuelles est un des enjeux de la future Conférence de la vie associative
- Le gouvernement a choisi une organisation inconnue pour défendre les droits des étrangers retenus en Outre-mer
- Urgences pour Mayotte : fermeture du centre de rétention et accès à un recours effectif contre une mesure d’éloignement
- Au CRA de Guyane, un comportement illégal de la police
- Mayotte : des conditions inacceptables de rétention
- Rapport Hammarberg : la France, pays de violations massives et persistantes des droits de l’Homme
- Appel à la fermeture du centre de rétention de Pamandazi « indigne de la République » selon la Commission nationale de déontologie de la sécurité























